Macronie sous tension

Candidat malgré lui à la tête d’En Marche, Christophe Castaner a été élu sans surprise. Un vote à main levée, par des électeurs en partie tirés au sort et réunis à huis clos. Un scénario digne des plus belles heures du communisme soviétique pour un candidat unique. Circulez, y’a rien à voir ! Avec trois casquettes pour un seul homme, délégué général du parti présidentiel, porte-parole du gouvernement et secrétaire d’Etat, on est loin de l’image voulue d’un renouvellement politique. Conséquence, le gouvernement a du mal à accoucher d’un deuxième remaniement imposé par le choix de Choupinet Ier et le caprice de Casta à s’accrocher aux ors de la République. Un défi colossal attend pourtant ce dernier, remettre en marche les marcheurs d’une Macronie sous tension. Semaine compliquée donc, avec en plus la fronde des maires opposés à une nouvelle baisse des dotations, la suppression de la taxe d’habitation et la fin des contrats aidés. Un gouffre sépare promesses et réalité des faits, la politique est un éternel recommencement et ne semble décidément pas près de changer.

St-Quentin Mag, le 23 novembre 2017

Bienvenue au Petit Mag Lens-Liévin

Après le lancement de St-Quentin Mag en avril 2014, puis du Petit Mag 02 sur Chauny-Tergnier en octobre 2015, c’est avec plaisir et beaucoup de fierté que nous vous annonçons la naissance d’un tout nouveau journal : Le Petit Mag, édition Lens-Liévin. Un petit frère ?
Disons plutôt un grand frère puisque c’est dans une agglomération de plus de 300 000 habitants qu’il est diffusé depuis le 15 novembre. Un journal qui, cette fois encore, va jouer la carte de la proximité en devenant un témoin privilégié de l’actualité locale. Informer sans ennuyer : tel est le credo du Petit Mag Lens-Liévin qui, espérons-le, saura trouver sa place chez nos amis les Ch’tis…

St-Quentin Mag, le 16 novembre 2017

Haro sur les autos

A Paris en vélo, on dépasse les autos… Ce refrain de la complainte de l’heure de pointe, éternel succès du regretté Joe Dassin, fredonné depuis 1972 par tout un chacun prisonnier des embouteillages, sera bientôt à mettre aux oubliettes. Après Nicolas Hulot, qui a annoncé la fin des véhicules diesel pour 2040, c’est Anne Hidalgo qui lui emboîte le pas de manière encore plus cinglante. Le maire de Paris veut interdire dans la capitale les voitures diesel dès 2024 et essence dès 2030. Le plus blanc que blanc est à la mode chez les élus. à les entendre, on pourrait croire que ceux qui, au quotidien, utilisent des véhicules usagés, inconfortables et sources de nombreux soucis sont des bobos convertis au vintage ! Une volonté punitive et discriminante pour ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter une voiture écologique. Anne Hidalgo veut faire de Paris une réserve indienne. Dans le même temps, la loi votée en 2005 pour l’accessibilité des personnes handicapées n’est toujours pas appliquée. Alors restons zen, les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent…

St-Quentin Mag, le 26 octobre 2017

Encore une interdiction

Décidément, au pays des droits de l’Homme, les libertés se réduisent comme peau de chagrin. Si l’interdiction de fumer avait été globalement plutôt bien acceptée, tout un chacun étant conscient des dégâts du tabagisme, première cause du cancer du poumon et de 78 000 décès par an, pour l’interdiction du vapotage, c’est autre chose. Il est pourtant désormais interdit de vapoter sur les lieux de travail fermés à usage collectif. Non point que des scientifiques aient trouvé la moindre trace de particules ou autres produits dangereux dans les rejets de la cigarette électronique, mais au nom du sacro-saint principe de précaution. Désormais, pour s’adonner à leur rite, les vapoteurs devront subir le tabagisme passif des fumeurs devant leur lieu de travail. Une hérésie !
Face au montant des frais de santé engendrés par les accidents du travail et autres maladies professionnelles, un ministre pourrait un jour interdire le travail au nom du principe de précaution. Au royaume d’Ubu, tout est possible !

St-Quentin Mag, le 21 septembre 2017

Revers politique

La « Macromania » a vécu dimanche 24 septembre son premier revers politique, blackboulée lors des élections sénatoriales. Une cinquantaine d’élus étaient espérés, ils ne sont que la moitié. La baisse des dotations de l’Etat, la suppression de la taxe d’habitation, des contrats aidés… ont exaspéré les grands électeurs, tous des élus de terrain. Les Républicains et les socialistes ont retrouvé le sourire. Pour espérer modifier la constitution, Jupiter va devoir se travestir en Cupidon pour les courtiser. Et c’est bien connu, les emmerdements n’arrivent jamais seuls. Après la colère des syndicats contre la réforme du code du travail et celle de la France insoumise, les routiers rêvent de bloquer le pays. En 1992, Bérégovoy et Mitterrand n’avaient pas hésité à utiliser des chars pour dégager les barrages. Macron et Philippe auront-ils la même détermination ? Le compte à rebours est lancé, l’heure de vérité a sonné.

St-Quentin Mag, le 28 septembre 2017

Miroir aux alouettes

Après les échecs face à Pékin, Londres et Rio, la France a décroché les Jeux olympiques pour 2024. Cocorico ! C’est super pour le moral. Mais à y regarder de plus près, il y a peut-être de quoi déchanter. C’est bien connu, le coq est le seul animal à chanter les pieds dans la merde. Dans un pays qui compte 2 200 milliards de dettes, à qui l’on demande de se serrer la ceinture et hésite à investir 1 milliard dans un canal qui devrait générer des dizaines de milliers d’emplois, est-ce bien raisonnable ? Les budgets des Jeux ont à chaque fois explosé, laissant les populations supporter la dette. Absurdité, inconscience ou tromperie, le coût de la sécurité a été évalué à 200 millions alors qu’il a frôlé le milliard à Londres. Et comme si les J.O ne suffisaient pas, la France va officiellement candidater à l’organisation de la Coupe du monde de rugby de 2023. Le sport serait-il devenu un miroir aux alouettes ?

St-Quentin Mag, le 21 septembre 2017

Des mots et des maux

La vie est un éternel recommencement. Ceux qui pensaient qu’avec Macron et son look de premier de la classe, c’en était fini des petites phrases à l’emporte-pièce, sont confrontés à une triste réalité. Malgré les effets dévastateurs des « casse toi pauv’ con » de Sarkozy et des « sans dents » de Hollande, le locataire de l’Elysée remet régulièrement les couverts. Après « les pauvres qui prennent l’autocar », « les gens qui ne sont rien », « les illettrés »… sa dernière provocation concernant « les fainéants » a suscité l’indignation. On n’imagine pas de tels propos dans la bouche d’un De Gaulle, Giscard ou Mitterrand. L’habit ne fait pas le moine. Les mots provoquent des maux. Macron voudrait déclencher une contestation sociale générale qu’il ne s’y prendrait pas autrement ! Si pour Raymond Barre, la politique ne se faisait pas selon la longueur des cortèges, pas sûr que Jupiter ait la même détermination. A jouer avec le feu, on finit par se brûler…

St-Quentin Mag, le 14 septembre 2017

La France reste la France

La rentrée s’annonce une fois encore agitée, incertaine et aiguise les ambitions. Chez les socialistes, à cinq mois du congrès, on veut croire à la résurrection. Six saints hommes sont déjà dans les starting-blocks, prêts à briguer la tête du PS : Stéphane Le Foll, Matthias Fekl, Olivier Faure, Luc Carvounas et Boris Vallaud. Chez Les Républicains, même scénario avec Julien Aubert, Maël de Calan, Daniel Fasquelle, Florence Portelli, Laurence Sailliet et Laurent Wauquiez. La déroute à la présidentielle des uns et des autres n’a visiblement pas servi de leçon, rien n’a changé. Après le scandale du coiffeur de Hollande, on apprend que Macron a dépensé 26 000 € en maquillage ; l’ancien patron des stups a été mis en examen pour complicité de trafic de drogue ; la CGT invite à battre le pavé mardi prochain contre la loi travail, Mélenchon le 23 septembre, et les retraités vont devoir se serrer la ceinture un peu plus. La France reste la France. Ouf, tout va bien !

St-Quentin Mag, le 07 septembre 2017

Ça démarre fort !

D’accord, c’est déjà la fin des vacances. Avec pour tous ceux qui ont eu la chance de partir un petit pincement au cœur en songeant aux plages de sable fin, aux chemins de randonnée ou aux paysages verdoyants qu’ils ont laissés derrière eux. La parenthèse estivale se referme et de notre côté, on a envie de dire : enfin ! Eh oui, chers lecteurs, vous nous avez manqué ! C’est donc avec un vrai plaisir que l’équipe de St-Quentin Mag a repris le chemin du journal pour de nouveau vous offrir, chaque semaine, un panorama complet de l’actualité locale. Une actu qui, ce week-end, s’annonce particulièrement chargée avec le coup d’envoi dès vendredi du tout premier « Septembeer Fest ». Trois jours de fête placés sous le signe du houblon ! Samedi, avec nos amis jardiniers, on ne manquera pas de célébrer la Saint-Fiacre avant de prendre part, lundi, à la traditionnelle braderie. Vous l’aurez compris, la rentrée démarre sur les chapeaux de roues dans la cité des Pastels…

St-Quentin Mag, le 31 août 2017

Il paraît que…

Il paraît que c’est l’été. Il paraît que la mode est aux claquettes-chaussettes. Il paraît que Brigitte Macron est la nouvelle Brigitte Bardot. Il paraît que les coureurs du Tour de France carburent au Banga. Il paraît que la France est devenue la nation la plus influente du monde. Il paraît que Macron récolte ce qu’a semé Hollande. Il paraît que la moralisation de la vie politique est la priorité de nos députés. Il paraît que les Français sont prêts à faire des concessions pour réduire les déficits publics. Il paraît que les réseaux sociaux sont synonymes d’ouverture d’esprit. Il paraît que Donald Trump a une conscience politique. Il paraît que le monde va s’apaiser… Stop ! Ce qui est sûr, c’est que St-Quentin Mag fait une pause cet été. Une parenthèse énergisante pour mieux attaquer la rentrée. Rendez-vous donc le jeudi 31 août pour notre prochaine parution. D’ici là, très bonnes vacances à tous. Mille mercis pour votre fidélité…

St-Quentin Mag, le 27 juillet 2017

Bac + rien

Le bac n’est plus ce précieux sésame qui ouvre grand les portes de l’université. Cette année, comble de l’absurdité, plusieurs dizaines de milliers de jeunes ont été tirés au sort pour avoir le droit de s’inscrire dans les filières qu’ils avaient demandées. Malgré cela, 87 000 bacheliers sont toujours sur la touche, dans l’attente d’une place pour la rentrée. Une situation ubuesque. La faute à qui ? à une plate-forme informatique d’admission post-bac. Certes, on peut pointer du doigt certaines filières trop encombrées, mais cette situation lamentable vient surtout de la non prise en compte du boom démographique. Ces jeunes sont donc condamnés à passer leurs vacances à scruter les listes d’attente dans l’espoir d’y trouver une place. On incite nos enfants à suivre des études alors que l’on manque de places pour les accueillir. Pour moins que cela, les étudiants descendaient dans la rue. A  l’heure où l’enseignement supérieur va devoir se serrer la ceinture pour réaliser 180 M€ d’économies, la rentrée s’annonce très chaude.

St-Quentin Mag, le 20 juillet 2017

Au pays des Bisounours

Conscient de l’exaspération des Français, Emmanuel Macron a rétropédalé pour rétablir les baisses d’impôts promises. Le chef de l’Etat est désormais confronté à une équation budgétaire quasi insoluble l’an prochain, trouver 7 Mds € de ressources supplémentaires. Et le turbulent petit Nicolas Hulot rase gratis. L’ancien présentateur télé annonce la fin des centrales à charbon pour 2022, des voitures essence et diesel pour 2040. Il fallait oser ! Pire, comme si cela ne suffisait pas, il en rajoute une couche. Notre ministre de la Transition énergétique veut laver plus blanc que blanc et proclame la fermeture de 17 réacteurs nucléaires d’ici 2025. C’en est fini de la France qui pollue, mais aussi qui écrase le travail, l’épargne et la fortune sous les taxes. Les Français vont vivre dans un véritable petit paradis, circuler dans des voitures propres et silencieuses, le pays des Bisounours. On aimerait y croire. Mais c’est bien connu, les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

St-Quentin Mag, le 13 juillet 2017

Quel changement ?

Ceux qui espéraient avec l’arrivée de Macron un changement radical et une amélioration de leur pouvoir d’achat illico presto en sont pour leurs frais. Le Roi a beau s’être exprimé à Versailles et son premier serviteur face aux représentants du peuple, c’est à l’arrivée plutôt décevant. Les Français ont de quoi faire grise mine. Les efforts, c’est maintenant. Quant aux redistributions, elles sont reportées à plus tard. Exit la promesse d’un retour à la défiscalisation des heures supplémentaires, de la suppression de la taxe d’habitation et de l’ISF, de l’allégement des charges pour les entreprises… A contrario, c’est la rigueur. Le paquet de clopes passe à 10 €… Les causes de ce changement ? L’héritage laissé par le prédécesseur.  Après chaque élection, c’est la même rengaine. Mais bon, la vie continue. Marine Le Pen est mise en examen, la Poste vend une vingtaine d’euros le bonjour hebdomadaire de ses facteurs à nos aînés isolés… C’est hélas ça la France.

St-Quentin Mag, le 06 juillet 2017

Vieilles canailles

Le petit monde politique de papa est mort. Abandonné par leurs électeurs, voués à la disparition, socialistes et Républicains s’entre-tuent et implosent. Le temps des opposants systématiques, des ni-ni et autres incongruités, est révolu. Des progressistes, constructifs, plus enclins avec la réalité du terrain, vont émerger. Mardi prochain à l’Assemblée, après le discours de politique générale d’Edouard Philippe, les parlementaires devront accorder ou pas leur confiance au gouvernement. Le locataire de Matignon devra toutefois se montrer persuasif, voire même illusionniste pour persuader qu’il incarne le renouveau. Car qu’on le veuille ou non, un constat s’impose : les Le Drian, Hulot ou Collomb, piliers du gouvernement, font figures de vieilles canailles pas de perdreaux de l’année. Avec la loi Travail, l’audit financier, un chômage reparti à la hausse… le plus dur commence. En politique, le plus difficile n’est pas de briller mais de durer.

St-Quentin Mag, le 29 juin 2017

Plus blanc que blanc

Malgré une abstention record, les « marcheurs » ont raflé la mise au second tour des législatives en faisant une véritable razzia sur l’Assemblée nationale. Près de 400 nouveaux députés, dont 40 % de femmes, vont siéger dans l’hémicycle. Un vent de jeunesse a soufflé sur cette respectable représentation du peuple, en ramenant son âge moyen de 54 à 48 ans. Fort d’une majorité absolue sans le recours au Modem ou à quelques Républicains défroqués, Macron a surpris tout le monde en faisant preuve d’intransigeance. Sa main n’a pas tremblé pour exfiltrer du gouvernement l’encombrant Richard Ferrand, contraindre l’insolent Bayrou mais aussi de Sarnez et Goulard à renoncer. Une nouvelle génération s’est emparée des commandes. En dégageant de sa cour des proches non pas mis en examen mais simplement soupçonnés, Macron lave plus blanc que blanc. Pour le meilleur ou pour le pire ?

St-Quentin Mag, le 22 juin 2017

Périlleux et incertain

Le premier tour des législatives s’est révélé une présidentielle bis. Ceux qui pensaient que La République En Marche, un parti qui n’existait pas il  y a seulement un an, ne pouvait espérer obtenir une majorité absolue en sont pour leurs frais. Le dégagisme est bel et bien le meilleur allié du Macronisme. Une brebis coiffée d’un chapeau portant l’étiquette Macron aurait été élue. Une interrogation s’impose, ces inconnus sans expérience sauront-ils sur les bancs de l’Assemblée se plier à une discipline de groupe ? Pas sûr. Le débat démocratique pourrait se faire à l’intérieur même de la nouvelle majorité, conjugué aux affaires Ferrand, de Sarnez et la bévue de Bayrou, la belle unité de façade risque de s’écrouler. Exsangue, le PS se prépare à un plan social et à la vente de Solférino. Déboussolés, affaiblis et dispersés, les Républicains ne savent plus à quel saint se vouer. Quant au soufflé du FN, il est déjà retombé… Le nouveau quinquennat s’annonce périlleux et pour le moins incertain.

St-Quentin Mag, le 15 juin 2017

Mesures d’exception

Après Nice, Berlin, Stockholm, Paris… c’est une fois encore Londres qui a été ciblée par les soldats du califat. Avec le terrorisme low cost, exit les armes de guerre et les explosifs pour assassiner des innocents. Un véhicule et des armes blanches suffisent pour semer la mort au nom d’Allah. Au rythme où se succèdent les attentats, nos dirigeants doivent prendre conscience qu’il est urgentissime que des actions concrètes fortes soient mises en place. Nous sommes en guerre, des mesures d’exception doivent être prises, quelles qu’en soient les conséquences, comme cela a été le cas pendant la guerre d’Algérie. La sécurité collective doit primer sur les libertés individuelles. Après avoir laissé prêcher la haine et la violence dans ses rue, l’Angleterre veut éradiquer l’extrémisme. Anéantir le terrorisme doit être la priorité. A l’heure où le Quatar est accusé par une partie du monde de financer le terrorisme, en France, on continue de lui dérouler le tapis rouge. Trop, c’est trop…

St-Quentin Mag, le 08 juin 2017

L’arroseur arrosé

Les pratiques douteuses, prises illégales d’intérêts, trafic d’influence et  abus de confiance se succèdent chez nos politiques. En contribuant au « tous pourris », les Fillon, Le Roux, Thévenoud, Le Pen et autres ont fait exploser leur parti et facilité l’arrivée au pouvoir d’un inconnu qui se voulait le chantre de la moralisation politique, dont il a fait une vertu cardinale. A l’heure où Emmanuel Macron est en passe de remporter une majorité absolue aux législatives, le ciel s’assombrit. Deux de ses ministres, Richard Ferrand et Marielle de Sarnez, sont dans la tourmente, affaires immobilières et conflit d’intérêt pour l’un, emploi fictif pour l’autre. Mais contrairement à ses promesses, le jeune monarque peine à joindre l’acte à la parole. Légalité et moralité ne font pas forcément bon ménage. Le moralisateur devra trancher rapidement au risque d’y laisser sa crédibilité et sa légitimité. L’arroseur est arrosé.

St-Quentin Mag, le 01 juin 2017

Bérézina & baraka

Macron n’en finit plus de chambouler les données qui, depuis belle lurette, régissent le quotidien de l’échiquier politique français. Après la composition de son gouvernement, une pincée à gauche, une au centre et une à droite, les législatives seront de la même trempe. Littéralement KO debout, les partis classiques ne savent plus à quel saint se vouer. A bord de leur Titanic, les socialistes sont prêts à tout, même à changer de nom, pour éviter une Bérézina annoncée. Les Républicains, de leur côté, ont lissé le programme hérité de celui qui les avait conduits dans le mur. La pédale douce a été mise sur la réduction du nombre de fonctionnaires et l’équilibre des comptes n’est plus la priorité absolue. Une chose est sûre, le nouveau locataire de l’Elysée a la baraka, un succès qui semble lui avoir fait oublier une des bases de notre démocratie pour son déplacement au Mali, en l’occurrence la liberté de la presse, en refusant à ses côtés la présence de journalistes qui n’étaient pas acquis à sa cause. La ligne rouge a peut-être déjà été franchie. A méditer…

St-Quentin Mag, le 24 mai 2017

L’intérêt de la France

Lors de la passation de pouvoir, Hollande a ostensiblement affiché sa filiation avec son successeur. La nomination du juppéiste Edouard Philippe à Matignon, inconnu du grand public, a entraîné illico plus d’une centaine d’élus Républicains et centristes à franchir le Rubicon pour prêter allégeance au nouveau monarque. Si Emmanuel Macron a démontré que la valeur n’attendait pas le nombre des années, sa tâche s’apparente pourtant aux travaux d’Hercule. Avec seulement 18 % des inscrits en sa faveur au premier tour, 25 % d’abstentionnistes et 4 millions de bulletins blancs et nuls au second tour, sans le ralliement d’une partie des électeurs de droite, ses espoirs de majorité parlementaire seront vains. Son chemin vers la réussite est périlleux, étroit, semé d’embûches. L’espace politique doit se recomposer pour espérer sortir la France du marasme, l’intérêt général doit primer sur les clivages.

St-Quentin Mag, le 18 mai 2017

Le plus dur commence

Les Français ont choisi. Inconnu il y a encore trois ans, sans parti et sans expérience, jamais élu, sur le fil rouge du « ni gauche ni droite », Emmanuel Macron a été élu président de la République. Pas d’explosion de joie ni de concert de klaxons dans les rues pour autant. En élisant un homme de moins de 40 ans, le plus jeune chef de la nation depuis Napoléon, la France s’est donné son JFK ou son Justin Trudeau. Un constat s’impose : si Macron n’a pas remporté son élection lors du débat télévisé, Marine Le Pen, elle, l’a perdu en direct. Du coup, une nuit des longs couteaux se profile au FN. Côté PS et Républicains, les « dégagés » restent figés sur leurs acquis, refusant un rassemblement pour construire et menaçant d’exclusion ceux des leurs qui seraient tentés de cohabiter. Les partisans de l’intérêt général devront s’afficher au risque de rester sur le quai. Désormais, cap sur les législatives, le plus dur commence pour le 8e président de la Ve République.

St-Quentin Mag, le 11 mai 2017

Ni regret, ni remord

Jusqu’au dernier moment, les deux finalistes du second tour vont s’invectiver, redoubler les petites phrases assassines, ambiguës, et les propositions parfois saugrenues pour tenter de séduire l’électorat qui pourrait   faire pencher la balance en leur faveur. Tous les coups sont permis. L’arrivée dans le giron de Marine Le Pen du « gaulliste » Nicolas Dupont-Aignan a fait sortir de ses gonds le petit-fils du grand Charles. Porter par Bayrou et Boorlo, par une partie des Républicains et des socialistes, Emmanuel Macron refuse de  céder à la danse du ventre du leader de la France insoumise pour sa réforme du droit du travail. Une chose est sûre, après l’Elysée, François Hollande restera président. Président bénévole de « La France s’engage », une organisation qui porte des projets solidaires. Il ne faut avoir aucun regret pour le passé,  aucun remord pour le présent et une confiance inébranlable en l’avenir, disait Jaurès. Croisons les doigts…

St-Quentin Mag, le 04 mai 2017

Une page s’est tournée

Socialistes et Républicains vivent un cauchemar éveillés. Fatigués, lassés des promesses non tenues, des combines et des petits arrangements en famille, les Français les ont massivement rejetés. Au bord de l’implosion, pour la première fois, les deux partis qui dirigent la France alternativement depuis 1958 ne seront pas au second tour de la Présidentielle. La France vit un double 21 avril 2002. Reste à comprendre, alors que la victoire leur ouvrait grand les bras, pourquoi les Républicains ont laissé jusqu’au bout porter leurs couleurs par un candidat irresponsable, empêtré dans les affaires, qui promettait de surcroît aux plus faibles de suer sang et eau… Les électeurs devront faire le choix entre un Emmanuel Macron désireux d’incarner à la fois une gauche réformiste et une droite sociale, et Marine Le Pen qui, elle, rejette gauche et droite. La colère est profonde, une page s’est tournée. Rien n’est impossible…

St-Quentin Mag, le 27 avril 2017

L’heure de vérité

Jamais une campagne présidentielle n’aura été aussi incertaine. Dimanche soir, neuf candidats seront éliminés. Tétanisé par l’effondrement de Benoît Hamon, le PS se prépare à des lendemains qui déchantent. La droite à qui l’Elysée ouvrait grand ses portes n’est pas mieux. Les primaires ont montré leurs limites et affaibli un peu plus les partis, où les encartés n’ont désormais plus le privilège de choisir leur candidat. Le chômage étant la seule vraie mesure d’efficacité politique, l’échec des majorités successives et la multiplicité des affaires ont installé le rejet. Avec une dette déjà exponentielle, les promesses de dépenses en milliards d’euros des différents candidats et les annonces de mesures insensées ont eu autant d’effet sur l’électeur lambda que de lui conseiller d’emporter une crème solaire pour partir en vacances à Tchernobyl. La clé du scrutin est entre les mains de la France des invisibles, ignorés, oubliés, méprisés, la France d’en bas. L’heure de vérité a sonné.

St-Quentin Mag, le 20 avril 2017

Régime de la terreur

Dimanche dernier, en pleine messe des Rameaux, quarante-quatre chrétiens ont trouvé la mort en Egypte. Après Londres, Saint-Pétersbourg et Stockholm, de nouvelles victimes de la folie meurtrière de l’Etat islamique. Ces coptes orthodoxes, communauté chrétienne du Moyen-Orient, ne sont pourtant pas des fous de Dieu, désireux d’imposer leur religion. Leur présence au pays des pyramides remonte à l’aube du christianisme, une époque où l’Egypte faisait partie de l’Empire Romain. Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, les différentes communautés religieuses vivaient en bonne intelligence de l’autre côté de la Méditerranée… Désormais, les attentats sanglants se succèdent à un rythme régulier. Mais jusqu’où ira ce régime de la terreur ? Ces fous cherchent à ce que nous nous conduisions comme eux, en riposte à leurs sauvages agressions. Dans un contexte explosif où le monde est devenu un baril de poudre, la moindre étincelle pourrait mettre le feu…

St-Quentin Mag, le 13 avril 2017

C’te bonne blague !

Allez faire comprendre aux millions de Français qui ont du mal à joindre les deux bouts, à ceux pour qui les fins de mois sont souvent douloureuses (surtout les trente derniers jours, comme disait le regretté Coluche !), qu’il est impossible de mettre de l’argent de côté en gagnant plus de 20 000 € par mois ! C’est pourtant ce qu’a osé affirmer le plus sérieusement du monde François Fillon au micro de RMC. Preuve en est, une fois de plus, que certains politiques sont complètement coupés de la réalité. Hors-sol ! C’est consternant, irrespectueux et triste à pleurer. Comme on dit chez nous, vous diriez cela à un cheval de bois, il vous donnerait un coup pied ! Le plus dur pour les hommes politiques, c’est d’avoir la mémoire qu’il faut pour se souvenir de ce qu’il ne faut pas dire, affirmait aussi l’homme à la salopette. Une vérité plus que jamais d’actualité. Mieux vaut peut-être en rire…

St-Quentin Mag, le 06 avril 2017

A jouer avec le feu…

Jamais les Français n’ont vécu une campagne présidentielle aussi riche en rebondissements et aussi incertaine. La majorité des électeurs ne sait plus à quel saint se vouer, entre des poids lourds écartés dès la primaire, d’autres éclaboussés par des affaires et des mises en examen, d’autres encore devenus parjures, faisant fi d’une parole pourtant donnée officiellement, des ralliements de dernière heure souvent à contrecœur pour tenter de ne pas sombrer dans l’oubli… Désespérant ! Du jamais vu de mémoire de politique. Pis encore, un sondage fait apparaître qu’écœurés, 40 % des électeurs, souvent issus d’une classe ouvrière déboussolée, méprisée et ignorée des candidats, souhaiteraient voter blanc si ce vote était pris en compte. Le « dégagisme » menace. Un scénario noir qui concerne aujourd’hui les traditionnels grands partis de droite comme de gauche qui ont fait la Ve République. Leur disparition entraînerait une recomposition incertaine et hasardeuse de l’échiquier politique. A jouer avec le feu, on finit par se brûler…

St-Quentin Mag, le 30 mars 2017

Ça fait débat

A moins de cinq semaines du premier tour de la présidentielle, TF1 et LCI ont invité à débattre cinq des onze candidats, rejetant les trotskistes  Poutou et Arthaud, les souverainistes Dupont-Aignan et Asselineau, le centriste Jean Lassalle et l’inclassable vétéran Jacques Cheminade. Un débat avant le premier tour, du jamais vu ! La raison de ce choix ? Les candidats recalés ont été jugés trop faibles dans les sondages. Un système qui, s’il avait été mis en place lors des primaires, aurait privé d’antenne à la fois Fillon et Hamon que personne ne voyait s’imposer, pas plus à la primaire de la droite et du centre qu’à celle de la gauche. Un constat s’impose donc : comment un petit candidat peut-il devenir grand s’il n’accède pas aux débats des grands ? Heureusement, tout n’est pas perdu pour ces évincés puisqu’ils seront invités à débattre à la table des grands les 4 (BFM TV) et 20 avril (France 2) prochains. La morale est sauve, tout est encore possible.

St-Quentin Mag, le 23 mars 2017

Un vrai capharnaüm

Entre la caricature à connotation antisémite sur Macron et les costards de Fillon, sans parler de sa mise en examen, casseroles et coups bas ont de nouveau fait l’actualité. Pas sûr que les annonces du candidat des Républicains sur la fin des 35 heures, la retraite à 65 ans, la suppression de 500 000 fonctionnaires et de l’ISF, la hausse de la TVA, la refonte du code du travail… parviennent à convaincre une majorité d’électeurs. Du côté de Macron, c’est un casting hollywoodien qui s’annonce ! Après les ralliements de Delanoë, Robert Hue, Attali, Bartolone, Le Drian, ce sont les Chiraquiens qui lui emboîtent le pas. Pêle-mêle, citons Martin Rey-Chirac, Tiberi, Delevoye, Dutreil ou encore Madelin. Et quand Poutou et d’autres peinent à rassembler les 500 signatures, François Asselineau, un souverainiste totalement inconnu, parvient à se qualifier. Bref, pas facile de s’y retrouver pour les 47 millions d’électeurs. Une vache y perdrait son veau. Un vrai capharnaüm !

St-Quentin Mag, le 16 mars 2017

Pathétique

Alors que la droite avait un boulevard devant elle pour la présidentielle, un chat noir est passé par là. Censé symboliser la probité, Fillon a été surpris avec la main dans le pot de confiture. Et même si bon nombre de ses soutiens lui ont retiré leur confiance, obstiné, il s’est lancé à corps perdu dans un bras de fer avec les magistrats, la presse et même les Républicains qui lui demandaient de renoncer. Seul un quarteron de fidèles voulait encore croire au miracle, espérant un maroquin en cas de victoire. Contre vents et marées et à l’encontre de tous les pronostics, le Sarthois a maté la rébellion. Faute d’avoir été capables de s’accorder sur un plan de substitution, les Républicains se sont agenouillés et lui ont prêté allégeance. Sauront-ils pour autant éviter la déroute et une humiliante défaite avec cette fragile unité de façade ? Rien n’est moins sûr. Aujourd’hui, PS et Républicains pourraient disparaître de l’échiquier politique, ouvrant grand les portes à l’inconnu. L’heure du renouvellement a sonné. Pathétique…

St-Quentin Mag, le 09 mars 2017

Mistral gagnant ?

Alors, cet Emmanuel Macron : cyclone politique ou tempête dans un verre d’eau ? Trop tôt pour le dire. Mais reconnaissons tout de même que l’ancien ministre de l’Economie, s’il ne s’essouffle pas en cours de route, pourrait bien faire imploser le parti socialiste. Exit les courants du PS, place aux simples courants d’air… Hier porteurs d’espoir, les vents qui soufflent aujourd’hui sur la maison socialiste font surtout tourner les têtes et les girouettes. On parie ? Dans les semaines à venir, de plus en plus d’élus PS iront franchir le Rubicon pour se rallier à Macron. Au bal des opportunistes, les plus ambitieux n’ont certainement pas l’intention de faire banquette ! Bref, sale temps pour Benoît Hamon, frondeur esseulé, malmené par Mélanchon, soutenu contre vents et marées par une vieille garde gauchisante déjà condamnée à une traversée du désert. Alors, qui de Macron ou Hamon sera le véritable fossoyeur du PS ? Avantage au second, qui use et abuse des mêmes vieilles recettes pour nous vendre du vent…

St-Quentin Mag, le 02 mars 2017

Le bon sens de Talleyrand

La Roumanie connaît des manifestations d’une ampleur méconnue depuis la chute de Ceausescu et du communisme. La raison de cette colère, la publication d’un décret pour assouplir la législation anticorruption. Une révolte qui, via les réseaux sociaux, semble avoir inspiré les Français le week-end dernier. Un remake de « Nuit debout » contre la corruption, pour l’abolition des privilèges. Des rassemblements citoyens spontanés ont eu lieu à Paris, Lille, Toulouse, Lyon, Angers, Saint-Omer… demandant à certains de nos élus de ne plus vivre hors-sol, coupés des réalités. En novembre dernier, Fillon lui-même n’avait-il pas déclaré : « Il n’y a pas d’autorité sans exemplarité. » En attendant, évitons l’amalgame du « tous pourris » qui, traditionnellement, fait le lit des populismes les plus dangereux. La reconquête du politique ne se fera pas sans la remise en cause du système qui l’a affaibli. Ces manifestations devraient inciter les élus à méditer une citation de
Talleyrand : « Il y a une chose plus terrible que la calomnie, c’est la vérité. »

St-Quentin Mag, le 23 février 2017

Démocratie en danger

àmoins de dix semaines du premier tour de la présidentielle, jamais une campagne électorale n’aura connu une telle confusion, c’est le chaos. Les Français ne savent même pas qui sera réellement candidat. A gauche, Hamon-Mélenchon, c’est l’impossible conciliation, dialogue de sourds. Au centre gauche, sans dévoiler son programme, Macron rase gratis et promet le remboursement complet des soins optiques, dentaires et auditifs, le droit au chômage même en cas de démission, 100 € de plus par mois pour les smicards… Au centre droit, Bayrou laisse planer le doute d’une quatrième candidature. A droite, tombé de son piédestal, devenu inaudible, Fillon espère trouver le salut avec un classement sans suite du parquet financier. Dans ce capharnaüm, même la menace de Marine Le Pen, en tête des sondages, n’incite pas ces conquistadors du pouvoir à la raison. Les dépenses folles, le chômage, la dette, l’asphyxie fiscale… passent à la trappe. Ils sont devenus fous. La fascination pour les politiques a fait long feu, l’exaspération est à son comble, la démocratie est en danger.

St-Quentin Mag, le 17 février 2017

Moi ou le K.O

Alors que l’Elysée lui ouvrait grand ses portes, Fillon a jeté le trouble et le discrédit avec les salaires litigieux payés à sa famille avec l’argent du contribuable. Après s’être pris plusieurs fois les pieds dans le tapis en tentant de se justifier, la confiance d’une partie de ceux qui le supportaient s’est effondrée. Pire, les leaders du Front National et d’En Marche l’ont même zappé lors du lancement de leur campagne. Sentant passer le vent du boulet, Fillon a présenté ses excuses. Dans son sermon, le chantre de la chrétienté a confessé avoir pêché par omission, remis en cause la légitimité du parquet financier, puis invité ses disciples à prêcher la bonne parole, faisant planer le risque de « Moi ou le K.O ». Dans un pays qui compte 9 millions de pauvres, 4 millions de mal-
logés et SDF, l’ancien collaborateur de Sarkozy ignorait que certaines pratiques, certes légales, étaient devenues inacceptables pour une majorité de Français. Ces derniers lui accorderont-ils l’absolution ? C’est toute la question…

St-Quentin Mag, le 10 février 2017

Machine à perdre

Inventé en 2011 par le PS pour rassembler son camp derrière un champion, le principe de la primaire s’est transformé en une formidable machine à perdre. Exit le rêve de « Belle Alliance populaire » ! Celui qui, alors chef du gouvernement, avait imposé sa politique à coups de 49-3 et estimé face aux frondeurs que les deux gauches étaient irréconciliables, a été désavoué. L’avance de Benoît Hamon à plus de cinq longueurs est une véritable gifle à Manuel Valls mais aussi au chef de l’Etat qui l’avaient viré sans ménagement en 2014. Au-delà de sa faible participation, ce premier tour a scellé la fracture entre deux gauches diamétralement opposées. Plus question d’imaginer un rassemblement derrière celui qui sortira vainqueur. Quel qu’il soit, affaibli face à Mélenchon et Macron, il devra faire face à leur appel au désistement. Le risque d’une élimination dès le premier tour de la présidentielle, en laissant un PS exsangue, sera-t-il assumé ? C’est toute la question…

St-Quentin Mag, le 27 janvier 2017

La mayo ne prend pas

La mayonnaise de la Belle Alliance populaire ne prend pas. Ses candidats vivent des heures sombres. Pour leur deuxième débat télévisé, ils n’ont rassemblé que 1,47 million de téléspectateurs, moitié moins qu’au premier. Pris en étau entre Mélanchon et Macron, désabusés par les sondages, les sept candidats semblent se préparer à l’échec. Dimanche dernier, plutôt que de suivre le débat, Hollande a préféré aller voir au théâtre Michel Drucker, la star de « Vivement dimanche ». De là à y voir un message… Cerise sur gâteau, en cas de mauvais score à cette primaire, certains évoquent déjà un possible renoncement de son vainqueur pour se rallier à l’une des deux mâchoires de l’étau. à droite, Fillon est à la peine. Ses projets sur la Sécurité sociale, son choix d’offrir une circonscription gagnée d’avance à NKM, le renvoi de sa secrétaire sarkozyste de la Sarthe et le retrait de son investiture pour les législatives… ont brisé son image. L’éventualité d’un duel entre Macron et Marine, entre le Kennedy français qui fait salle comble à ses meetings et la fille du menhir breton se dessine…

St-Quentin Mag, le 20 janvier 2017

Tout est possible !

Le calendrier s’accélère pour les sept candidats à la primaire de la gauche des 22 et 29 janvier. Une élection qui peine à trouver son aura. Avec trois débats en une semaine, les prétendants à l’Elysée vont devoir jouer à la roulette russe pour séduire. Constat affligeant pour Valls, Montebourg et Hamon, aucun d’eux ne revendique l’héritage du président sortant dont ils ont pourtant été les serviteurs. Parmi les prétendants, seul Vincent Peillon en assume une partie. Ce dernier, brillant orateur, compte bien créer la surprise et devenir le François Fillon de la gauche. Mais rien n’est gagné pour la Belle Alliance. Selon les sondages, quel que soit son candidat, celui-ci ne sera pas au second tour de la présidentielle. Les enquêtes d’opinion ont toutefois montré leurs limites avec les victoires du Brexit et de Trump… Reverra-t-on un jour en France un candidat de la trempe d’un De Gaulle ou Mitterrand ? Disparus depuis belle lurette, Dalida, Mike Brant, Clolo, Sacha Distel… brûlent de nouveau les planches grâce à la technique de l’hologramme. Comme quoi, tout est possible !

St-Quentin Mag, le 13 janvier 2017

Nous sommes Charlie

L’année 2017 sera-t-elle celle de tous les dangers ? Entre pessimisme et défaitisme, nos amis éditorialistes et autres spécialistes des questions internationales n’en finissent plus de se faire des cheveux blancs. Nul besoin d’une boule de cristal pour pondre une analyse anxiogène : tous s’accordent à dire que le pire est à venir. Trump ou Poutine ? Autant choisir entre la peste et le choléra ! Libéralisme ou populisme ? Le cœur de nos démocraties occidentales, ballottées par la crise économique mais aussi migratoire, ne cesse de balancer. Finalement, il n’y a guère que les barbus, adeptes de la terreur meurtrière, à faire l’unanimité contre eux… En France, dernière ligne droite pour la gauche au pouvoir. Le successeur de Hollande saura-t-il fixer un cap mobilisateur ? Ce sera l’un des enjeux de son quinquennat. Deux ans tout juste après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher, les Français ont plus que jamais besoin d’une étincelle de sursaut pour se tourner vers de nouveaux horizons, loin, très loin des marchands de peur et des stratégies mortifères. Plus que jamais, soyons Charlie.

St-Quentin Mag, le 06 janvier 2017

Bonnes fêtes à tous !

Noël approche à grands pas et toute l’équipe de St-Quentin Mag a cette année encore une idée très précise quant au cadeau qu’elle espère trouver au pied du sapin : votre fidélité ! Il faut dire que celle-ci n’a, jusqu’alors, jamais défailli. Que vous soyez lecteur, diffuseur ou annonceur, chaque semaine, vous nous offrez cet inestimable cadeau : celui d’être toujours au rendez-vous ! Un cadeau qui n’a pas de prix, tout comme votre journal gratuit (eh oui !) qui, notez-le, fera une courte pause durant les fêtes. St-Quentin en profite ainsi pour lever le pied une semaine avant d’attaquer l’année 2017 du bon pied. Rendez-vous donc le jeudi 5 janvier pour notre prochain numéro. D’ici là, on vous souhaite à tous un joyeux Noël et une très belle année 2017 pleine de bienveillance, de douceur, de sourires et d’espoir…

St-Quentin Mag, le 22 décembre 2016

Petit taureau et picadors

Exit la détermination du « moi Président ». Sous la pression d’un véritable
« Hollande bashing » organisé par ceux qui étaient censés le soutenir, la mort dans l’âme, notre Président a jeté l’éponge. Une première dans la Ve République. Jusqu’au soir de sa capitulation, il sera pourtant resté fidèle à lui-même, le choix du non-choix. Aucun signe de soutien à un prétendant. Les candidats à sa succession vont se livrer une guerre fratricide. Valls est entré dans la course sans susciter l’enthousiasme. Dans l’arène, le petit taureau catalan, éliminé au 1er tour de la primaire de 2011 avec seulement 5,63 % des suffrages, va être la cible de tous les picadors décidés à lui faire mordre la poussière. Il va devoir affronter les Montebourg et Hamon qui l’avaient aidé à prendre Matignon. Il va aussi devoir défendre le bilan de Hollande et surtout, pour espérer se qualifier, rassembler les deux gauches qu’il avait déclaré irréconciliables. En matador, sur le créneau du renouvellement, Macron attend que le PS soit exsangue pour porter l’estocade.

St-Quentin Mag, le 08 décembre 2016

Politique Circus

Personne n’aurait osé imaginer il y a un mois encore que François Fillon, affublé un moment du surnom « Courage fuyons », deviendrait à une majorité écrasante le porte-drapeau de la droite pour la prochaine présidentielle. Celui qui a débuté sa carrière politique en 1976 a réussi à incarner l’homme du renouveau, séduisant l’électorat catholique et même une partie de l’extrême-droite. Pillée d’une partie de son fonds de commerce, chantre de la classe ouvrière, l’anti-libérale Marine Le Pen, qui occupe désormais la place autrefois tenue par le défunt parti communiste, va devoir revoir sa stratégie. Le « Politique Circus » de la droite terminé, celui de la gauche va débuter. Pas moins d’une dizaine de candidats sont dans les starting-blocks avec, au sommet de l’Etat, une crise de régime. Trahison ultime et crime de lèse-majesté, Valls n’exclut plus de se présenter face à Hollande. Espérons qu’à trop promettre, celui qui décrochera la timbale l’an prochain ne déçoive une fois encore. Furtive, la montée des haines et des incompréhensions pourrait alors ouvrir les bras au totalitarisme populiste.

St-Quentin Mag, le 01 décembre 2016

Un Manceau à la Thatcher

Le match retour de 2012 n’aura pas lieu. Sarkozy a été terrassé par un ancien collaborateur placide, devenu une tornade que personne n’a vu venir. Pas même Juppé ! Un avertissement de plus pour Hollande. Les électeurs ont exprimé leur volonté de changement profond. Juppé joue son dernier va-tout en dénonçant le programme de Fillon qui prône la suppression de 500 000 fonctionnaires, un retour aux 39 h service public compris, la retraite à 65 ans, la suppression de l’ISF, une hausse de la TVA, la suppression du droit à l’adoption pour les couples homosexuels, la dégressivité des indemnités de chômage, la prolongation de 20 ans de l’exploitation des centrales nucléaires, une alliance avec Bachar el-Assad, une coalition avec Poutine… Les Français choisiront
dimanche entre un Manceau thatchérien et un Bordelais consensuel. Quel que soit le vainqueur, rien ne sera gagné pour 2017. Car encore faudra-t-il que la droite soit capable de faire table rase de ses rancœurs internes pour se rassembler face à une Marine Le Pen et un Macron prêts à tout renverser.

St-Quentin Mag, le 24 novembre 2016

Majorité silencieuse

La présidentielle américaine doit rappeler à nos élites qu’une élection n’est jamais gagnée d’avance. Outre-Atlantique, les laissés-pour-compte se sont mobilisés au profit d’un candidat aux idées simplistes. L’idée qu’un scénario similaire était impossible en France a volé en éclats. Les candidats à l’Elysée en ont-ils seulement conscience ? Le doute est de mise, surtout quand ils démontrent qu’ils sont coupés des réalités. Juppé, Premier ministre d’un autre siècle, parlait récemment de Prisunic, une enseigne disparue depuis… 15 ans ! Que dire aussi de Copé et de ses pains au chocolat à 15 centimes ? De NKM et son ticket de métro à 4 € ? Bruno Le Maire, lui, veut symboliser la jeunesse mais ignore ce qu’est un Youtubeur. Fillon, de son côté, est passé de « mensongers » à « preuve irréfutable » pour qualifier les sondages. Enfin, que penser de Sarko et sa double ration de frites pour les petits musulmans ? Consternant… A gauche, la descente aux enfers de Hollande, donné battu par Montebourg dès la primaire, pourrait atteindre son paroxysme en janvier avec la parution d’un brûlot d’Aquilino Morelle : « Bim Bam Boum ». Ces roitelets pourraient prendre un bon coup de pied au cul par une majorité silencieuse prête à tout pour ne plus les voir.

St-Quentin Mag, le 17 novembre 2016

La nuit américaine

Malgré un taux de chômage au plus bas, un retour de la croissance, la prospérité de ses entreprises et un poste de leader mondial des nouvelles technologies, l’Amérique a succombé à la colère et la peur. Le système, l’establishment ont été rejetés. Le discours haineux, discriminant, sexiste, protectionniste et populiste de Trump a séduit les minorités, ouvriers et latinos compris. Comme les Britanniques avec le Brexit, les Américains ont fait mentir les sondages. Celui que personne ne prenait au sérieux, même pas son parti, va devenir le 45e président des Etats-Unis, la première puissance mondiale. Les Américains ont affiché leur peur de la mondialisation en faisant le choix du changement. Mais alors que l’élection d’un Républicain aurait dû rassurer les banques, les marchés s’effondrent et l’or flambe. L’ancien animateur télé devenu milliardaire, qui a promis des changements dès le premier jour de son arrivée au pouvoir, est au pied du mur. A quelques mois de la présidentielle, les Français tireront-ils une leçon de ce scrutin ?

St-Quentin Mag, le 10 novembre 2016

 

Sauveurs sans carrure

Après celle des Verts, la primaire de la droite et du centre entre dans le dur. Pour ses 7 mercenaires, tous les coups seront permis jusqu’au 20 novembre, date du premier tour. Favori, Juppé va devoir croiser les gants avec un Sarkozy acculé dans les cordes, mais plus motivé que jamais par Jean-Louis Debré qui l’a invité à prendre acte que c’était fini pour lui. Une droite à hue et à dia, entre un Sarko prêt à voter Hollande en cas de duel PS-FN et le Chrétien-Démocrate Jean-Frédéric Poisson qui n’exclut pas de voter Marine Le Pen. Comme dans la chanson de Ferré, « quand c’est fini-ni-ni-ni, ça recommence », les Français auront ensuite une primaire de gauche d’un niveau identique. Par pur électoralisme, ces candidats affichent tous un culte au grand Charles. Mais De Gaulle n’est plus et les sauveurs d’aujourd’hui n’ont hélas pas sa carrure. Ils n’envisagent même pas que les désespérés, ploucs et autres « sans-dents » se vengent. Et pourtant, le pire arrive souvent sans avoir le visage de l’horreur.

St-Quentin Mag, le 03 novembre 2016

La tour infernale

On le sait, les Français ont un rapport compliqué à l’argent, surtout à gauche. Pour preuve, la majeure partie de l’électorat de François Hollande s’était sentie trahie lors de l’accession d’Emmanuel Macron, ancien banquier de chez Rothschild, au ministère de l’Economie et de l’Industrie. Une expérience ô combien enrichissante pour l’intéressé, désormais en passe d’être candidat à la présidentielle. Un crime de lèse-majesté ! Mais un malheur n’arrive jamais seul. On vient ainsi d’apprendre que l’épouse d’un autre prétendant à l’élection suprême, censé incarner les valeurs de la gauche de la gauche, en l’occurrence Benoît Hamon, occupe un poste à responsabilité à la direction du groupe de luxe LVMH. Sacrilège ! Ces deux ambitieux ont de surcroît installé les sièges de leur parti respectif dans la prestigieuse tour Montparnasse. Pas de fête des voisins prévue pour autant. La tour Montparnasse pourrait devenir pour la gauche la tour infernale…

St-Quentin Mag, le 27 octobre 2016

Fins stratèges ?

Après la parution d’un livre confession qui relate ses confidences cinglantes sur les magistrats, les footballeurs, l’islam… et d’entretenir le doute sur sa candidature à la présidentielle, François Hollande a plongé une partie des siens dans l’incertitude. à trop vouloir jouer à qui perd gagne,  34 % des sympathisants de gauche estiment aujourd’hui que Mélenchon, que l’on croyait pourtant has-been, leader de la France insoumise, serait le meilleur candidat pour incarner leurs valeurs. à droite, chez les prétendants à la fonction suprême, c’est tout sauf Juppé ! Revenu d’outre-tombe après un exil au Canada, le mal-aimé de la droite, qualifié de « meilleur d’entre nous » par Chirac, caracole en tête des sondages. Rien n’est gagné pour autant avec un parti qui ne lui est pas acquis. En leur temps, Barre et Balladur en ont fait les frais. Conscient de cette lacune, le sage de Bordeaux martèle que la primaire est ouverte à tous. Son espoir, séduire les déçus du hollandisme. à chacun sa stratégie.

St-Quentin Mag, le 20 octobre 2016

On prend les mêmes…

Les sept candidats à la primaire de droite franchiront par trois fois les cordes du ring avant le 20 novembre, date du premier tour. Pour ce combat entre amis d’une même famille, pas d’homme providentiel. Parmi les combattants, un ancien président, deux ex-Premiers ministres et trois anciens ministres… Ceux qui espéraient un renouvellement du paysage politique en sont pour leurs frais ! Ces prétendants, qui ont déjà gouverné ensemble, s’imaginent incarner l’espoir et le renouveau. à la peine, distancé dans les sondages par Juppé, notre Trump gaulois (Sarkozy) ne devrait pas faire dans la dentelle pour espérer renverser la vapeur. Chômage, impôts, terrorisme, immigration, Bygmalion… autant de sujets qui pourraient donner lieu à une foire d’empoigne. Le linge sale va être lavé sur la place publique. Mais comme d’habitude, certains joueront des muscles avant d’enterrer la hache de guerre entre les deux tours, espérant un maroquin en échange d’un ralliement. C’est ça la politique, un éternel recommencement.

St-Quentin Mag, le 13 octobre 2016

Le scénario du pire

Les chiffres du chômage sont tombés : + 1,4 % en août, 50 200 demandeurs d’emploi supplémentaires. Soit un taux de chômage de 9,9 %, identique à celui de la crise des années 30. La dette continue d’augmenter, 31,7 milliards € au second trimestre, une hausse qui la porte au montant record de 2 170,6 milliards €. Des chiffres qui reflètent l’échec de la politique de nos dirigeants successifs. Selon l’Insee, la France compte 16 millions d’emplois privés. Un chiffre comparable à celui de 2001 alors que la population est passée de 61 à 66 millions. En 15 ans, la France n’a donc créé que des retraités, des chômeurs et des emplois dans le secteur public. Ahurissant. Comment en est-on arrivé là ? La situation est intenable. Les prétendants au pouvoir, gauche et droite confondues, doivent regarder la réalité, oublier leur idéologie, cesser leurs querelles stériles et les promesses qu’ils ne tiendront pas. Le scénario du pire se profile.

St-Quentin Mag, le 06 octobre 2016

Santé : on trinque !

Pas une semaine ne se passe sans qu’un nouveau scandale sanitaire n’éclate. On accuse les industries agroalimentaires, agrochimiques… On tire les sonnettes d’alarme, on compte les morts, mais au final, au grand dam des Français, rien ne change. Les lobbys rendent nos décideurs sourds au bon sens. Les dernières absurdités en date font frémir. Chaque année, pas moins de 42 000 décès seraient causés par les particules fines des véhicules diesel. Face à cette urgence sanitaire, le projet de budget 2017 prévoit tout simplement de supprimer le bonus écologique versé aux acheteurs de véhicules hybrides, donc propres, alors que les constructeurs ont été encouragés à investir dans cette technologie. Cherchez l’erreur ! Autre exemple, une étude scientifique démontre un lien entre le sel d’aluminium contenu dans les déodorants et le cancer du sein, 50 000 cas annuellement et 11 000 décès. Là, c’est Bruxelles qui devrait réagir. Un constat s’impose, les questions de santé sont reléguées aux oubliettes. Consternant.

St-Quentin Mag, le 29 septembre 2016

Bretelles & ceinture

Après les 35 milliards d’augmentation de la pression fiscale en quatre ans, Hollande promet enfin un léger allégement d’un milliard l’an prochain. Campagne présidentielle oblige. Mais c’est bien connu, les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. Trop beau pour être vrai ! Comme c’est désormais l’habitude, ce qui nous est donné d’une main nous est aussitôt repris de l’autre. Eh oui, un milliard d’euros supplémentaire va être pompé dans l’escarcelle des ménages et des entreprises. Il permettra aux sociétés privées qui exploitent les autoroutes non pas d’améliorer la sécurité des usagers mais d’augmenter leurs bénéfices déjà mirobolants, cela sans débourser un seul centime. Le gouvernement a en effet décidé de leur installer de nouvelles bretelles d’accès. Les automobilistes, eux, devront se serrer la ceinture. Hollande est vraiment trop bon…

St-Quentin Mag, le 22 septembre 2016

Chef de cabinet

Est-ce parce qu’il a été le plus éphémères des ministres de l’Education (à peine cinq moins en poste en 2014) ? Toujours est-il que Benoît Hamon tient à nous faire
savoir qu’il nourrit pour la culture et les belles lettres une passion quasi charnelle. La preuve avec ce nom ô combien savoureux qu’il vient de donner à son micro-parti : Elpis. « Elle quoi ? », s’empresseront de s’interroger tous ceux (nous les premiers !) qui ignoraient qu’Elpis, jeune femme munie d’une corne d’abondance, symbolise l’espoir dans la mythologie grecque. Sympa ! Mais en attendant, ce sont surtout les vannes qui ont abondé sur les réseaux sociaux. Du genre : Elpis debout, Elpis partout, Elpis pas droit, Elpis au lit… Stop ! Pour notre part, quitte à en perdre notre latin, nous serions plutôt enclins à nous montrer « love and peace » (hé, hé !) avec un type qui ose faire rire avec du grec ancien. Et puis, reconnaissons à Benoît Hamon un certain courage. Oser se mouiller avec Elpis n’est pas donné à tout le monde. L’avantage au moins, c’est que son micro-parti, on pourra le suivre à la trace. Hum… Au fait Benoît, c’est qui ton chef de cabinet ?

St-Quentin Mag, le 15 septembre 2016

L’argent n’a pas d’odeur

A huit mois de la présidentielle, les affaires judiciaires resurgissent. Pour Bygmalion, le parquet veut envoyer Sarkozy et treize de ses apôtres en correctionnelle. On le soupçonne d’avoir été averti des manipulations
effectuées pour cacher 18 M€ de dépassements de frais de campagne en 2012. Un mauvais coup qui s’ajoute aux dossiers des écoutes téléphoniques toujours en cours, du supposé financement libyen en 2007, l’affaire des sondages de l’Elysée et l’arbitrage de 403 M€ à Tapie ! Certes, c’est beaucoup, mais notre saint homme a déjà été mis hors de cause dans les affaires Karachi, les pénalités réglées à sa place par l’UMP, l’affaire Bettencourt et ses voyages en jet privé. A la barre du tribunal pour avoir dissimulé un magot à Genève puis à Singapour, Jérôme Cahuzac jure que ces fonds étaient destinés à feu Michel Rocard. Une défense ô combien peu glorieuse. « Si l’argent ne fait pas le bonheur, rendez-le ! », avait coutume de dire Jules Renard. Une maxime qui semble ne convaincre personne…

St-Quentin Mag, le 08septembre 2016

La grande bousculade

Ceux qui, après le drame de Nice, espéraient une rentrée politique apaisée en sont pour leurs frais. C’est la grande bousculade pour occuper le devant de la scène. Nos élus restent désespérément sourds aux attentes des Français. Leur seule préoccupation, imposer le champion qu’ils supportent dans leur primaire, espérant en retour un maroquin. A droite, distancé  dans les sondages, Fillon le « collaborateur » sort la Kalachnikov contre son ancien boss revenu au coude à coude avec Juppé. Fillon aime ainsi à rappeler les soucis judiciaires de Sarkozy et estime ses préconisations contre le terrorisme stupides et imbéciles ! Du côté du PS, après la démission de Taubira, figure de l’aile gauche, c’est au tour de Macron, symbole de l’aile droite, de quitter le bateau. Déjà à l’origine d’une polémique sur le burkini, Valls en remet une couche en rappelant que Marianne n’était pas voilée. Et Najat Vallaud-Belkacem affole son monde en confessant la présence de 650 fichés S dans les établissements scolaires. Bref, tout va bien. Après les candidatures de Montebourg, Hamon, Mélanchon… Hollande voit son horizon s’obscurcir  encore un peu plus. Marine Le Pen n’en espérait sans doute pas tant. Consternant.

St-Quentin Mag, le 01 septembre 2016

Soyons terribles…

Après une série d’attaques terroristes en Allemagne, voici de nouveau la France meurtrie dans sa chair avec l’assassinat de ce pauvre prêtre de 86 ans à Saint-Etienne-du-Rouvray. Jusqu’alors, les Français n’ont guère eu d’autre choix que de tendre la joue gauche. Encore et encore. Mais jusqu’à quand ? Hier, on mourait à la guerre. Aujourd’hui, ce sont les civils qui se retrouvent en première ligne, exposés à la folie barbare et meurtrière d’islamistes dégénérés. Ceux-là conserveront-ils ad vitam æternam le monopole de la violence ? Le pire est hélas à craindre dans un pays où le sempiternel discours du « vivre ensemble » résonne de plus en plus dans le vide. C’est vrai, les Français aiment à se diviser. Mais l’Histoire témoigne aussi de leur capacité à s’unir face à un ennemi commun. La République doit réagir d’urgence en jetant au feu son indécrottable naïveté. Sinon ? Souvenons-nous de Danton : « Soyons terribles, disait-il, pour éviter au peuple de l’être… »

St-Quentin Mag, le 28 juillet 2016

Il faut agir… vite !

Une nouvelle fois, les Français sont sous le choc. Plus de 250 morts en cinq attentats depuis l’an dernier. L’effroyable nuit d’horreur de la baie des Anges, 84 morts, des victimes de toutes origines et toutes religions, a été perpétrée quelques heures seulement après que François Hollande eut annoncé la levée de l’état d’urgence. Une décision qui suscite de graves interrogations. Qu’est-ce qui a poussé le chef de l’Etat à une telle inconscience ? Aucune explication. Dans une guerre psychologique sanglante, les bombardements annoncés ont peu de chance d’anéantir les djihadistes de l’intérieur. Constat navrant, l’esprit du 11 janvier n’est plus, pas même un semblant d’unité nationale. Chacun y va de sa polémique, dont les enjeux politiques n’échappent à personne. Même Juppé, qui faisait figure de sage, y est allé en déclarant que ce drame aurait pu être évité. Consternant. Lassés de s’entendre répéter que le terrorisme allait longtemps faire partie de leur quotidien, les Français attendent des lois d’exception pour les rassurer et leur faire refuser la détestation de l’autre qui pourrait conduire au pire.

St-Quentin Mag, le 21 juillet 2016

Vive la France !

Lundi matin, les Français avaient la gueule de bois. Leur équipe battue par le Portugal. Certes, le sort est parfois cruel et la désillusion immense, mais tout compte fait, s’ils n’ont pas remporté l’Euro, les Bleus ont signé un immense exploit, celui d’avoir retrouvé l’amour des Français. A coup sûr la plus belle des victoires, puisqu’elle nous a fait revivre la cohésion de la France « Black Blanc Beur » de 1998. Une bouffée d’oxygène à l’heure où la majorité de nos concitoyens ont le sentiment de vivre moins bien que leurs parents. Aujourd’hui, seul un exploit sur la Grande Boucle ou aux JO de Rio pourra de nouveau nous faire rêver. Car du côté des politiques, rien ne change, c’est consternant. Marine Le Pen a suspendu 15 mois une de ses vice-présidentes pour faute grave : elle avait assisté au 1er mai de son père ! Pour les prochaines législatives, les Républicains ont investi le sulfureux Patrick Balkany puis sa suppléante qui est  inéligible. Valls est usé, Macron c’est toujours j’y vais, j’y vais pas. Hollande continue à se prendre pour Dieu… Vive la France !

St-Quentin Mag, le 13 juillet 2016

Un visionnaire trop en avance

A 85 ans, Michel Rocard nous a quittés. Le décès de celui qui fut le Premier ministre d’un président qui lui vouait une véritable haine tourne la dernière page d’un rêve de société. Le poids des années n’avait en rien amoindri les positions de cet adepte du franc-parler. Oser dire que la France ne pouvait accueillir toute la misère du monde, évoquer la nécessité d’avoir un capitalisme qui marche moins mal pour reprendre la marche du progrès social, ou encore préconiser l’allongement de la durée de cotisation pour les retraites avaient choqué des socialistes bloqués sur des espoirs intenables. Aujourd’hui, tous le pleurent et revendiquent son héritage. Des hommes sur qui il portait pourtant un regard sévère, jugeant par exemple que François Hollande ne devait pas se représenter, que Valls et Macron étaient loin de l’Histoire… Ces derniers pourraient reprendre une des déclarations de Rocard concernant Mitterrand et l’appliquer à Hollande : « Le mépris profond que je porte à son absence d’éthique est compatible avec l’admiration totale que j’ai pour sa puissance tactique. » L’Histoire retiendra le souvenir d’un Rocard visionnaire mais hélas en politique, la vérité est rarement bonne à dire…

St-Quentin Mag, le 7 juillet 2016

To be or not to be

Alors que la plupart de nos dirigeants crient au loup après le Brexit, les Britanniques, qui accusaient pourtant l’Europe de tous les maux et ne voyaient leur salut qu’en l’abandonnant, temporisent désormais. Ils appellent même à ne pas se précipiter pour le divorce. Plus de 4 millions d’entre eux ont déjà signé une pétition réclamant un nouveau référendum. Lundi matin, personne n’a fui Londres. Ce référendum n’était que consultatif, ce sont les parlementaires britanniques et personne d’autre qui, en définitive, devront acter ce choix. Rien n’est fait. Oubliant le passé, Hollande dénonce un danger imminent face aux eurosceptiques extrémistes et populistes. Rappelez-vous en 2005, les Français votaient à 54,5 % contre la constitution européenne et pourtant en 2008, les parlementaires faisaient fi de leur choix et ratifiaient le traité de Lisbonne. Un scénario identique déjà vécu au Danemark, en Irlande, en Suède… Alors, pas de panique, l’Angleterre restera toujours une île à 33 km de nos côtes, avec sa livre sterling, sa conduite à gauche… et ses 12 millions de sujets qui, chaque année, passent leurs vacances en France. Sachons raison garder.

St-Quentin Mag, le 30 juin 2016

Ça klaxonne et ça tacle !

C’est fait ! Avec 7 points à leur compteur, les Bleus finissent en tête de leur groupe sans obliger leurs supporters à friser le malaise vagal. Ça change ! Alors bien sûr, certaines fines bouches ne manqueront pas de rappeler que face à la Roumanie, l’Albanie et la Suisse, il n’y a pas vraiment de mérite à jouer les gros bras. Peu importe ! D’autant que les Français, dans leur ensemble, ne boudent pas leur plaisir. Les stades comme les « fans zones » font le plein, les audiences télé sont au rendez-vous et à chaque match des Bleus, c’est un concert de klaxons dans tous les centres-villes. Panem et circenses ? Certes. La recette est vieille comme le monde. Mais au moins, l’Euro 2016 nous permet un temps d’oublier la crise, le terrorisme, les bisbilles politiques. Tiens, à ce propos, on a récemment souri devant cette déclaration choc de Gérard Mulliez, le fondateur d’Auchan, dans « Valeurs Actuelles » : « Mes caissières sont meilleures en économie que nos députés ». Un joli tacle doublé d’un carton rouge ! Trop sévère ? Non. Car à bien y réfléchir, pas sûr que la France ait les élus qu’elle mérite…

St-Quentin Mag, le 23 juin 2016

Cartons rouges

Grève à la SNCF, grève des pilotes, grève des éboueurs, déchaînement de hooligans imbibés d’alcool… La France affiche au monde entier sa plus mauvaise image à l’occasion de l’Euro. Pour leur entrée en compétition, laborieusement, les Bleus ont arraché la victoire face à la Roumanie. C’est bien connu, même les pieds dans la m… le coq tricolore a chanté. Pendant ce temps, nos politiques sont sur leur planète. A droite, Henri Guaino se lance à son tour dans la primaire avec le dossard n° 12 ! A gauche, c’est Martine Aubry qui tente un come-back vers le passé. Candidate au débat d’idées, elle organise une grand-messe juste avant l’université d’été. Et pour exaspérer un peu plus les Français, il faut désormais débourser 30 € pour passer l’examen du code devant un postier, alors que l’épreuve était gratuite depuis toujours. Que dire aussi de Najat Vallaud-Belkacem qui, après avoir réduit de moitié la prime au mérite, veut donner 1 000 € à ceux qui ont abandonné l’école depuis au moins 5 mois s’ils y retournent. Une prime à la médiocratie ! Désolant.

St-Quentin Mag, le 16 juin 2016

Fiers d’être Bleus

C’est parti pour l’Euro 2016 de foot ! Du 10 juin au 10 juillet, une bonne partie de la planète aura le regard rivé sur notre pays. Avec 8 milliards de téléspectateurs et 1 million de supporters étrangers attendus, avouons que cette compétition est une formidable vitrine pour la France. Une France qui, mille fois hélas, n’en finit plus de patauger dans la boue ces derniers temps. La boue des polémiques, des inondations, des tensions sociales, du communautarisme… Mais bon, avec le coq pour emblème, nul doute que les Français sauront se redresser et bomber le torse pour offrir au monde leur meilleur visage. Les Bleus, triomphants, ont démontré face au Cameroun et l’Ecosse qu’ils avaient la force morale nécessaire pour mettre entre parenthèses tous les mauvais procès faits à Didier Deschamps. Alors oui, soyons fiers d’être Bleus. Soyons fiers des Hauts-de-France qui, avec Lille et Lens, accueilleront pas moins de 10 matchs, dont une demi-finale. Vibrons, chantons, crions ! Allez la France !

St-Quentin Mag, le 9 juin 2016

Ça dérape à Verdun

Alors que Manuel Valls martèle que les jeux sont faits pour la loi El Khomri, rien ne va plus. Un bras de fer est engagé avec la CGT. Des grèves sont annoncées un peu partout. Et comme si cela ne suffisait pas, sacrilège, le centenaire de la commémoration de Verdun a été entaché de polémiques. La première a éclaté au sujet de la venue du rappeur Black M, une idée du maire Samuel Hazard. La raison ? Des textes jugés trop violents, chantés il y a une dizaine d’années. Et puis, dimanche dernier, à l’initiative de l’Allemagne cette fois, c’est le déferlement de 3 400 jeunes courant entre les tombes des soldats tombés à Verdun qui a suscité l’indignation. Un comportement qui, hors commémoration, pourrait conduire à la barre d’un tribunal pour profanation. Mais que diable cherchaient les organisateurs ? Dans une France au bord de l’explosion et une Europe  affaiblie en manque de crédibilité, à jouer avec le feu, tôt ou tard, on finit par se brûler. Décidément, rien ne va plus, tout fout l’camp mon brave monsieur !

St-Quentin Mag, le 2 juin 2016

La contestation carbure à fond !

Il y a vraiment un monde entre les commentaires de nos gouvernants et le vécu des Français au quotidien. C’est même à croire qu’ils veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes ! Manuel Valls annonce ainsi depuis Israël qu’il maîtrise la situation, pas de risque de pénurie de carburant. Ah bon ? Du Japon, Michel Sapin menace les grévistes, tandis qu’en France, Alain Vidalies, ministre des Transports, pratique lui aussi la méthode Coué. Pendant ce temps-là, les Français cherchent des stations ouvertes et font la queue parfois pendant des heures pour voir leur approvisionnement limité à 20 litres ! Et comme si cela ne suffisait pas, Cécile Duflot accuse Hollande d’avoir assassiné les écologistes. Ce qui carbure à fond, c’est bien la contestation contre la loi du travail… En verra-t-on la fin ? Les « ça va mieux » et « tout va bien » sont un déni de réalité. La France est au bord de la crise de nerfs. Impuissant face à une CGT destructrice, celui qui se voulait le président du dialogue social est devenu celui du conflit social. Navrant…

St-Quentin Mag, le 26 mai 2016

La France va mieux

François Hollande vit un remake d’une séquence du film « Où est donc passée la 7e compagnie » et de sa célèbre réplique de la tenaille. Notre président, pour qui la candidature en 2017 ne fait désormais plus l’ombre d’un doute, est écartelé entre à sa gauche un Montebourg qui se voit en rassembleur des déçus et des contestataires, et à sa droite un Macron devenu complètement incontrôlable. Ce dernier n’en finit pas de séduire en louvoyant  de gauche à droite en passant par le centre. Et comme si cela ne suffisait pas, il s’est payé le luxe de rendre hommage à Orléans au symbole du Front National : Jeanne d’Arc. Louant celle-ci d’avoir su rassembler une France divisée. « Un rêve fou qui s’est imposé comme une évidence ». Ne pas y voir une allusion à ses ambitions serait être aveugle… A part ça ? Eh bien, on retrouve Denis Baupin premier au hit-parade des politiques obsédés sexuels, Platini définitivement hors jeu, come-back pour l’affaire Banier-Bettencourt, vote suspendu pour la loi du travail, fiasco pour la journée de l’Europe…  Mais bon, la France va mieux.

St-Quentin Mag, le 12 mai 2016

La pucelle à hue et à dia

Alors que Marine Le Pen caracole en tête de tous les sondages pour la présidentielle de 2017, en faisant des pieds et des mains pour incarner une France apaisée, le vieux « menhir » breton refait des siennes. Pour la deuxième année consécutive, le banni à la dent dure a profité du 1er mai, jour emblématique du FN, pour tacler sa fille maudite en annonçant à une dernière poignée de fidèles que celle-ci serait battue au second tour et peut-être même dès le premier tour. Un coup de poignard dans le dos de celle qui veut changer son image, d’autant que trois de ses eurodéputés étaient aux côtés du père ce dimanche. Des traîtres illico invités à « quitter » le bureau politique de la fille. Chez les Le Pen, les relations père-fille sont plus que tumultueuses. « Au secours Jeanne », a de nouveau lancé le père. Pas sûr du tout que la sainte pucelle l’ait entendu. Une chose est sûre, Alain Juppé qui n’en espérait pas tant peut allumer un cierge en l’honneur de Jeanne d’Arc. Qui sait ? A défaut d’entendre des voix, il récupérera peut-être celles des électeurs lassés des querelles frontistes…

St-Quentin Mag, le 4 mai 2016

En plein déni de réalité

Au plus bas dans les sondages, confronté à des relations exécrables avec les partenaires sociaux, des grèves à répétition, des frondeurs, sans parler de la CGT et FO qui vont défiler côte à côte le 1er mai (du jamais vu depuis 15 ans !) ou encore de Macron qui lui fait de l’ombre, Hollande veut nous faire croire que « la France va mieux ». Confronté à l’angoisse d’un nouveau 21 avril 2002, un dernier quarteron de Hollandais a lancé le mouvement « Hé oh la gauche ». Un remake de « Au secours la droite revient » en 1986, faisant de François Hollande l’unique alternative pour 2017. Leur objectif : nous convaincre que la droite aurait fait pire. A droite justement, déjà pas moins d’une dizaine de prétendants mobilisés pour un « tout sauf Sarko ». Dans une guerre d’ego, gauche et droite s’entretuent, refusant de voir un sondage faisant apparaître que 72 % des Français souhaiteraient un gouvernement de coalition. Dimanche dernier en Autriche, l’extrême droite a éliminé du second tour de la présidentielle les deux partis au pouvoir depuis 1945. Une situation à méditer avant qu’il ne soit trop tard.

St-Quentin Mag, le 28 avril 2016

Non mais sans blague !

S’il est une qualité qu’on ne saurait retirer à François Hollande, c’est bien son humour. Du reste, il en faut une sacrée dose pour songer à se représenter avec une cote de popularité qui touche le fond (85 % de Français mécontents !). Humour encore avec cette réplique cinglante de Léa Salamé, en direct dans « Dialogues citoyens » : « C’est une plaisanterie ? » Il faut dire que le chef de l’Etat venait d’affirmer sans sourciller que la position de la France sur la question des migrants était identique à celle de l’Allemagne. Vaste plaisanterie, en effet ! Mais au-delà du problème des migrants, c’est surtout la petite phrase choc de la chroniqueuse qui a enflammé les réseaux sociaux. Incisive et audacieuse pour les uns, incorrecte et déplacée pour les autres. Enfin quoi ? Léa Salamé aurait pu se lâcher bien davantage. Genre : « Sérieux ? Tu déconnes ? Sans blague ? Hey, Francky, tu te fous de moi ? » Non, finalement, Léa s’est montrée mesurée. Du moins à la hauteur d’un président « normal »…

St-Quentin Mag, le 21 avril 2016

Le casse du siècle

Alors que trop de Français connaissent des difficultés pour joindre les deux bouts, un nouveau scandale d’évasion fiscale éclate : les Panama Papers. Hommes politiques, milliardaires, sportifs, avocats et autres mafieux…  Autant de criminels en col blanc qui auraient dissimulé au fisc des sommes vertigineuses, via des paradis fiscaux. En 2009, fier comme un coq, Sarko annonçait leur fin. Sept ans plus tard, rien n’a changé. Plus de 1 000 Français seraient concernés par cette gigantesque escroquerie. Parmi les noms dévoilés, la Société Générale, la banque Rothschild, des proches de  Jean-Marie et Marine Le Pen, Jérôme Cahuzac, Patrick Balkany, sans oublier un certain Michel Platini qui s’est aussitôt fendu d’un communiqué rappelant qu’il était résident fiscal en Suisse depuis 2007. Et hop, circulez, y’a rien à voir ! Ceux qui travaillent dur pour trois francs six sous et paient leurs impôts à l’euro près en ont marre. La gangrénisation des « Nuit Debout », version française des indignés d’Espagne, pourrait faire trembler le pays et changer la donne.

St-Quentin Mag, le 14 avril 2016

Ah ! Les vaches

Trop, c’est trop ! A l’heure où la mobilité est essentielle pour arriver à bosser, les automobilistes en ont ras la casquette d’être taxés à tout va. Pas moins de 63 milliards l’an dernier, dont 34 milliards rien que sur les carburants. Inadmissible quand on sait que depuis 2014, le prix du baril a chuté de 66 %. A la pompe, cette baisse n’a été que d’environ – 15 %. La différence, c’est l’Etat qui se l’est embourbée. Eh oui, sous couvert d’une fiscalité verte et de la taxe carbone, l’Etat s’en fout plein les fouilles. Pensez donc, entre 2014 et 2016, le taux de taxation du gazole est passé de 99 % à 201 %, celui du SP 95 de 136 % à 210 %. Quand vous payez 60 € de gazole, vous avez 20 € de carburant et 40 € de taxes. Et tout sourire, Ségo, royale, nous rabâche que ces taxes, qui vont continuer à augmenter chaque année, sont indolores. Dépendants de leur voiture, les automobilistes sont d’éternelles vaches à lait. Qui sait ? Le troupeau pourrait un jour se rebeller, lassé de subir la douleur de ces « taxes indolores ».

St-Quentin Mag, le 31 mars 2016

Une guerre sans fin ?

Une nouvelle fois, ce ne sont pas des militaires qui partaient en mission mais des hommes et des femmes qui se rendaient à leur travail pour certains, s’apprêtaient à prendre quelques jours de vacances pour d’autres, qui ont été sauvagement frappés. Sans parler des enfants… Trop ont perdu la vie, d’autres resteront à tout jamais cloués dans un fauteuil. Des familles meurtries, endeuillées… Un scénario qui, depuis 1961 et les premiers attentats de l’OAS, n’a cessé de se répéter. Après Paris, c’est au tour de Bruxelles de subir le pire. Le résultat de territoires abandonnés aux recruteurs islamistes. Plus de 700 « combattants » seraient ainsi répertoriés en France, plus de 2 000 dans une Europe de nouveau en guerre. Alors, faites preuve de cohérence, Messieurs qui nous gouvernaient. On veut bien croire à votre volonté d’éradiquer ces fous de dieu mais alors, pourquoi diable avez-vous décerné la Légion d’honneur au prince héritier d’Arabie Saoudite qui, depuis des années à coups de milliards de dollars, favorise l’exportation du djihadisme ? Vous êtes au pied du mur, Messieurs. Agissez !

St-Quentin Mag, le 24 mars 2016

Même pas froid aux yeux !

Des Hauts et débat… L’opposition FN a beau avoir dégainé à tout va, le nouveau nom de notre grande région a finalement été entériné par le conseil régional. Exit le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, place aux Hauts-de-France. De quoi viser des sommets ? Faut voir. En attendant, des petits malins n’ont pas tardé à sortir du bois pour rappeler que cela faisait plus de vingt ans qu’ils utilisaient le même nom. Qui ça ? Les amateurs de transparence politique ne pouvaient pas rêver mieux puisqu’il s’agit – je vous le donne en mille – d’une brochette de clubs naturistes regroupés sous l’appellation Hauts-de-France ! Le premier qui sourit en songeant à quoi pourrait ressembler l’hémicycle est au préalable invité à aller tester le naturisme sur une plage de la côte d’Opale, où même en plein mois d’août on garde les gants et la cagoule ! Bref, des naturistes qui n’ont manifestement pas froid aux yeux (et ailleurs). Un exemple à suivre ? Laissons donc nos élus trancher…

St-Quentin Mag, le 17 mars 2016

Jeu de racket à l’Euro

Malgré une suspension de 6 ans par la FIFA pour avoir empoché 1,8 M€ grâce au sulfureux Sepp Blatter, Michel Platini reste président de l’UEFA. Le tribunal arbitral du sport (TAS) s’est donné jusqu’au début de l’Euro 2016, le 10 juin, pour rendre sa décision. L’ancien n° 10 français qui voudrait se faire passer pour une blanche colombe, pour qui l’argent n’aurait pas d’importance, est pourtant une nouvelle fois pointé du doigt avec l’Euro. En effet, l’UEFA qu’il préside a mis en place un véritable racket. Les établissements commerciaux (bars, restos, boutiques…) situés à proximité immédiate des stades où se dérouleront les rencontres devront cracher au bassinet ou se voiler la face en masquant leurs enseignes ! Ceux qui sont tentés de refuser les conditions imposées par l’UEFA sont carrément menacés de voir apparaître devant leur boutique des murs de bâches d’une hauteur de 2,60 m ! Une méthode digne d’Al Capone. Les commerçants victimes de la crise qui espéraient se refaire une santé avec l’Euro sont dépités. Déjà mis à mal par les Nasri, Zlatan, Benzema, Aurier… le foot, qui se veut une école de la vie pour les jeunes, affiche sa plus mauvaise image. Sacré Michel !

St-Quentin Mag, le 10 mars 2016

La machine infernale

Exit les années où Chirac, accueilli à bras ouverts dans la plus grande ferme du monde, s’ingurgitait une quantité gargantuesque de produits du terroir sous l’œil admiratif des producteurs. Protégé par un triple cordon de sécurité, Hollande a été copieusement sifflé, conspué, injurié. Une violence provoquée par un sentiment d’abandon de celui qui, « moi Président », avait promis une France apaisée. Désespérés, éleveurs et agriculteurs ont le sentiment de mourir dans l’indifférence, non pas victimes de « l’ubérisation » de la société mais de l’incompétence de ceux qui nous gouvernent. La gauche est à hue et à dia. Le gouvernement ne cesse ainsi d’être défié par les siens sur la déchéance de la nationalité, la dégressivité des allocations chômage, Notre-Dame-des-Landes… Quant à la réforme du droit du travail, elle a fait déborder le vase. Après une tribune au vitriol, Martine Aubry claque la porte de la direction du PS, scellant la fracture entre deux gauches. Les Aubry, Taubira, Montebourg, Hamon, Duflot, Mélanchon… se mettent à rêver. La machine infernale à tuer le PS est en marche.

St-Quentin Mag, le 3 mars 2016

 

Le printemps s’annonce chaud !

Partenaires sociaux et patronat sont réunis pour négocier une refonte du calcul des allocations chômage. Un système au bord de la faillite avec 26 milliards de dettes et 4,4 milliards de déficit l’an dernier. A l’ordre du jour des négociateurs : le montant des indemnités, leur durée, leur éventuelle dégressivité, sans oublier l’augmentation des cotisations… Des sujets explosifs d’autant qu’outre-Rhin, le taux de cotisation n’est que de 3,4 % contre 6 % chez nous. Une situation dramatique puisque sur les plus de 6 millions de chômeurs, à peine 3 sur 10 sont indemnisés. L’efficacité de Pôle Emploi, qui coûte chaque année plus de 41 milliards avec ses 47 000 équivalents temps plein, est remise en cause. En effet, seuls 15 % des inscrits retrouveraient un emploi. Avec un contact direct entre demandeurs et recruteurs, Le Bon Coin, de surcroît gratuit, est aujourd’hui un acteur incontournable du marché du travail. Bref, conjuguée à la réforme du Code du travail, cette négociation sur les indemnités du chômage annonce des mesures douloureuses qui pourraient être propices à un printemps social agité.

St-Quentin Mag, le 25 février 2016

Ils sont devenus fous !

Aquinze mois de la présidentielle, Hollande s’attaque enfin à la crise de l’emploi. Première mesure concrète pour inverser la courbe du chômage : à l’occasion du remaniement, son gouvernement est passé de 32 à 38 membres ! Six nouveaux emplois de secrétaires d’Etat ont été créés, dont un dédié à « l’égalité réelle ». Hollande fait mieux que Coluche avec le « plus blanc que blanc ». Valls retrouve Ayrault qu’il avait fait virer, les arrivées de Cosse, Pompili et Placé sèment la zizanie chez les Verts, quant à la gauche de la gauche, privée de Taubira, elle ne sait plus à quel saint se vouer. Diviser pour mieux régner semble le jeu dangereux d’un président prêt à tout pour sauver son job. A droite, après Fillon, Juppé, Le Maire, NKM, Morano, Mariton… c’est au tour de Copé (un revenant !) de défier Sarko empêtré dans les « big magouilles ». Des politiques irresponsables qui conduisent leur électorat à succomber à la danse du ventre de Marine Le Pen. Ils sont devenus fous !

St-Quentin Mag, le 18 février 2016

Les maux des mots

Après la polémique sur la déchéance de la nationalité, c’est celle sur la réforme de l’orthographe qui prend le relais. On veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes, faire du neuf avec du vieux ! Pensez donc, on nous ressort des propositions qui remontent à 1990, du temps de Rocard. Une réforme en dépit de notre héritage, dans laquelle la plupart d’entre nous y perdent leur latin. Maîtresse devient maitresse, nénuphar nénufar, oignon ognon… Avec les exceptions, on s’arrache les cheveux : un fruit mûr, mais des pommes mures, je suis sûr, elle est sure… Pas certain que cette réforme suffise à stopper le niveau d’orthographe des Français qui a chuté de 5 points entre 2010 et 2015. Pour le mot chômage, Hollande semble s’inspirer d’un tyran de Syracuse au Ve siècle qui, pour faire oublier le mot démocratie, en avait interdit l’usage. Faute d’avoir réussi à bannir ce mot, il en supprime l’accent circonflexe, chômage devient chomage. Les demandeurs d’emploi ne lui disent pas « chapeau » !

St-Quentin Mag, le 11 février 2016

L’emploi en panne sèche

Ceux qui croyaient au miracle se sont mis le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Les chiffres du chômage sont tombés, nouvelle hausse en décembre. Les fêtes passées, le moral est de nouveau en berne. Pensez donc, 90 000 chômeurs de plus sur l’année 2015, soit 600 000 supplémentaires depuis 2012, pour arriver au chiffre record de 3 590 600 malheureux sans aucune activité. Près de 6 millions avec les temps partiels, les stages, les formations… La machine économique est en panne sèche. Hollande n’a pas voulu du plan Macron et ses annonces n’ont eu aucun effet. La France n’a créé que 2,9 % d’emplois privés en deux ans, contre 23 % pour l’Allemagne et 31 % pour l’Espagne. Même l’Italie, dont la croissance est inférieure à la nôtre, en a créé cinq fois plus ! A contrario, nous sommes les champions d’Europe pour la création d’emplois publics (39 %). Une stratégie suicidaire qui creuse les déficits. Mais comment font nos voisins, pratiquement au plein emploi pour certains ? Outre-Rhin, le taux de chômage n’est que de 4,5 %, contre 10,1 % chez nous ! Pauvre France…

St-Quentin Mag, le 4 février 2016

 

La ficelle est trop grosse

Il aura fallu attendre près de 4 ans pour que celui qui avait fait de l’inversion de la courbe du chômage la condition sine qua non pour se représenter en 2017 s’aperçoive que la France nécessitait un plan d’urgence économique et social. Le locataire de l’Elysée se mobilise enfin pour l’emploi, le sien en premier, conscient qu’il pourrait l’an prochain le perdre et aller grossir les rangs des 5,5 millions de chômeurs. Un énième plan d’emplois aidés, soutenus, subventionnés, sans réformes structurelles. Pour parvenir à ses fins, le bonimenteur de l’Elysée veut notamment sortir 500 000 sans-emploi des statistiques, le temps d’une formation hélas. Pour la réforme du code du travail (heures sup, temps de travail et plafonnement des indemnités prud’homales…), il refile le bébé aux partenaires sociaux, farouchement opposés. Bref, un plan électoraliste à 2 milliards qui fait pleurer les chômeurs et désespère les patrons, soi-disant financé par des économies. Lesquelles ? Mystère et boule de gomme. Plan condamné à avoir autant d’effet qu’un cautère sur une jambe de bois et qu’il faudrait inclure dans ses comptes de campagne. A un an  de la présidentielle, la ficelle est trop grosse.

St-Quentin Mag, le 21 janvier 2016

C’est ça la France !

Il y a peu, nos politiques clamaient haut et fort qu’ils nous avaient entendus, nous avaient compris. Que nenni ! Alors que le gouvernement n’arrive pas à se dépêtrer du chômage et continue de s’enliser dans la pire crise du logement depuis 1954, François Hollande dépose des gerbes et inaugure des plaques à tour de bras pour espérer faire oublier ses échecs. Conséquence, même « Libé » réclame une primaire à Gauche. A Droite, discrédité et distancé par Juppé, Sarko ne sait plus à quel saint se vouer. L’actuel et l’ancien chef d’Etat refusent d’admettre que 74 % des Français ne peuvent plus les voir en peinture ! Leurs polémiques sur la déchéance de la nationalité font rire les Djihadistes qui brûlent eux-mêmes drapeaux et passeports. Et comme si cela ne suffisait pas, en guise de renouveau, Tapie persiste à annoncer son retour en politique. De leur côté, les élus corses demandent la libération de leurs prisonniers et l’amnistie des recherchés. Endettés jusqu’au cou dans notre nouvelle grande région, les Verts se retrouvent à faire la manche… Au milieu de toutes ces consternations, durant quelques jours, les médias ont fait table rase de tout pour faire leur Une sur l’arrivée de Zizou à la tête du Real. C’est ça la France !

St-Quentin Mag, le 14 janvier 2016

La volonté vaut tous les vœux

La parenthèse 2015 s’est enfin refermée… Elle avait débuté par la tuerie de Charlie pour s’achever dans un bain de sang au Bataclan. Au bal de l’horreur, la France est entrée malgré elle dans la danse, étourdie par le fracas d’un monde dont les contours ne cessent d’évoluer. Longtemps rétif à la mondialisation, notre vieux pays doit se résoudre à admettre que le village planétaire, si cher à McLuhan, est devenu réalité. Tous les grands enjeux auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés se moquent des frontières et de la couleur des passeports : lutte contre le terrorisme, réchauffement climatique, instabilité financière, chômage, crise migratoire… Alors, bien sûr, en ce début d’année 2016, l’heure est aux vœux. On les voudrait pieux et solennels, mais le cœur n’y est pas vraiment. Du reste, plutôt que d’exprimer des souhaits, peut-être devrions-nous davantage afficher nos volontés. Le conseil vaut pour nos gouvernants…

St-Quentin Mag, le 7 janvier 2016

Joyeuses fêtes à tous !

Noël approche et St-Quentin Mag a déjà sa petite idée quant au cadeau qu’il espère trouver au pied du sapin : votre fidélité ! Il faut dire que celle-ci n’a jamais défailli. Que vous soyez lecteur, diffuseur ou annonceur, chaque semaine vous nous offrez cet inestimable cadeau d’être présent au rendez-vous. Un cadeau qui n’a pas de prix, tout comme votre journal gratuit (eh oui !) qui, notez-le, fera une courte pause durant les fêtes avant de revenir frais et dispos le 7 janvier prochain. On vous souhaite à tous un joyeux Noël et une très belle année 2016 pleine de bienveillance, de sourires et d’espoir…

St-Quentin Mag, le 22 décembre 2015

 

Le plafond de verre est fêlé

La gauche a perdu ses bijoux de famille, le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, la région PACA et pire encore l’Ile-de-France. Des régions qu’elle tenait depuis belle lurette. Une déroute à relativiser toutefois, puisqu’elle en conserve cinq au mépris de son incapacité à combattre le chômage, à stopper la hausse des impôts, l’augmentation de la dette, des déficits, l’arrivée des migrants… Allez comprendre ! A droite, Sarko qui se voulait rempart face au FN a lui aussi été terrassé. Pas de vague bleue, et il n’est pour rien dans les victoires de Bertrand ou Estrosi. Il a même soufflé sur les braises. Au soir du second tour, au lieu de méditer sur son échec, il a préféré aller trôner dans la loge d’un prince qatari pour supporter le PSG – lamentable ! – avant de virer le lendemain NKM, coupable d’un crime de lèse-majesté, émettre un avis contraire au sien face au FN. Messieurs, on vous a trop vus, la France compte près de 6 millions de chômeurs, 8 millions de mal-logés, 10 millions de pauvres… Barrez-vous avant qu’il ne soit trop tard ! Le plafond de verre est fêlé.

St-Quentin Mag, le 17 décembre 2015

L’heure est grave

Comme aux élections Européennes l’an passé, puis Départementales en début d’année, le FN est sorti dimanche dernier en tête du 1er tour des Régionales. Un score triplé par rapport aux élections régionales de 2010, du jamais vu ! Un résultat qui a scellé la déroute des socialistes, leur 5e défaite depuis 2012, mais aussi l’échec de Sarkozy qui, à force de  jouer avec l’extrême-droite, l’a banalisée. Une folie. Mais ce résultat est aussi la conséquence d’une impuissance publique face au chômage, l’insécurité, le problème des migrants… et à l’absence d’un vrai projet européen. La politique politicienne, politicarde et ses magouilles a aujourd’hui atteint un point de non retour. Pour espérer stopper cette spirale vers le chaos, il faudra au second tour rassembler les abstentionnistes, les déçus de la gauche et de la droite autour d’un adversaire commun : le FN. En cas de victoire des Républicains, il ne faudra pas, comme lors de la présidentielle de 2002, avoir la mémoire courte, mais inventer une République plus humaniste, plus égalitaire, plus solidaire et porteuse d’espoir. L’heure est grave…

St-Quentin Mag, le 10 décembre 2015

COP 21 ou COM 21 ?

Après avoir joué les chefs de guerre, Hollande s’est transcendé en sauveur de la planète avec la COP 21. Près de 150 chefs d’Etat, plus de 40 000 invités. L’objectif, parvenir à un accord contraignant pour lutter contre le réchauffement climatique. En clair, il voudrait que l’Inde, le Brésil ou encore la Chine renoncent à se développer. On peut croire au père Noël ! Et pour cet événement, comme par miracle, il a trouvé les forces de l’ordre qu’il n’avait pas pour assurer la sécurité des Français, n’hésitant pas malgré la crise à inviter les travailleurs à rester chez eux pour que ses hôtes puissent circuler tranquillement. Il a quasi fait embastiller des écolos pacifistes, mais n’a pas vu venir des Black Blocs qui ont profané le mémorial de la place de la République. Il ne suffit pas d’envoyer le Charles-de-Gaulle au large des côtes syriennes pour se glisser dans la peau de l’homme du 18 Juin. Hollande a transformé la Cop 21 en Com 21, oubliant que la communication comme la chirurgie esthétique n’était réussie que si elle ne se voyait pas.

St-Quentin Mag, le 3 décembre 2015

L’heure du choix

Hollande joue les VRP et parcourt le monde pour appeler à l’unité contre l’Etat islamique. En chef de guerre, il invite les puissants à être solidaires avec la France des Lumières et des droits de l’Homme, dont il n’a pas su assurer la sécurité face à des terroriste français et belges. Il va de New York aux pays du Golf en passant par Londres, Berlin et même Moscou où il va devoir faire allégeance et baiser les babouches du tsar pour espérer faire oublier sa lamentable attitude avant de retourner sa veste. Mais alors que la coalition semblait prendre forme, en Turquie, Erdogan a plombé la donne. Après avoir déjà bombardé les Kurdes, il abat un avion russe qu’il accuse d’avoir violé son espace aérien. A quel jeu joue donc ce frère musulman qui laisse passer sur son sol les convois de pétrole vendus  par l’Etat islamique dont il est le premier bénéficiaire ? Français, Américains vont vite devoir choisir entre la Turquie, membre de l’Otan, et les Kurdes, seuls combattants au sol à mettre Daech en difficulté. L’heure du choix est arrivée…

St-Quentin Mag, le 26 novembre 2015

Nos amis sont nos ennemis

Paris a vécu le quotidien de Beyrouth, Bagdad, Jérusalem… Des atrocités commises par des kamikazes fous.  Hollande a mangé son chapeau et reconnu que nous étions en guerre contre l’Etat islamique. Et pour espérer gagner cette guerre, le président a admis qu’il faudrait en passer par Poutine et Bachar el-Assad. Remarquez, on s’est bien allié avec Staline pour battre Hitler… Bref, que de temps perdu ! Impossible d’anéantir ceux qui veulent imposer un califat à la Terre entière sans une coalition des plus grands. Mais celle-ci impliquera à un moment de ne plus se voiler la face. Car au prétexte  qu’ils nous achètent avions, centrales, palaces, clubs de foot, châteaux et autres… nos dirigeants feignent d’ignorer que nos « amis » d’Arabie Saoudite, des Emirats, du Qatar… financent ces intégristes fous. Il faut passer des déclarations d’intention aux actes. Tous les terroristes sont musulmans certes, mais tous les musulmans ne sont pas terroristes.   Pour éviter des amalgames dangereux, il faudra que par peur, ces derniers se ne réfugient plus dans l’omerta…

St-Quentin Mag, le 19 novembre 2015

Bienvenue au Petit Mag 02 !

Pourquoi payer pour s’informer ? Pour beaucoup, la question ne se pose même plus ! Lancé en avril 2014, St-Quentin Mag a depuis su trouver sa place dans le paysage de la presse locale. Un petit journal 100 % infos, 100 % gratuit : le pari pouvait sembler osé. Mais il s’est révélé gagnant ! à tel point que St-Quentin Mag a décidé d’avoir un petit frère. Après de longs mois de gestation, sa naissance est annoncée pour ce vendredi 30 octobre 2015.
Son nom ? Le Petit Mag 02. Un tout nouveau journal qui, deux fois par mois, sera diffusé dans les secteurs de Chauny, Tergnier et La Fère. Témoin privilégié de l’actualité locale, Le Petit Mag 02 n’aura qu’un seul credo : informer sans ennuyer ! Une fois encore, nous espérons que les lecteurs lui réserveront le meilleur accueil. Car ce journal, c’est avant tout le leur…

La rédaction, le 29 octobre 2015

De la lumière à la bougie

La 4e conférence sociale du quinquennat a fait un flop. Après les violences à Air France, le refus d’un syndicaliste de serrer la pogne au président, la CGT a choisi la politique de la chaise vide alors qu’elle signe 60 % des plans sociaux et 85 % des accords d’entreprise. Symbole de la panne du dialogue social ! Avec seulement 8 % de syndiqués en France, peut-on parler de conférence sociale quand 92 % des salariés ne sont pas à la table des négociations ? Qu’importe, car ce rendez-vous censé préparer l’avenir s’est bien gardé d’évoquer le chômage en augmentation pour la huitième année consécutive. Dans un souci d’apaisement, nos dirigeants se sont contentés de rappeler leur attachement aux acquis sociaux, promettant une réforme du code du travail sans toucher à sa durée légale, ni au contrat, pas plus qu’au salaire minimum. Pas facile dans ces conditions de réformer quoi que ce soit. Notre président prépare désormais COP 21, la conférence sur le climat, qui pourrait elle aussi tourner au fiasco à l’instar de celle de Sarkozy sur l’Union de la Méditerranée, censée faire de la Grande Bleue un lac de paix. Faut-il s’en étonner ? Un artiste a confessé avoir la sensation d’être passé du siècle des Lumières au quinquennat de la bougie…

St-Quentin Mag, le 22 octobre 2015

Si le ridicule tuait…

à moins de 18 mois de la présidentielle, à un moment où le FN fait figure d’épouvantail notamment pour les régionales, Manuel Valls, en visite à Riyad, ne trouve pas mieux que d’inviter les Saoudiens à venir réaliser encore plus d’investissements en France. Une déclaration vécue comme une provocation par bon nombre de Français qui craignent de voir leur patrimoine tomber entre les mains des pétrodollars. Des Français outrés de surcroît par l’attitude d’un Premier ministre de gauche qui, au royaume saoudien, a fait fi des droits de l’Homme en oubliant que la justice de ce pays vient de condamner à être décapité, puis crucifié un jeune de 21 ans, « coupable » d’avoir il y a 4 ans manifesté contre ce pouvoir. Et comme si cela ne suffisait pas, la tentative de Cambadélis d’obliger la gauche à s’unir avant le 1er tour des régionales, en organisant un référendum ce week-end, tourne au fiasco. Même les élus socialistes y sont opposés. Cambadélis s’est tiré une balle dans le pied en mettant sur la place publique la faiblesse du PS à mobiliser ce qu’il lui reste d’électeurs. A droite, Sarko s’entretue avec Morano, celle qui fut pourtant son meilleur défenseur. Décidément, si le ridicule tuait…

St-Quentin Mag, le 15 octobre 2015

Air France se scratche

Comment en est-on arrivé là ? Les images des deux dirigeants d’Air France lapidés par des salariés en furie ont fait le tour du monde. Une véritable catastrophe à l’heure où le pays rame pour tenter de séduire des investisseurs étrangers. Certes, on peut comprendre que pour les employés l’annonce de la suppression de 2 900 emplois soit insupportable. Mais quand la haine, la violence contre les dirigeants émane de représentants du personnel, alors que des études ont prouvé que 60 % des salariés ont une mauvaise image des syndicats, on peut s’interroger sur leur légitimité. Valls a dénoncé un comportement de voyous, Sarko la chienlit, Mélanchon les a remerciés. La France en sort affaiblie. Déjà en difficulté aux yeux du monde, la compagnie Air France s’est véritablement scratchée.

St-Quentin Mag, le 8 octobre 2015

Si j’étais président de la République…

Alors que la communauté internationale, Poutine, Obama et Merkel compris, s’accorde désormais à reconnaître que la priorité est d’éradiquer Daech, François Hollande reste campé sur sa position « Tout sauf Bachar ». Il refuse catégoriquement tout dialogue avec le dictateur syrien pourtant incontournable pour parvenir à cette fin. A force de prendre des postures suicidaires avec une guerre de retard, voire de retourner sa veste comme pour les frappes en Syrie, notre président se retrouve esseulé, disons même effacé par le retour de Poutine qui se pose en sauveur. Et comme un malheur n’arrive  jamais seul, alors que le locataire de l’Elysée ne songe qu’à sa réélection, voilà qu’un poids lourds de la gauche sort de l’ombre. Jacques Attali, ancien conseiller de Mitterrand, vient de déclarer ne pas exclure d’être candidat « par manque de programme » à la présidentielle de 2017 ! Cinglant. Un véritable affront, un camouflé même pour Hollande qu’il accuse d’avoir été élu sans programme. Soulagé par l’élimination de DSK, le président n’a pas vu venir celui qui pourrait l’expédier aux oubliettes. Attali  va désormais pouvoir reprendre en boucle le succès de Gérard Lenorman : « Si j’étais président de la République… »

St-Quentin Mag, le 1er octobre

L’heure de vérité pour la gauche

A moins de 100 jours des Régionales, rien ne va plus à gauche. Le cauchemar de Hollande – « la dispersion, c’est la disparition » – est confirmé par les sondages mais aussi par les faits. En Nord-Pas-de-Calais-Picardie, la nomination d’Yves de Saintignon, illustre inconnu, en tête de liste PS avait déjà surpris. On se serait plutôt attendu à Martine Aubry, Patrick Kanner ou encore Frédéric Cuvillier. Lesquels, probablement conscients des conséquences d’une déculottée, ont préféré rester en retrait. Et puis, voilà que les Verts claquent  la porte à l’unité espérée. Les écolos auront leur liste. Dans le même temps, le Front de Gauche (PC et Parti de Gauche) menace de les imiter. Trois listes à gauche donc, et même peut-être quatre si LO s’y met aussi ! Pour tenter d’éviter cette Bérézina, un éminent ministre a proposé de fusionner les listes PS avec celles des Républicains au soir du premier tour. Il fallait oser, croire au père Noël et vraiment prendre les électeurs pour des c… pour proposer une telle ineptie. Ne sachant plus à quel saint se vouer, Cambadélis sonne le tocsin et appelle à l’organisation d’un référendum citoyen sur l’unité de la gauche. Une chose est sûre, si le tandem Le Pen-Bertrand est en tête au soir du premier tour, la gauche ne pourra plus fuir ses responsabilités, au risque de faire tomber la Région dans l’escarcelle du FN. L’heure de vérité est proche…

St-Quentin Mag, le 24 septembre 2015

Allez les Bleus !

Plutôt basket ou rugby ? Les deux mon capitaine ! Faut dire que les amateurs de sport sont royalement servis ces temps-ci avec l’Euro Basket et le Mondial de rugby qui se chevauchent. Deux compétitions d’envergure avec leur palanquée de stars et de maillots, leur foisonnement d’hymnes et de drapeaux, leurs éclats de voix et de bonheur. Bien sûr, certains mauvais coucheurs, soucieux de préserver l’intégrité de leur canapé, estimeront que cette orgie sportive forcément dévoyée, rongée jusqu’à l’os par l’argent, le dopage et la corruption, n’est finalement destinée qu’à hypnotiser les foules. Panem et circenses… La recette est vieille comme le monde. Mais quand on a déjà le pain, les jeux sont-ils le complément indispensable pour oublier sa condition d’esclave docile ?
Non, mille fois non. Pour notre part, pas question de bouder notre plaisir ! Derrière les Bleus, nous serons fidèles au poste, avec l’envie d’en prendre plein le cœur et plein les yeux…

St-Quentin Mag, le 17 septembre 2015

NB : dans notre édition papier, l’auteur de cet édito, d’une étourderie sans nom, a évoqué deux coupes du monde alors que le basket dispute un championnat d’Europe. Sa punition ? Du goudron et des plumes. Non mais !

Paroles, paroles…

Pas de grandes annonces de François Hollande lors de sa conférence de presse, la 6e depuis son arrivée à l’Elysée. A trois mois des Régionales, à dix-neuf mois de la présidentielle, confronté à une contestation sans pareille de la gauche de la gauche, des Verts, des frondeurs… sans compter ceux qui voudraient lui imposer une primaire, sentant le vent du boulet se profiler et ne sachant plus à quel saint se vouer, le chef de l’Etat – que les sondages annoncent éliminé au premier tour –
confesse son désarroi : « La dispersion c’est la disparition ». Une confession digne de La Palice ! Rien sur la réforme du code du travail, les 35 heures, la fiscalité… Une nouvelle fois, il a tenté de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Il promet ainsi une baisse d’impôts de 2 milliards financée par des économies supplémentaires !
Où ? Mystère. Notre président feint d’ignorer qu’à ce rythme, près de 6 Français sur 10 ne paieront plus l’impôt à la fin de son quinquennat. Et dans ces conditions, à moins d’être Harry Potter, difficile de limiter le déficit et de commencer le désendettement du pays sans matraquer les payeurs. Mais bon, c’est bien connu, les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent…

St-Quentin Mag, le 10 septembre 2015

La rose et les épines

Les socialistes ont dernièrement vécu un week-end difficile. Leur volonté d’afficher l’espoir et l’unité a volé en éclats. Macron a mis le feu aux poudres. Invité à l’université d’été du Medef, celui-ci a confessé que si la gauche avait cru que la France pourrait aller mieux en travaillant moins, elle s’était mise le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Un aveu qui a valu à Valls d’être conspué à La Rochelle par des militants qui réclamaient la tête de l’ancien banquier de chez Rothschild. Et comme si cela ne suffisait pas à un PS en proie à de graves turbulences, Juppé vient chasser dans son électorat de prédilection. Aux enseignants qui avaient voté Hollande à 43 % en 2012,  mais qui ne sont plus que 21 % à lui accorder leur confiance, il promet 10 % d’augmentation. Une promesse jugée irréalisable par Najat Vallaud-Belkacem. On est loin du temps où cet électorat était une priorité du candidat Hollande. Moins de deux ans avant la fin du mandat présidentiel, la contestation fait tache d’huile au PS.

St-Quentin Mag, le 3 septembre 2015

Lamentable !

Comme si au retour des vacances l’arrivée des  feuilles d’impôt dans les boîtes aux lettres ne suffisait pas à plomber le moral, les mauvaises nouvelles s’accumulent. Hollande et Merkel ne savent plus à quel saint se vouer pour faire face à l’arrivée massive de migrants. La Chine fait trembler les places financières, faisant planer l’ombre d’un krach boursier mondial. Chez les Le Pen, c’est je t’aime moi non plus. Et cerise sur le gâteau, un carnage vient d’être évité dans le Thalys. Trop c’est trop ! Depuis 2012, après les bains de sang de Mohammed Merah, Medhi Nemmouche, Amedy Coulibaly, les frères Kouachi, Sid Ahmed Ghlam, Yassin Salhi,  et la semaine dernière Ayoub El-Khazzani, tous fichés, la logique aurait voulu que nos politiques parlent d’une seule voix. Que nenni. Les fouilles préventives aléatoires sont jugées discriminatoires par certains. Le ministre qui les avait prônées a rétropédalé. Les djihadistes sont connus mais laissés libres. On marche sur la tête. La-men-ta-ble !

St-Quentin Mag, le 27 août 2015

Vive la France !

Le miracle attendu n’a pas eu lieu. Les chiffres sont tombés : en juin, 1 300 chômeurs de plus. Des chiffres à prendre avec des pincettes puisque selon les économistes, sans le traficotage de l’Insee pour le calcul, ce serait 11 300 miséreux de plus. Faute d’inverser la courbe du chômage, on manipule les catégories de sans emploi. Ceux qui sont en formation, en contrat d’insertion, en service civique… ne sont plus considérés comme chômeurs.  Sans compter ceux qui n’ont qu’un petit boulot de quelques heures. Bref, en tout, ce sont 5,7 millions de malheureux, chômeurs et précaires. Une situation qui s’aggrave en France alors qu’elle s’améliore dans le reste de l’Europe. Chercher l’erreur ! Valls a prévenu, il ne faut pas s’attendre à une baisse du chômage et cette année, une baisse de l’impôt n’est pas à l’ordre du jour. En 3 ans, près de 630 000 chômeurs supplémentaires se sont inscrits à Pôle Emploi. Lundi dernier, Hollande l’a confessé, il est impossible de revenir au niveau de 2012. La rentrée pourrait être chaude, encore faut-il déjà passer l’été et la colère des agriculteurs… Vive la France et bonnes vacances !

St-Quentin Mag, le 30 juillet 2015

A jouer avec le feu…

Hollande, qui espérait pouvoir bénéficier de quelques jours de répit après le « sauvetage » de la Grèce, reste toujours aussi bas dans les sondages. La colère des paysans, producteurs de fruits, lait ou viandes qui n’arrivent plus à vivre de leur travail, se répand comme une traînée de poudre et ne va pas arranger les choses. Ceux-ci, dans une misère profonde, endettés jusqu’au cou, au bord du suicide pour certains, sont confrontés à une concurrence non pas du bout du monde mais d’Allemagne pour les producteurs de porcs et d’Espagne pour les fruits. Hollande leur a annoncé un plan d’urgence et en même temps réaffirmé sa volonté d’instaurer plus d’Europe, source de leur malheur. Tout et son contraire. Alors que la courbe du chômage ne montre pas le moindre signe de renversement de tendance, il appelle ceux qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts à acheter plus cher mais français ! Le président joue un drôle de jeu en déroulant un tapis rouge à Marine Le Pen, pariant que face à elle au second tour en 2017, il sera réélu dans un fauteuil. Mais à trop jouer avec le feu, on finit toujours par se brûler.

St-Quentin Mag, le 23 juillet 2015

Les promesses n’engagent…

Réveil douloureux pour la Grèce. Celui qui avait promis de raser gratis va finalement tondre son peuple jusqu’à l’os. Les 61 % de Grecs qui, à son appel, avaient dit « non » au diktat de Bruxelles se sont réveillés avec la gueule de bois, humiliés. Une fois encore, le desiderata du peuple est bafoué avec la bénédiction de la France et ce, au nom de la solidarité. Dans la foulée, Hollande espère faire fructifier ce « succès » auprès des Français. Les Européens vont une nouvelle fois prêter de l’argent à une Grèce sous tutelle et contrainte à l’austérité, pour qu’elle rembourse les échéances qu’elle leur doit ! Mais à l’arrivée, l’Europe est sortie de cette crise fragilisée, déstabilisée, déchirée, faisant le lit des nationalistes populistes. Et si la dette grecque est étalée dans le temps, cela ne sera pas sans effet sur le déficit des créanciers, dont la France. L’avenir de la Grèce dans la zone Euro reste sans garantie. D’accord, Tsipras a pris des engagements. Mais c’est bien connu, les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

St-Quentin Mag, le 16 juillet 2015

Talon d’Achille

La Grèce, berceau de la civilisation et de la démocratie, a fait le 5 juillet un magistral pied de nez aux « banksters » européens, refusant une nouvelle cure d’austérité. Un mal à relativiser toutefois, après les hausses de ses retraites, des salaires de ses fonctionnaires… + 124 % avec l’argent d’une Europe qui s’obstinait à fermer les yeux sur les comptes trafiqués qui lui étaient présentés. Aujourd’hui au bord du gouffre, la Grèce va-t-elle quitter l’Euro et entraîner le Vieux Continent dans une catastrophe incommensurable ? Mystère et boule de gomme. Même Madame Irma ne voit plus rien dans sa boule de cristal… Quoi qu’il en soit, Aléxis Tsípras fait le jeu des extrémistes. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont acclamé sa victoire. Et sans fierté ni complexe, celui qui règne sur la terre de Socrate et Platon fait désormais les yeux doux à Poutine. Recherchant une solidarité orthodoxe peut-être. Une situation résultant d’un manque de courage à conduire des réformes et réduire ses dépenses. Suivez mon regard… Une chose est sûre, la Grèce est devenue le talon d’Achille d’une Europe plus que jamais fragilisée.

St-Quentin Mag, le 9 juillet 2015

Vive les vacances ?

Alors que la plupart des Français n’aspirent plus qu’à une chose, le farniente et les doigts de pied en éventail sur le sable chaud, l’actualité vient contrarier leurs espoirs. De quoi leur pourrir les vacances tant attendues. Entre un massacre en Tunisie, une décapitation à Saint-Quentin-Fallavier, la mort du dernier ministre à la Raimu, Charles Pasqua, et les incertitudes de la crise grecque, un pas en avant, deux en arrière, 312 milliards de dette, dont 42 à la France… rien ne va plus ! Pendant ce temps-là, comme si cela ne suffisait pas, l’Insee enfonce le clou en nous annonçant que l’endettement de la France s’accélère ! 50 milliards de plus sur les 3 derniers mois, pour atteindre les 2 089 milliards €. Un montant qui pourrait faire passer les Grecs pour des enfants de chœur. Et cerise sur le gâteau, celui qui n’a pas réussi à inverser la courbe du chômage  voudrait nous faire croire que nous ne risquons rien.  Et merde, trop c’est trop. Vive les vacances !

St-Quentin Mag, le 2 juillet 2015

« Je veux les Jeux »

Ils étaient tous là, de Marie-Jo Pérec à Laure Manaudou en passant par Laura Flessel et Teddy Riner, pour applaudir et supporter la candidature officielle de Paris pour les JO de 2024. Un siècle après les jeux de la VIIIe Olympiades, à Paris en 1924, la France veut de nouveau y croire, tirant un trait sur ses échecs retentissants de 2008 et 2012. Hélas, déjà certaines fausses notes se font entendre. Alors que Droite et Gauche et même le FN sont, en cette période de vaches maigres, favorables à cette organisation, qui coûtera pourtant quelque 6 milliards d’euros, Jean-Luc Mélenchon et les écolos s’y opposent déjà avec virulence. Ceux qui espéraient l’unité nationale autour ce challenge sportif et économique en sont pour leurs frais. Et nul doute que la polémique va faire rage et entrer dans le débat politique jusqu’en 2017 et la proclamation de la ville sélectionnée. Que voulez-vous, la France reste la France, imprévisible et parfois incompréhensible. Coubertin doit se retourner dans sa tombe.

St-Quentin Mag, le 25 juin 2015

Le « Che » ressuscité

Personne ne l’a vu venir. Et pourtant, à 76 ans, celui qui à la présidentielle de 2002 avait fait un moment illusion pourrait bien venir jouer les trouble-fête. Décidément, le poids des années ne semble pas avoir d’emprise sur les épaules ou tout au moins le caractère et les ambitions de Jean-Pierre Chevènement. Celui qui avait clamé haut et fort « Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne » a remis ça. Après avoir quitté le gouvernement en 1983, 1991 puis en 2000, le « Che » a réitéré en quittant cette fois le parti qu’il avait fondé en 2003, le MRC (Mouvement Républicain et Citoyen), affaiblissant la gauche encore un peu plus. Mais à y regarder de plus près, on s’aperçoit qu’il avait cosigné il y a peu une tribune contre la réforme du collège avec François Bayrou et Luc Ferry, deux anciens ministres de droite. L’ancien élu du territoire de Belfort voudrait se présenter en homme du consensus, renvoyant Juppé et Fillon à leurs études, qu’il ne s’y prendrait pas autrement. D’ailleurs, le « Che » est aujourd’hui l’objet de nombreuses attentions. A la ramasse, Nicolas Dupont-Aignan lui déroule le tapis rouge et le frontiste Florian Philippot, qui aime rappeler qu’il avait été autrefois chevènementiste, rêve de l’accueillir au Rassemblement bleu Marine. Le clivage gauche-droite ne correspond plus à l’actualité, affirme celui qui paraphrase déjà le général de Gaulle, en parlant « d’Europe européenne ». Imprévisible Ché…

St-Quentin Mag, le 18 juin 2015

Un éternel recommencement

A droite comme à gauche, les week-ends se suivent et se ressemblent. Ainsi à Poitiers, au congrès du PS, l’image espérée d’une famille unie et rassemblée a vite volé en éclats. Jean-Marie Le Guen, fervent soutien de Hollande pour 2017, s’est fait copieusement siffler. Il faut reconnaître qu’il n’y était pas allé avec le dos de la cuillère, affirmant que Jaurès aurait voté la loi Macron ! Les frondeurs poursuivent leur résistance, Martine Aubry a boudé le discours de clôture, l’aile gauche ne désarme pas… Mais c’est incontestablement Montebourg qui a volé la vedette en publiant un brûlot contre le gouvernement, affirmant « hébétés, nous marchons vers le désastre ». L’ancien ministre oublie qu’il a largement contribué à cette situation. L’histoire est un éternel recommencement. Le mois dernier, Sarko se faisait allumer par la gauche pour s’être rendu au Havre en jet privé aux frais de son parti. Cette semaine, c’est Valls qui est raillé par la droite pour avoir fait affréter un avion aux frais des contribuables pour assister à Berlin à la finale de la Ligue des champions. Dimanche après-midi, il était à Roland-Garros. Ah ! La belle vie… Un spectacle pas forcément distrayant pour ceux qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts.

St-Quentin Mag, le 11 juin 2015

Hollande – Sarkozy : le duo perdant ?

Le chômage bat un nouveau record avec 26 200 sans emploi de plus qu’en mai. Une hausse de 0,7 % en un mois, 5,1 % en un an. Pas question pour autant d’affoler nos ministres. Ils appellent à relativiser et faire preuve de patience. Nos politiques, à l’instar de leurs chefs respectifs, Hollande et Sarkozy, sont déjà dans la bataille de 2017. L’un et l’autre, sûrs d’être les meilleurs et attendus comme le messie, se voient déjà vainqueurs. Déni de réalité, chacun refuse d’admettre l’évidence : 77 % des Français ne souhaitent pas que Hollande soit candidat à un nouveau mandat ; ils sont 72 % dans le même cas pour Sarkozy. D’où sans doute la défection des militants : moins de la moitié des socialistes ont participé au vote des motions pour le prochain congrès, tandis que pour le lancement des Républicains, La Villette était à moitié vide. Les Français ne veulent pas d’un remake de 2012 et semblent décidés à distribuer des coups de pied au cul. Il faudra bien qu’un homme providentiel arrive, faute de quoi, à l’instar de la Grèce ou de l’Espagne, des indignés pourraient jouer les trouble-fête.

St-Quentin Mag, le 4 juin 2015

Agnès Saal : c’est du propre !

Ce dimanche, c’est la fête des mères. Un câlin, une rose, un bijou, un dessin… Peu importe le cadeau pourvu que l’amour soit là ! Et s’il en est un qui ne manquera pas de célébrer sa maman, c’est bien le fils d’Agnès Saal. Qui ça ? Mais si, souvenez-vous, l’ex-présidente de l’INA, contrainte de démissionner le 28 avril dernier en raison de frais de taxi astronomiques (40 000 € en dix mois, dont une grande partie pour son fiston). Depuis, on aurait pu imaginer que l’intéressée allait pointer au chômage en rasant les murs de Pôle emploi. Naïfs que nous sommes ! En fait, Agnès Saal a tout bonnement été recasée au ministère de la Culture, où elle occupe désormais un poste jusqu’alors inédit : chargée de mission sur les questions de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Compétences de qui ? Des chauffeurs de taxi ? Bref, un placard doré pour cette administratrice civile qui n’a jamais cessé de percevoir son salaire et qui profite de la règle de « l’emploi à vie » réservée aux hauts fonctionnaires de la République. Paraît que le président n’aurait guère apprécié. Mais a-t-il seulement le pouvoir ou la volonté de modifier les règles du royaume des nantis ?

St-Quentin Mag, le 28 mai 2015

Bouffons & têtes de l’art

Fêtes du Bouffon oblige, impossible cette semaine de ne pas jeter un regard amusé du côté de la Croisette qui, le temps d’une quinzaine, devient le théâtre d’une vaste farce. Ces derniers jours, c’est la rumeur qui a décroché le pompon en évoquant une prétendue interdiction des talons plats pour la montée des marches. Horreur, malheur !
La rumeur a pris une telle ampleur que le boss du festival a dû se fendre d’un communiqué pour la démentir. Au passage, rappelons que c’est ce même Thierry Frémaux qui voulait interdire les selfies sur tapis rouge. Motif : « Ces horribles selfies provoquent une désorganisation formidable ». Inutile de dire qu’une vedette est par nature nombriliste et que le selfie ne s’est jamais aussi bien porté qu’à Cannes. S’il en est une qui aurait pu le regretter, c’est peut-être Sophie Marceau qui, après un sein en 2006, a cette fois-ci dévoilé sa culotte en pleine foule. Oups ! Une aubaine pour tous ceux qui n’ont pas manqué de dégainer le portable. Professionnels ou non, les photographes sont partout. Sans parler des mauvaises langues qui n’ont pas manqué d’assister à la mésaventure de Julie Gayet. Celle-ci a beau avoir ses entrées à l’Elysée, elle s’est tout de même fait refouler à l’entrée d’une soirée people. Le physionomiste doit encore s’en mordre les doigts. Bouffon, va !

St-Quentin Mag, le 21 mai 2015

Un cautère sur une jambe de bois

Bernard Cazeneuve a cédé aux incantations et aux sarcasmes de Chantal Perrichon et des membres du Conseil national de la sécurité routière. Dès cet été, la vitesse sera ramenée de 90 à 80 km/h. Une limitation appliquée sur trois segments de route, soit 81 km sur les 950 000 km de voies que compte l’Hexagone. Une peccadille ! Officiellement hostile à cette mesure, le ministre a finalement mangé son chapeau. Un sondage a pourtant montré que 80 % des Français étaient opposés à ces nouvelles limitations. Non pas qu’ils ne soient pas d’accord pour sauver des vies, mais au nom d’un raz-le-bol d’obligations répétées. Et puis, rappelez-vous, les premières limitations de vitesse sur autoroute ont été mises en place en 1973, lors du choc pétrolier, dans l’objectif de réduire la consommation de carburant. C’était pour un an, elles sont toujours en vigueur. Chez nos voisins d’outre-Rhin, où la vitesse n’est pas limitée sur une grande partie des autoroutes, le nombre de tués est moins élevé. Pas sûr donc que cette mesure soit suffisante pour passer sous la barre des 2 000 morts pas an en France…

St-Quentin Mag, le 13 mai 2015

Plan social au FN

Alors que le traditionnel 1er mai aurait dû être un jour de gloire pour le FN, le défilé a tourné au fiasco. Un coup d’arrêt à la dédiabolisation, à la recherche d’un visage social pour séduire le peuple ouvrier. Les déclarations tapageuses, inadmissibles et répétées du menhir breton ont non seulement agacé mais sa montée sur l’estrade alors qu’il n’y était pas invité a fait déborder le vase. D’autant que Jean-Marie Le Pen a été ovationné par les nostalgiques qui réfutent le politiquement correct aujourd’hui en vigueur au Front national. Qu’importe, la fille a fini par tuer le père. Il est suspendu provisoirement, en attendant mieux. Un conflit père-fille non pas sur la ligne idéologique qui reste la même (immigration zéro, préférence nationale, etc) mais sur la méthodologie. Car rompre avec le canal historique du parti risquerait de causer un préjudice impossible à surmonter pour 2017. N’empêche qu’avec ce parricide, le FN qui, depuis des lustres, prônait la haine se l’applique à lui-même. S’en remettra-t-il ? Pas sûr. Désavoué, bafoué, humilié, l’ancien légionnaire qui rêvait de mourir sur scène n’a plus rien à perdre et pourrait, du même coup, tenter le tout pour le tout pour faire exploser son ex-parti.

St-Quentin Mag, le 6 mai 2015

Chômage : quelle hypocrisie !

A la veille du troisième anniversaire de l’arrivée de François Hollande à l’Elysée, les chiffres du chômage sont tombés. 15 400 chômeurs de plus en mars, soit une hausse de 6 % en un an. Reste à comprendre pourquoi celui qui avait promis d’inverser la courbe du chômage avant la fin 2013 refuse de voir la réalité en face, laquelle pourtant crève les yeux et empêche nos entreprises d’embaucher. Pour un salaire annuel net de 31 500 €, le coût est de 58 000 € pour un employeur français alors qu’il n’est que de 48 000€ outre-Rhin. 10 000 € d’écart, le prix de notre modèle social. Les entreprises allemandes paient 90 milliards d’impôts en moins que les nôtres ! Eh oui, le coût des dépenses sociales est de 624 milliards en France pour 66 millions d’âmes, contre 745 milliards en Allemagne pour 82 millions d’habitants. A population égale, nous payons donc 33 milliards de plus que nos voisins teutons. Pas étonnant si l’Unédic, organisme chargé de la gestion du chômage, prévoit 140 000 nouveaux demandeurs d’emploi cette année. Avec plus de 5,5 millions de chômeurs toutes catégories confondues, 586 000 de plus depuis son arrivée, celui qui voulait être jugé sur ses résultats risque d’être servi.

St-Quentin Mag, le 29 avril 2015

L’Europe au pied du mur

La Grande Bleue qui fait tant rêver à l’approche des vacances estivales est en train de se transformer en cimetière. Pas moins de 800 migrants ont péri lors du dernier naufrage d’un chalutier pourri, dont les affréteurs, des passeurs-trafiquants sans scrupules, leur avaient vendu l’espoir de rallier « l’eldorado » européen. Des hommes, des femmes et des enfants pris à la gorge, contraints à fuir la guerre, la misère, la dictature politique ou religieuse… Un mouvement qui semble inexorable et prend une ampleur inquiétante. Pensez donc, 58 000 arrivées par la Méditerranée en 2011, pour 1 500 morts, 350 000 l’an dernier pour près de 3 500 disparus. Depuis le début de l’année, plus de 1 750 migrants auraient déjà péri, pour la plupart partis des côtes libyennes pour l’Italie. Sans exception, le monde s’indigne et en appelle à l’Europe pour trouver une solution. Celle-ci existe-t-elle à l’heure où nos dirigeants sont unanimes à dire que le Vieux Contient n’est plus en mesure d’accueillir toute la misère du monde et qu’il faut renforcer la lutte contre l’immigration sauvage ? La solution semble devoir passer par une intervention militaire en Libye qui mettrait fin au chaos consécutif à la chute de Kadhafi. Pire qu’avec la crise grecque, l’Europe pourrait bien jouer son avenir avec ce drame.

St-Quentin Mag, le 23 avril 2015

Qui veut gagner 1 million ?

Vous avez vu ? Michel Polnareff réclame 1 million d’euros à Cetelem pour atteinte au droit de l’image et à la dignité ! L’ex-star des sixties s’estime en effet ridiculisé par la pub qui utilise son double à l’écran. Un vague sosie qui, avouons-le, s’est tout juste contenté de se mettre un balai à franges sur la tête. Tu t’es vu quand t’abuses ? Voyons Michel, c’est plutôt à ton coiffeur que tu devrais réclamer des millions. Les bouclettes, ça fait bien 30 ans que c’est passé de mode, non ? Reste à savoir si cette « affaire » ne va pas prendre une autre dimension. Le Syndicat national des gazons parfaits, l’Association des mains vertes mais aussi la Fédération des pelouses interdites seraient ainsi sur le point d’unir leurs forces pour attaquer la célèbre mascotte de Cetelem. Paraît même que la Société de protection des petits hommes verts serait sur le coup. On entend d’ici le soupir d’agacement de dame Justice…

St-Quentin Mag, le 16 avril 2015

Allez Messieurs, un peu de courage !

Chaque année à la même période, syndicats, parents d’élèves et municipalités se livrent à un bras de fer avec  l’Education nationale. La cause : la publication par cette dernière de son projet de carte scolaire pour la prochaine rentrée. Pas moins de 52 fermetures de classes sont prévues dans le département pour 31 ouvertures, soit 21 classes en moins. Bon, c’est vrai, chacun reconnaît aujourd’hui qu’il faut faire des économies. La dépense publique est passée en 5 ans de 52 à 56 %. Et si la France alignait ses emplois publics en équivalent temps plein sur la moyenne européenne, soit 92 pour 1 000 habitants, il faudrait supprimer 70 000 postes ! On reviendrait alors au nombre d’emplois publics que l’on avait en 2000, économisant ainsi pas moins de 18,3 milliards d’euros chaque année.  Mais fermer des classes à l’heure où l’échec scolaire est synonyme de marginalité pour ceux qui en sont victimes, est-ce bien raisonnable ? Surtout quand on revendique haut et fort vouloir mettre un terme à cette discrimination. En y regardant de plus près, on découvre qu’un rapport parlementaire évalue à 32 000 le nombre de professeurs sans affectation, sans classe et sans activité pédagogique, mais payés intégralement à occuper des postes administratifs ou des fonctions syndicales… Tout a une fin. Il faudra bien un jour que nos décideurs aient un peu de courage.

St-Quentin Mag, le 9 avril 2015

1 bougie, 1 000 mercis !

Un an déjà… Le 4 avril 2014, le tout premier numéro de St-Quentin Mag voyait le jour. Un baptême du feu sans filet ni harnais qui marqua le début d’une grande et belle aventure. Un défi inédit à Saint-Quentin où nul journal gratuit, traitant exclusivement de l’information locale, n’avait jusqu’alors été lancé. Un pari gagnant puisque très vite, grâce à l’accueil incroyablement chaleureux de ses lecteurs, St-Quentin Mag a non seulement trouvé son équilibre mais aussi son rythme de croisière. Alors bien sûr, sans grande surprise, de curieuses estocades auront tenté de nous faire trébucher. En vain… Non seulement nous sommes restés debout mais c’est avec sérénité que nous envisageons l’avenir. Du reste, pas question pour l’équipe de St-Quentin Mag de se contenter d’attendre le ballon. Ces deux derniers mois, de nombreux changements sont intervenus pour mieux vous satisfaire : refonte du site Internet, création d’applications pour I-Phone et Androïd, nouvelle impression du journal (cette fois en Picardie)… Cette première bougie, c’est sans tambour ni trompette et donc en toute modestie que nous allons la souffler. Nos remerciements, nous les adressons naturellement à vous, lecteurs, qui nous témoignez chaque semaine votre soutien et votre sympathie, mais aussi à tous les annonceurs et diffuseurs qui sont à nos côtés depuis le début de l’aventure. Nos mercis s’adressent également à ceux qui nous apportent leur généreuse contribution. Citons ainsi Emmanuel Mousset, André Demoor, Jean-Guy Pellis ou encore Elie Delval… Merci à tous ! Pour finir, n’oubliez jamais que l’information de qualité n’a pas de prix. Après avoir diffusé gratuitement plus d’un million d’exemplaires en un an, nous pensons l’avoir amplement démontré.

St-Quentin Mag, le 2 avril 2015

Déculottée, alliances et faiseur de roi

Tout le monde, vainqueurs ou vaincus, est content, c’est le rituel consternant des soirs et lendemains de scrutin. Tous refusent la réalité. Manuel Valls feint d’être heureux pour clamer haut et fort avoir évité une Bérézina au PS en se déchaînant contre le Front National, et s’en prend à tous ceux qui ont refusé de lui faire allégeance. Pas une tête ne doit sortir du rang. Il « oublie » que cette déculottée provoquée par « Sa » politique risque de faire perdre au PS la moitié des départements qu’il détenait. Sarko, de son côté, s’approprie la victoire et revendique avoir été le sauveur d’une UMP en déroute, oubliant que cette victoire certes incontestable n’a été acquise qu’au prix d’alliances contre nature. En l’occurrence avec des gens qui, en 2012, avaient appelé à voter Hollande. C’est dire si ces alliances ne dureront pas. Marine Le Pen, quant à elle, ne revendique plus être le premier parti de France mais souligne l’écrasante progression du FN qui ne comptait qu’un seul sortant et se voit déjà en 2017. Une chose est sûre, si le FN ne prend pas le Département, il va se retrouver en faiseur de roi pour l’élection du président. Souvenez-vous de la mésaventure de Charles Baur en 1998. L’histoire est un éternel recommencement.

St-Quentin Mag, le 26 mars 2015

Votre journal imprimé en Picardie

Bonne nouvelle : St-Quentin Mag est désormais le seul journal d’information diffusé dans le Saint-Quentinois à être imprimé en Picardie ! Près d’un an après son lancement, votre journal a en effet décidé de confier son impression au groupe IPS Picardie, dont le site de production se situe à Fouilloy, dans la Somme, soit à une soixantaine de kilomètres seulement de la cité des Pastels. Au passage, toute l’équipe de St-Quentin Mag tient à adresser ses plus vifs remerciements à Europrinter, l’imprimeur belge présent à ses côtés depuis le début de l’aventure… Alors, pourquoi ce changement ? Deux raisons ont motivé cette décision : la première relève de cette notion de « proximité » si chère à votre journal. Plus que jamais attaché à sa région, son territoire, St-Quentin Mag se devait d’être entièrement fabriqué sur ses terres. A cela s’ajoute le souci de vous apporter une nouvelle qualité d’impression. Le résultat est-il au rendez-vous ? Vous êtes seul juge… Quoi qu’il en soit, à défaut de pouvoir être remboursé puisque St-Quentin Mag est gratuit, espérons que vous serez satisfait…

St-Quentin Mag, le 19 mars 2015

Déni de réalité

Les temps changent mon brave monsieur. Finie l’époque où la venue d’un leader du FN déclenchait colère et manifestations. La semaine dernière, pour la venue de Marine Le Pen à Saint-Quentin, à peine une vingtaine de militants socialistes devant l’hôtel de ville. Son père en avait rassemblé plus d’un millier il y a quelques années ! La fille du chef a réussi la « dédiabolisation » du FN. Désormais,  les gens sont fiers de l’approcher, veulent l’embrasser, se  faire prendre en photo à ses côtés, lui demander un autographe. L’Aisne est même l’un des quatre départements avec le Var, le Vaucluse et le Pas-de-Calais susceptible de tomber dans son giron aux départementales. 24 % des Français pensent que le FN est le parti qui les comprend le mieux, devant l’UMP (19 %) et le PS (14 %) ! La conséquence d’un déni de réalité, d’un refus de voir les problèmes en face, des mensonges incessants, des promesses non tenues… Le FN est devenu le premier parti de France, le plus représenté aux départementales, présent dans 1 912 cantons, soit 95,2 % des cantons, et pourrait, si la montée du « populisme nationalisme » se poursuit, accéder un jour au pouvoir. Il est déjà peut-être trop tard pour sonner le tocsin.

St-Quentin Mag, le 12 mars 2015

50 Nuances de fessées

Messieurs les Anglais, frappez les premiers ! Rendez-vous compte : c’est sur une réclamation d’une ONG britannique, qui reproche à la France de ne pas proscrire totalement les châtiments corporels envers les enfants, que le Conseil de l’Europe a été saisi. D’aucuns estimeront avec raison que cette honorable institution a logiquement d’autres chats à fouetter mais le débat, semble-t-il très vif, interpelle les « spécialistes » et dépasse largement la sphère familiale. En clair, la question est de savoir si la fessée a valeur éducative. Comme d’habitude, le sujet devient un vaste fourre-tout où l’enfance maltraitée côtoie la simple gifle, où l’enfant-roi, forcément intouchable, fait trembler les parents. Et si le problème se situait ailleurs ? Pierre Lévy-Soussan, psychiatre de profession, est cette semaine monté au créneau pour rappeler que la France protégeait mal ses petits. Démonstration avec la loi du 5 mars 2007 censée avoir réformé la protection de l’enfance et dans laquelle le mot « maltraitance » n’apparaît pas une seule fois. A part ça ? On n’a toujours pas vu « 50 Nuances de Grey » au cinéma. C’est grave, docteur ?

St-Quentin Mag, le 5 mars 2015

Un chèque en blanc pour Marine Le Pen

Les chiffres de la croissance 2014 sont tombés,  0,3 % en rythme annualisé, 0,1 % en décembre ! Durant la même période, la zone euro est à 1,4 % et l’Allemagne à 2,8 %. Les écarts se creusent dangereusement. Pas de quoi rendre le moral aux Français. Entre l’ambition proclamée et la réalité, il y a un monde. Et l’on découvre soudain que le monde rural glisse vers le FN. Avec 525 000 exploitations disparues en 25 ans, des cours qui  s’effondrent avec des excédents transformés en déficits, un sentiment d’abandon, d’exclusion pour le haut débit, les services, la santé… Ça n’est hélas pas en allant caresser le cul des vaches au salon de l’agriculture que nos politiques vont renverser la tendance. Et l’on s’étonne que le FN caracole à 30 % dans les sondages des départementales,  devant la droite (28 %), et le PS (20 %). Fini l’effet Charlie pour Valls et Hollande, Sarko s’effondre lamentablement et, cerise sur le gâteau, Roger Cukierman, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), qualifie Marine Le Pen d’irréprochable. Bon allez, essayons de garder le moral,  paraît que l’espérance est une vertu héroïque.

St-Quentin Mag, le 26 février 2015

Un pavé dans le couscous

Alors que le dépôt des listes pour les départementales est clos, des candidatures dans huit cantons de l’Hexagone sous la bannière d’un parti créé en 1997 mais oublié depuis, l’UDMF (Union des démocrates musulmans de France), font figure d’épouvantail. Rien d’anormal dans un pays républicain laïc où l’Etat doit garantir à ses citoyens la liberté de conscience et de culte. Christine Boutin a bien son Parti chrétien-démocrate. Sauf que l’UDMF veut autoriser le voile à l’école, développer l’apprentissage de l’arabe, le halal… Autoriser un parti à caractère confessionnel, n’est-ce pas  une bombe à retardement en ces temps si particuliers ? D’autant que ce parti précise que les femmes sont autorisées à s’exprimer, circuler, aller à l’école, travailler… Des propos pour le moins inquiétant en France. Attention à ne pas importer les conflits du Moyen-Orient ! Pourtant, rappelez-vous, il n’y a pas si longtemps, gamins, nous avions tous des copains qui s’appelaient Hamed, Jacob… Un temps où les boutiques halal et casher n’existaient pas, où nous nous retrouvions chez l’épicier du coin, un temps où la politique ne s’était pas encore emparer de la religion et vice versa. Mais ça, c’était avant.

St-Quentin Mag, le 20 février 2015

Rendez-nous Navarro !

Navarro décédé, Derrick dessoudé, Maigret trépassé, Moulin à la retraite… La grande faucheuse finit toujours par remporter la mise. Mais qui va faire la police ? La question paraît plus que légitime dans ce pays où, question pognon, ça commence à sérieusement sentir le sapin. N’est-ce pas Michel ? Oui, toi, Michel Sapin, ministre de l’Economie et des Finances, dont l’incapacité à réduire les déficits vient une nouvelle fois d’être épinglée par les limiers de la cour des Comptes. D’accord, ceux-ci nous refourguent chaque année le même scénario avec, en bande-son, un signal d’alarme qui n’en finit plus de nous crever les tympans. Mais dans leur inventaire à la Prévert, où poésie rime avec gabegie, on y déniche tous les ans de nouvelles pépites. Citons pêle-mêle des aéroports inutiles, des stations de ski qui déchaussent, des sous-préfectures à dézinguer, des fonctionnaires surpayés, des agences de l’eau qui boivent la tasse… Ou comment ruiner un pays à coup de dépenses fantaisistes. Parviendra-t-on un jour à réécrire ce scénario qui tourne en boucle depuis des décennies ? Pas sûr. Autant demander à DSK de jouer les abstinents ! Et dire que ce tonton mi-flingueur, mi-bringueur a failli diriger le pays. Elle est pas belle la France ?

St-Quentin Mag, le 13 février 2015

L’UMP au bord de l’explosion

L’élimination au premier tour du candidat UMP dans la législative partielle du Doubs pour succéder à Moscovici a sonné comme une claque à Sarkozy qui se voyait en homme providentiel et rempart face au FN. L’UMP qui, depuis deux ans, avait gagné douze des treize partielles a la gueule de bois. Et les prises de position différentes pour le second tour, les partisans du « ni  PS ni  FN », ceux qui voteraient PS, ceux qui voteraient blanc,  ceux qui veulent laisser le choix aux électeurs, décrédibilisent encore un peu plus une droite au bord de l’explosion. Comment voulez-vous que le citoyen lambda comprenne que des responsables politiques soient incapables de se positionner clairement lorsqu’il s’agit d’élire un parlementaire ? Certes, l’effet Charlie a joué en faveur du candidat socialiste, mais c’est incontestablement les cafouillages de la droite qui ont conduit le FN au succès. Car une chose est sûre, les 32,6 % des électeurs qui lui ont accordé leurs voix ne sont pas des extrémistes.

St-Quentin Mag, le 6 février 2015

Le danger de l’impensable

Les chiffres du chômage son tombés, 8 100 demandeurs de plus en décembre. C’est dire qu’on frôle la barre des 3,5 millions de chômeurs. Depuis son arrivée à l’Elysée, celui qui avait promis d’inverser la courbe du chômage en enregistre près de 600 000 supplémentaires… Un terrible constat d’échec. Que dire aussi des mises en construction de logements qui se sont effondrées, moins de 300 000 l’an dernier, les plus mauvais chiffres depuis 17 ans, alors que le gouvernement en avait promis 500 000. La colère gronde : entrepreneurs, chômeurs, routiers, taxis, agriculteurs, notaires… battent le pavé. Un scénario vécu en Grèce, qui a conduit à l’impensable, l’extrême-gauche au pouvoir avec l’extrême-droite. En France, le FN, devenu le 1er parti, pourrait dimanche remporter la législative dans le Doubs en s’emparant du siège abandonné par Moscovici parti à Bruxelles, et du même coup faire perdre au PS sa majorité à l’Assemblée nationale. Lors du 70e anniversaire de la libération d’Auschwitz, en larmes, un rescapé déclarait : « Nous ne voulons pas que notre passé soit l’avenir de nos enfants ». A méditer d’urgence…

St-Quentin Mag, le 30 janvier 2015

Par quel miracle ?

Après s’être rangé aux côtés des patrons, avoir utilisé les mots « ghetto » et « guerre », poussé par une cote de popularité soudain revigorée, Manuel Valls a franchi un nouveau cap en dénonçant un « apartheid territorial, social et ethnique ». Un mot qui rappelle les pires heures des Etats-Unis et de l’Afrique du Sud. Même si des loupés sont indiscutables dans notre système d’intégration, mis en place d’ailleurs depuis belle lurette autant par la gauche que la droite, rien ne justifiait un tel vocabulaire. Notre Premier ministre joue avec le feu. Cette situation ne résulte-t-elle pas tout simplement de l’échec successif des politiques de l’emploi, de l’école et du logement qui ont conduit progressivement au communautarisme ? Au lieu de chercher midi à 14 heures, ne suffirait-il pas d’appliquer à la lettre la loi de 1905 en l’adaptant aux nouvelles religions ? Une chose est sûre, avec les annonces de Manuel Valls, l’unité nationale, déjà fissurée, va voler en éclats. A commencer par la gauche de la gauche qui va ruer dans les brancards, même si Christiane Taubira, étrangement silencieuse ces derniers jours, a donné son aval aux mesures préconisées. Et puis, où va-t-on trouver, à budget constant, l’argent nécessaire pour financer les 800 M€ de dépenses non prévues pour l’abandon de l’écotaxe, 425 M€ pour équiper les policiers, 60 M€ pour prévenir la radicalisation, sans parler de la création de 2 680 postes pour lutter contre le terrorisme… Soit à l’arrivée une ardoise de plus de 1,1 milliard ! Faut-il se mettre à croire aux miracles ?

St-Quentin Mag, le 23 janvier 2015

Courage, osons !

C’est bien connu, après chaque catastrophe le monde se serre les coudes. Dimanche dernier, la France unie a crié son refus de la barbarie. Mais combien de temps va durer cette union nationale ? Souvenez-vous en 1998, l’euphorie de la France « Black-Blanc-Beur » n’a pas fait long feu. Une chose est sûre, pour faire perdurer cette capacité à se mobiliser et éviter de nouveaux drames, des mesures doivent être prises rapidement. C’est là que les choses se compliquent. Il va falloir oser mettre des mots sur les maux, oublier la langue de bois, le politiquement correct et ne plus différer l’urgence. Bien sûr, au risque de se faire accuser d’amalgame, de stigmatisation, de discrimination. Pour certains politiques, la France est en guerre mais angéliques, ils refusent des mesures d’exception comme l’ont  fait les Américains après le 11 septembre avec le Patriot Act. Et pourtant, de 1954 à 1962, face au danger, la France, pays des libertés, avait appliqué des mesures d’urgence avec l’internement administratif. Auront-ils ce courage ?

St-Quentin Mag, le 16 janvier 2015

Barbares

Une horreur sans nom. La France, l’Europe et l’ensemble du monde libre sont aujourd’hui sous le choc. Après l’attaque armée de Charlie Hebdo, la plus meurtrière à Paris depuis la Seconde Guerre mondiale, l’émotion est à son comble. Au moins dix journalistes et deux policiers ont succombé à cette fusillade perpétrée par deux hommes qui, semble-t-il, voulaient « venger le Prophète ». Un carnage sanglant qui s’ajoute à la liste noire des agressions commises, ces dernières semaines, par des extrémistes sur le sol français. En publiant régulièrement des caricatures de Mahomet, le journal satirique Charlie Hebdo avait toujours marqué son refus de se voir muselé. Malgré les insultes, malgré les menaces… Aujourd’hui, le cœur de sa rédaction ne bat plus. Cabu, Charb, Tignous, Wolinski… Tous décimés, abattus par des lâches qui haïssent notre société, notre liberté, notre mode de vie, ce que nous sommes au plus profond de nous. La vie d’un journaliste n’est ni moins, ni plus précieuse que celle d’un autre. Mais sa mort est un symbole déchirant. En s’attaquant à un journal, c’est à notre liberté d’expression que ces barbares ont voulu s’en prendre. Jamais ! Jamais la France, jamais le monde libre ne se laissera bâillonner. Le voile sur les yeux, sur la bouche ? Très peu pour nous…

St-Quentin Mag, le 9 janvier 2015

Bonnes résolutions : c’est l’heure !

Impossible d’y couper ! Dès qu’une nouvelle année pointe le bout de son nez, l’heure est aux bonnes résolutions. Avec en toile de fond cette idée vertueuse mais un brin saugrenue d’atteindre la perfection… Un concept qui se transforme en fonds de commerce pour les instituts de sondage qui, tous les ans, s’appliquent à décrypter les bonnes résolutions des Français. Mais à quoi bon puisqu’on retrouve toujours les mêmes intentions : perdre du poids, arrêter de fumer, faire davantage de sport, manger sainement, passer plus de temps en famille… Faut-il le regretter ? Toujours est-il que ces fameuses résolutions s’évanouissent généralement aussi vite que les promesses de nos amis gouvernants. A ce propos, quelles seront les « bonnes intentions » de François Hollande pour 2015 ? Apprendre à gouverner ? Et celles de nos amis Sarko, Juppé et compagnie ? Apprendre à s’aimer ? On peut toujours rêver… Quoi qu’il en soit, bonnes fêtes de fin d’année à tous !

St-Quentin Mag, le 30 décembre 2014

Joyeuses fêtes !

Esprit de Noël, es-tu là ? Oui, mille fois oui ! Malgré la crise teintée de morosité et la grisaille qui assombrit l’horizon, espérons que chacun, quels que soient ses moyens, pourra pleinement profiter de cette parenthèse festive qui se refermera le 1er janvier prochain. Trêve des confiseurs oblige, nous éviterons pour notre part les sujets qui fâchent ! Après la Grande Parade de Noël qui a ébloui Saint-Quentin, une envie est encore présente : celle de lever les yeux vers le ciel et d’admirer les étoiles (électriques) qui illuminent les rues. Pour une fois qu’il y a de l’électricité positive dans l’air ! 2015 pointe déjà le bout de son nez et l’aventure de St-Quentin Mag se poursuit sereinement. On ne vous le dira jamais assez : merci pour votre fidélité ! Toute l’équipe de votre « petit journal » vous souhaite de passer de joyeuses fêtes…

St-Quentin Mag, le 23 décembre 2014

Retraite sans flambeaux

On nous rabâche sans arrêt que les Français, las des mauvaises nouvelles, ont le moral en berne. Alors, à l’approche de Noël, on aurait pu espérer avoir droit à un moment de répit. Mais c’était mal connaître ces énarques et autres belles têtes pensantes qui nous dirigent. La Cour des Comptes vient ainsi d’assombrir notre horizon en annonçant qu’il faudra cotiser plus longtemps pour les retraites complémentaires, soit deux années supplémentaires. L’âge de départ à la retraite reste à 62 ans, mais ceux qui ne travailleront pas jusqu’à 64 ans toucheront moins. Bref, il nous faudra travailler plus pour… gagner la même chose ! Une annonce faite sans aucun doute pour nous tester, avant de toucher une nouvelle fois à l’âge légal. La pilule sera-t-elle plus facile à avaler ? Même pas ! Quoi qu’il en soit, il aurait sans doute été plus simple de nous rappeler qu’à la sortie de la guerre, il y a près de 70 ans, l’âge de départ à la retraite était de 67 ans. Joyeux Noël !

St-Quentin Mag, le 19 décembre 2014

Nom de Dieu !

À l’heure où la France brille de mille feux, l’heure où curés, rabbins, imams… appellent à la tolérance et au vivre ensemble, des « djihadistes » de la laïcité font interdire des crèches. Petit Jésus, Marie, Joseph, Rois mages… dehors ! La crèche, qui fait partie de notre univers depuis notre plus tendre enfance, certes symbole de la naissance du Christ, mais tradition à laquelle tout le monde est attaché, chrétien ou pas, n’a plus droit de cité. Des libres-penseurs
extrémistes veulent réécrire l’Histoire, tirer un trait sur nos racines judéo-chétiennes. Mais si les confessions sont égales devant la loi, pas dans la mémoire. Avec cette absurdité, il faudrait revenir sur Pâques, le 15 août, rebaptiser les villes précédées par Saint, détruire cathédrales et églises… Un vers appelle à la méditation : « Dans ce monde en décomposition,
il faudra bien un jour que s’unisse celui qui croyait au ciel avec celui qui n’y croyait pas… »

St-Quentin Mag, le 12 décembre 2014

Une terrible tragédie

Vous l’avez constaté, votre journal n’a pas vocation à traiter les faits divers. Impossible toutefois de rester insensible au drame qui vient d’endeuiller une famille saint-quentinoise… Lundi 24 novembre, une explosion de gaz ravage une habitation de la rue Guillermin, enlevant la vie à une femme de 43 ans et blessant grièvement son mari. Par chance, leurs deux jeunes enfants étaient alors à l’école. La victime était professeur au lycée Condorcet, où elle enseignait le français depuis 18 ans. Toute l’équipe de Saint-Quentin Mag s’associe à la douleur de la famille et tient à lui présenter ses plus sincères condoléances, ainsi qu’aux proches, collègues et amis… De la tragédie au mauvais polar, il n’y a parfois qu’un pas. Saint-Quentin Mag tient également à remercier toutes celles et tous ceux qui se sont manifestés ces jours derniers pour nous apporter leur soutien. « Merci » est un mot si précieux…

St-Quentin Mag, le 28 novembre 2014

Votre journal victime d’une « Haine Nouvelle »

Qui veut la mort de votre « petit journal » ? La question se pose au regard du mauvais scénario auquel est aujourd’hui confronté St-Quentin Mag. Dans son édition du lundi 17 novembre 2014, le Courrier Picard nous livre un curieux « scoop » en relatant des faits surprenants : « Policiers, huissiers et experts en informatique ont débarqué, mercredi 12 novembre, au siège de St-Quentin Mag. (…) Les ordinateurs ont été saisis ainsi qu’un téléphone portable (…) ».

  • Voilà qui fait froid dans le dos… Mais la réalité est tout autre. Aucun policier n’a jamais mis les pieds au journal, aucun ordinateur ou téléphone portable n’a été saisi. En revanche, ces matériels informatiques ont fait l’objet d’un constat d’huissier. Pour quelle raison ? Curieusement, le quotidien d’Amiens se montre avare d’informations alors qu’il était bien placé pour livrer à ses lecteurs l’intégralité des faits. Qui donc a mis en œuvre cette procédure civile ?
    Réponse : L’Aisne Nouvelle, Picardie Matin Publicités et Cap Régies, trois sociétés qui, vous l’aurez deviné, appartiennent au même groupe de presse que le Courrier Picard. En l’occurrence, le groupe belge Rossel, en situation de monopole du Nord-Pas-de-Calais à la Champagne-Ardenne, en passant par la Picardie. Un géant des médias qui semble aujourd’hui agacé par l’existence d’un « petit journal gratuit » à Saint-Quentin…
  • Mais au fait, que nous reprochent exactement L’Aisne Nouvelle et les deux régies publicitaires ? Rassurez-vous, il s’agit ici d’un litige strictement commercial et aucune infraction pénale n’est reprochée à St-Quentin Mag. En réalité, L’Aisne Nouvelle et compagnie s’estiment victimes de « concurrence déloyale », en nous reprochant notamment de publier des avis de décès gratuitement. Et il en sera toujours ainsi !
    Non seulement l’annonce de décès relève de l’information, mais il n’est pas question que St-Quentin Mag demande le moindre centime aux familles endeuillées.
  • Depuis son lancement le 4 avril dernier, St-Quentin Mag a rencontré un formidable succès. Et ce succès, c’est à vous, lecteurs et annonceurs, que nous le devons. Vous êtes notre force, notre soutien et nous sommes plus que jamais motivés pour aller de l’avant. La semaine dernière, nous avons d’ailleurs augmenté notre tirage, passant de 20 000 à 22 000 exemplaires, afin de satisfaire l’incroyable demande des lecteurs. Victime de son succès, St-Quentin Mag refuse en revanche d’être victime de procédures qui s’attaquent à sa probité. Soyez-en sûrs, nous survivrons…

St-Quentin Mag, 21 novembre 2014

Non mais, allô quoi !

Faut-il tirer sur l’ambulance, surtout quand les airbags risquent d’exploser ? Sûrement pas ! Alors non, nous ne gloserons pas sur Nabilla qui, d’un coup de baguette tragique, est passée du conte de fées au conte défait. En revanche, on peut s’interroger sur l’ampleur de ce fait divers, somme toute banal, qui est parvenu à faire de l’ombre à l’intervention télévisée de François Hollande. Faut-il le regretter ? Toujours est-il que les réseaux sociaux imposent désormais leurs diktats aux médias, qui hiérarchisent l’information en fonction du buzz. Nabilla plus « forte » que le président en terme d’intérêt médiatique : qui s’en étonnera vraiment ? Du coup, pour rester dans la course, certains hommes politiques songent sérieusement à participer à des émissions de télé-réalité. Non mais, allô quoi ! Est-ce vraiment ainsi qu’ils espèrent redorer leur blason ?

St-Quentin Mag, 14 novembre 2014

Fort avec les faibles, faible avec les forts

Les Français souffrent, chaque jour mensonges et scandales les révoltent un peu plus. Ainsi, fier comme Artaban, le Président déclarait que Bruxelles n’avait rien reproché à son projet de budget. Quelques jours plus tard, son mensonge éclatait au grand jour, 3 milliards d’économies supplémentaires. Hélas, ses prévisions d’économies étaient aussitôt plombées par son recul face à l’écotaxe. Coût : 1 milliard et quelques centaines de chômeurs de plus. Un fiasco écologique, économique et social. Nos gouvernants sont faibles avec les forts, mais forts avec les faibles comme les retraités, dont les minces pensions sont gelées. A contrario, pour certains, crise ou pas, la vie est plutôt rose. Ainsi avec l’arrivée de  Valls, les conseillers ministériels ont vu leur salaire augmenter de plus de 7 % et leurs primes de 4,3 % ! A la CGT, c’est Thierry Lepaon qui mène grand train, avec 130 000 € de travaux dans son appartement. Les protagonistes de Bygmalion, qui juraient ne pas s’être enrichis avec Sarko, voient un hebdo démontrer le contraire. Et comme si les affaires Cahuzac, Thévenoud… ne suffisaient pas, on apprend que 60 députés ne sont pas en règle avec le fisc. Sans compter ceux qui, mis en examen ou dans l’attente de l’être, continuent à percevoir de royales indemnités. On est loin de la promesse d’une France apaisée, et face à ce Capharnaüm, les Français pourraient choisir la rébellion au détriment de la résignation.

St-Quentin Mag, 7 novembre 2014

Le paradoxe du clown

Voici une dizaine de jours, on redoutait à Saint-Quentin l’arrivée de clowns terrifiants. Et puis, le week-end dernier, ce sont des morts-vivants qui ont envahi la ville. Des zombies qui font rire, des clowns qui font pleurer… Cherchez l’erreur ! Remarquez, dans un pays où les (petits) présidents rêvent de grandeur, on n’est plus à un paradoxe près. Que dire ainsi de cet élu du FN, exclu de son parti pour s’être converti à l’islam ! Autre situation singulière, celle du député UMP Gilles Carrez, qui risque un redressement fiscal pour non paiement de l’ISF. Etonnant de la part d’un homme qui préside à l’Assemblée la commission des Finances… Faut-il en rire ou en pleurer ? Toujours est-il que Fleur Pellerin, ministre de la Culture, a eu la naïveté d’avouer sur Canal + qu’elle n’avait jamais lu un seul roman de Patrick Modiano, tout nouveau prix Nobel de littérature ! Mieux vaut tourner la page… Ces jours derniers, on a également failli se pincer devant l’attitude de Bernard Tapie, venu sur un plateau télé pour refuser de répondre aux questions de la journaliste. Ça s’appelle « l’interview silencieuse » ! Une posture tout aussi déconcertante que celle des Verts qui ont tout fait pour entrer au gouvernement sans jamais briguer le ministère de l’Environnement. Du coup, nul ne s’étonnera d’entendre les écologistes dire tout et son contraire dans le douloureux dossier du barrage de Sivens. Allez, un dernier paradoxe pour la route avec ce scoop de Ouest-France : des responsables de Pôle Emploi ont eu le culot de s’offrir un séminaire dans un Relais & Châteaux, où le prix des chambres démarre à 290 €. Il faut bien faire bosser les palaces, non ?

St-Quentin Mag, le 31 octobre 2014

La France droit dans le mur !

Le torchon brûle dans la maison France. L’épreuve du budget, qui aurait du être celle de vérité, n’est une nouvelle fois que mensonges. Avec un taux d’emprunt négatif, taux que l’on a connu qu’en temps de guerre, 2 000 milliards de dettes… la France, qui a accepté les règles de l’Europe mais ne se les applique pas, est au bord du gouffre et reste les bras croisés. Elle est ainsi le plus mauvais élève de la classe avec 4,4 % de déficit l’an dernier, pire que l’Italie ! Sa croissance de la dette, son taux de dépenses publiques restent également les plus importants d’Europe. Et pendant ce temps, Valls, Macron et Martin jouent les prestidigitateurs en annonçant une hypothèse de croissance à 1 % (que tout le monde sait fausse) et 21 Mds € d’économies. Où ? Mystère et boule de gomme !
De surcroît, pauvreté et chômage semblent promis à un bel avenir avec 3,7 Mds € en moins pour les collectivités locales, ce qui se traduira par une hausse des impôts locaux. Les mots gestion, évaluation et contrôle font trembler nos gouvernants. Conséquence, aujourd’hui le marché de la colère est en passe d’être gagné par le FN, le scrutin majoritaire à deux tours n’est plus un garde-fou. A méditer avant qu’il ne soit trop tard…

St-Quentin Mag, le 24 octobre 2014

Gratuité : on y croit !

Sidérant ! Il aura suffi que Ségolène Royal évoque la gratuité des autoroutes pour qu’elle se fasse aussitôt étriller par toute la classe politico-médiatique. Et les Français, ils en pensent quoi ? Comme d’habitude, leur avis ne vaut pas un clou. Pourtant, quand on sait que l’Autorité de la concurrence n’a de cesse de dénoncer la « rente exceptionnelle » des sociétés autoroutières, sûr que les conducteurs seraient ravis de s’épargner le coût des péages. Alors, la gratuité, un concept démago, bidon, dangereux ? Eh bien nous, on y croit ! S’informer sans payer, c’est possible avec St-Quentin Mag ! Encore merci pour votre fidélité…

St-Quentin Mag, le 17 octobre 2014

Madame la sapeuse-pompière

Ainsi donc, un député UMP vient de se faire sanctionner à l’Assemblée pour avoir appelé la présidente de séance « Madame le président » et Ségolène Royal « Madame le ministre ». Julien Aubert, élu du Vaucluse, écope au passage d’une « amende » de 1 378 €, soit le quart de son indemnité parlementaire. Un crime de lèse-majesté (majestée ?) qui vient relancer la bataille sur la féminisation des noms de métiers, titres, grades et autres fonctions qui, depuis des lustres, oppose la droite aux socialistes. Déjà, en 1999, à l’initiative de Lionel Jospin, l’Institut national de la langue française avait pondu une sorte de guide d’aide à la féminisation – « Femme, j’écris ton nom » (sic) – qui avait fait sortir la droite de ses gonds, celle-ci estimant que seule l’Académie française était habilitée à modifier les règles d’usage de notre langue, comme c’est effectivement le cas depuis 1635. Or, on le sait, nos Immortels n’ont jamais vu d’un très bon œil ce processus de féminisation. Naturellement, d’aucuns estimeront que nos députés devraient avoir d’autres chats à fouetter (nous laisserons prudemment cette expression au masculin). Quoi qu’il en soit, pour éteindre le feu de cette mini-querelle, peut-être devrions-nous faire appel à nos braves sapeuses-pompières…

St-Quentin Mag, le 10 octobre 2014

Prime et déprime

La présidence de la gauche au Sénat n’aura était qu’une parenthèse. Ses revers électoraux s’enchaînent. Après les défaites aux municipales et aux Européennes, le fameux adage « jamais deux sans trois » s’est confirmé. L’UMP a conquis la majorité sénatoriale en totalisant 145 sièges alors que le PS en perd 24 et n’en compte plus que 112. Mais le véritable séisme dans le paysage politique, c’est l’arrivée de deux sénateurs frontistes. Le FN « dédiabolisé » compte désormais dans ses rangs le plus jeune député et le plus jeune sénateur. De Gaulle doit se retourner dans sa tombe ! Les grands électeurs ne sont pas plus raisonnables que le citoyen lambda. La preuve, ils ont réélu Jean-Noël Guérini, dont le procès pour détournement de fonds publics est attendu. Et après, on s’étonne que plus d’un Français sur deux se déclare favorable à la suppression du Sénat ! De son côté, le gouvernement s’attaque désormais à la politique familiale, la prime à la naissance à partir du 2e enfant passant de 923 € à 308 €. Quant aux retraités, ils devraient voir leur contribution à la CSG passer de 3,8 % à 6 %. Et à droite ? Alors que l’on vient de franchir l’impensable (2 000 milliards € de dettes), Jupé, Fillon et Sarkozy s’étripent pour tenter d’incarner l’espoir. Consternant…

St-Quentin Mag, le 3 octobre 2014

Scènes de méninges

Difficile pour une famille politique de quitter l’opposition tant qu’elle n’a pas retrouvé une pensée, un programme, un parti, voire un leader… Qu’adviendra-t-il de la droite ?
La question reste légitime. Le pire serait sans doute qu’elle parvienne à exercer le pouvoir sur un malentendu. Désastre assuré ! C’est précisément ce qu’expérimente François Hollande, élu par rejet de Sarkozy avec le soutien d’un parti profondément divisé, choisi pour appliquer un programme inapplicable. Nicolas Sarkozy sera-t-il, à son tour, élu en 2017 par rejet de Hollande, avec le soutien d’un parti déchiré ? C’est bien connu, l’histoire ne se répète pas, elle bégaie. En attendant, mieux vaut prêter deux neurones à la droite qui n’a, pour l’heure, tracé le moindre projet politique. Creuser sa tombe ou ses méninges : sur le papier, le choix n’a rien de cornélien.

St-Quentin Mag, le 26 septembre 2014

Du mépris pour les « sans-dents »

Avec une cote de popularité en baisse constante, Manuel Valls a abattu sa dernière carte mardi avec le vote de confiance. Affaibli avec une majorité relative, c’est la première fois depuis 1962 qu’un gouvernement n’obtient pas la majorité absolue. Il reste malgré tout décidé à ne rien changer. Pas un mot sur les réformes nécessaires : modernisation de l’Etat, réforme fiscale, emploi… Seule annonce, dans un pays qui compte près de 9 millions de pauvres, une augmentation mensuelle de 8 € du minimum vieillesse, soit 26 centimes par jour. Un véritable mépris pour les « sans-dents » ! Au contraire, assoiffé d’ambition avec un président enlisé, discrédité et usé, celui qui n’avait fait que 5 % à la primaire de gauche, se voit déjà candidat en 2017 et s’est payé le luxe de défier Nicolas Sarkozy, dont on ne sait rien du projet politique. Aujourd’hui, les Français en ont ras la casquette et l’arrivée d’un homme providentiel pourrait renvoyer ces deux prétendants à leurs pénates…

St-Quentin Mag, le 19 septembre 2014

La culture de l’impunité

Après Jérôme Cahuzac en son temps, Thomas Thévenoud va-t-il à son tour décrocher le titre de « l’homme politique le plus détesté de France » ? Celui qui était encore la semaine dernière un parfait inconnu, sous-ministre au Commerce extérieur, est devenu la cible de toutes les attaques, réussissant le tour de force de nous faire oublier un instant les innombrables déboires du président Hollande. Faut-il rire ou pleurer quand l’intéressé évoque une « phobie administrative » pour justifier le non-paiement de ses impôts ? Au fond, le vrai culot de Thévenoud n’est pas de s’accrocher à son fauteuil de député, c’est d’incarner sans complexe la culture de l’impunité qui façonne depuis des décennies notre classe politique. L’indignation des Français est-elle vraiment sans limite ? Il y a des jours où on se pose la question…

St-Quentin Mag, le 12 septembre 2014

Le compte à rebours est lancé

Alors que François Hollande continue de battre des records d’impopularité, le gouvernement Valls 2, qui était censé sonner le rassemblement, où aucune tête ne devait sortir du rang, n’aura vécu que le temps de son annonce. Avoir viré Montebourg, Hamon et Filippetti n’a rien changé. Dès le lendemain, le nouveau ministre de l’Economie, ex-banquier de chez Rothschild, ébranlait les dogmes du PS en se déclarant favorable à une dérogation des règles du temps de travail et de  rémunérations. Nouvelle bévue ou test ? La seconde hypothèse semble la plus crédible. Le week-end dernier à La Rochelle, le PS n’a montré aucun signe de guérison. Christiane Taubira a franchi la ligne jaune en apportant son soutien aux frondeurs. Et comme si cela ne suffisait pas, Martine Aubry, restée à Lille, sortait soudain du bois pour défier et ridiculiser Manuel Valls, déjà conspué par une partie des siens mais ovationné au Medef. La « Mère Emptoire » demandait l’encadrement des loyers, une promesse de campagne enterrée la veille par le locataire de Matignon. Pendant ce temps, incapable d’endiguer le chômage, les déficits, la dette… de rétablir la croissance et la compétitivité, notre président, qui n’a pas compris que la puissance d’un pays ne se mesurait plus à son armée mais à la force de ses entreprises, veut mettre l’Europe à sa botte. Hollande souhaite ainsi imposer à Angela Merkel une baisse de sa compétitivité ! De quoi mourir de rire. Désormais, le temps presse, le gouvernement, dont les dépenses sont supérieures de
25 % à ses recettes, doit changer de cap et annoncer des mesures avant le 12 septembre et la divulgation de son budget 2015. Continuer à jouer avec le feu pourrait provoquer une étincelle et mettre le feu aux poudres.

St-Quentin Mag, le 5 septembre 2014

J’y suis, girouette !

Au-delà des querelles partisanes, il faut avouer que nos gouvernants nous ont offert un bien curieux spectacle ces jours derniers. « Crise de régime », ont même titré en chœur nos amis de Libé et du Figaro, pourtant rarement sur la même longueur d’ondes. A bien y regarder, François Hollande aura réussi le tour de force de rassembler les opposés. Tandis qu’Olivier Besancenot n’en finit plus de dénoncer un « système politicien carbonisé », le FN réclame à corps et à cris une dissolution de l’Assemblée ! Tous unis pour tirer à boulets rouges sur le président, qui fait l’unanimité partout… sauf dans son propre camp. Il faut dire aussi que certaines couleuvres sont difficiles à avaler pour les socialistes. « Mon véritable ennemi, c’est la finance », déclarait Hollande en 2012. Deux ans plus tard, voici qu’un certain Emmanuel Macron, ex-banquier d’affaires chez Rothschild, décroche le portefeuille de l’économie. Alors, remaniement ou reniement ? Les deux, mon général ! Reste à savoir, face aux combats qui l’attend, si le président a parfaitement assimilé son Manuel de survie. Eh oui, le vent tourne parfois plus vite que les girouettes…

St-Quentin Mag, le 29 août 2014

Echec scolaire : le devoir d’agir

Avec l’application dès le 2 septembre de la réforme scolaire, bon nombre de Français vont, la rage au ventre, se rappeler le succès de France Gall : « Qui a eu cette idée folle, un jour d’inventer l’école ? ». Fini la semaine des 4 jeudis qu’étant gamin on a tant désirée. Du lundi au vendredi, nos chères progénitures vont devoir se lever tôt. Paraît que cela sera mieux pour eux. Si tel est le cas, le taux de réussite au bac, qui chaque année enregistre un nouveau record, devrait rapidement atteindre les 100 %. Avec quelle réelle valeur ? Ça, c’est une autre histoire.
Mais qu’importe, chaque ministre de l’Education nationale veut laisser son empreinte. Alors, on y va sans vergogne, on retouche les programmes, rayant d’un coup de plume certaines pages de l’Histoire ou jouant à l’apprenti sorcier en innovant, quitte à compliquer la vie des parents. Il est sans doute plus facile de brasser de l’air que de s’attaquer aux vrais problèmes et devoir, du même coup, faire face aux syndicats, toujours vent debout.
Pas sûr hélas que ce soit uniquement en jouant à la marelle ou aux échecs lors des activités périscolaires que l’on changera le résultat de l’enquête internationale de l’OCDE sur le niveau des élèves. Celle-ci classe en effet la France en 25e position sur 65 nations, et met en exergue une injustice  flagrante selon le milieu social dont sont issus les enfants. Une honte dans le pays de Jules Ferry !
En évoquant Gaza ou l’Ukraine, François Hollande vient de déclarer qu’il avait une obligation d’agir. Croisons les doigts pour que notre président agisse enfin pour mettre un terme à cette spirale de l’échec scolaire qui n’engendre rien de bon dans notre pays.

St-Quentin Mag, le 8 août 2014

Transition énergétique : le courant passera-t-il ?

Inutile d’enfoncer des portes ouvertes en rappelant que la classe politique française ne brille pas par son élégance. Disons même que le sexisme est l’une de ses marques de fabrique. A droite, Nathalie Kosciusko-Morizet en a fait son cheval de bataille. A gauche, Ségolène Royal dénonce régulièrement l’attitude « brutale et misogyne » de ses collègues masculins.
Démonstration avec Bruno Retailleau, président UMP du conseil général de Vendée, farouche partisan du projet d’autoroute devant traverser le marais poitevin, auquel vient de s’opposer la ministre de l’Ecologie : « C’est le caprice de dame Ségolène, le fait du prince, de celle qui se prend peut-être pour Aliénor d’Aquitaine ». Humour lettré, diront certains ; vacherie gratuite, maugréeront d’autres… Quoi qu’il en soit, « l’emmerdeuse », comme ont osé la surnommer nos « amis » de L’Express, est restée droit dans ses bottes.
Ségolène Royal fera-t-elle preuve de la même assurance, cet automne, lorsque sa « loi de programmation de la transition énergétique pour la croissance verte » sera examinée à l’Assemblée ? L’enjeu est de taille pour la ministre de l’Ecologie qui, à travers cette loi, joue peut-être son avenir politique. Son objectif ? Donner le coup d’envoi de la transition énergétique de la France. Outre ses vertus écologiques, ce projet vise aussi à réduire le poids inouï de notre facture énergétique (67,8 milliards d’euros) qui écrase la balance commerciale du pays.
Sur le papier, les intentions de Ségolène Royal sont plus que louables… si l’on excepte l’épineuse question du nucléaire qui, à coup sûr, polluera les débats. Il faut dire aussi que la ministre a dans son texte fixé des objectifs sans clairement définir les moyens. Nul ne sait par exemple comment on parviendra à faire passer de 75 à 50 % la part du nucléaire dans notre production d’électricité.
Ce grand flou artistique sera-t-il éclairci le 1er octobre prochain avec l’entrée en jeu des députés ? D’ici là, nul doute que ceux-ci seront de toutes parts sollicités pour pondre des amendements. Et à ce petit jeu-là, sûr que nos « amis » d’EDF ne manqueront pas d’énergie…

St-Quentin Mag, le 1er août 2014

Le président implore la petite reine

Faute d’avoir vu cet été au Brésil nos footballeurs marcher sur les traces de leurs illustres aînés sacrés champions du monde en 1998 face à la Seleção, notre président de la République, qui comptait sur un exploit des Bleus pour faire oublier leurs malheurs aux Français, ne savait plus à quel saint se vouer. Celui qui nous avait promis voici quelques mois une France apaisée, essuyait une nouvelle déconvenue et quelle déconvenue ! Soudain, en plein été, le pays s’est embrasé, déchiré par les tensions entre juifs et pro-palestiniens. Non pas que la France se sente particulièrement impliquée dans ce conflit sans fin, mais cette étincelle a suffi pour mettre le feu aux tensions sociales, désormais au bord de l’explosion.
Heureusement, le sport – et plus particulièrement la petite reine – pourrait enfin accorder quelques jours de répit à François Hollande. Pensez donc, pas moins de 17 ans après avoir vu pour la dernière fois un Français monter sur le podium des Champs-Elysées (en l’occurrence Richard Virenque, dopé à l’insu de son plein gré !), notre pays compte trois coureurs dans les cinq premiers.  Du jamais vu ! Dans le meilleur des cas, deux places sur le podium sont donc possibles. Jusqu’à dimanche, nos gouvernants devraient prier sans relâche pour que Thibaut Pinot, Jean-Christophe Péraud ou Romain Bardet se surpassent et réalisent un exploit. Performance qui serait pour nos gouvernants synonyme de quelques jours d’accalmie en attendant le retour des emmerdes. Tel est le destin des politiques.

St-Quentin Mag, le 18 juillet 2014

Champagne et mise en bière

Un pas en avant, deux en arrière… Avouez qu’avec cette histoire de réforme territoriale, on ne sait plus trop sur quel pied danser. A quoi bon s’appeler Valls quand l’ouverture du bal ne cesse d’être retardée ? Cette fois, c’est le PS qui joue les trouble-fête en dessinant une France à 13 régions, contre 14 dans le projet du gouvernement. Avec à la clé, un changement d’orientation pour la Picardie. Exit la Champagne-Ardenne, place au Nord-Pas-de-Calais ! A peine a-t-on eu le temps de faire sauter les bouchons et jouer les pique-assiette au buffet champardennais qu’on nous remplace les bulles par de la petite bière. De quoi nous laisser un goût amer…
Le pire dans cette histoire, c’est qu’il est toujours question de rattacher la Picardie à une autre région et non l’inverse. Bref, chacun tente de se refiler le bébé picard, sans trop se soucier de ses états d’âme. Va-t-on un jour le retrouver à la DDASS ? C’est toute la question quand on sait que la Champagne-Ardenne n’avait guère montré d’enthousiasme à l’idée d’agrandir sa famille. Quant à Martine Aubry, la maire spirituelle du Nord-Pas-de-Calais, inutile de lui parler du t’chot. Pas question de jouer les mères adoptives avec la Picardie !
On le constate, transformer l’architecture territoriale de notre pays relève d’un jeu d’équilibriste, dont les règles évoluent au gré des ficelles (pas forcément picardes) tirées dans l’ombre par les lobbyistes. C’est dire qu’au bal de la réforme, la Picardie risque de faire longtemps banquette.

St-Quentin Mag, le 18 juillet 2014

Rien ne va plus !

Les jeux sont faits, rien ne va plus ! Les Brésiliens humiliés 7 à 1 par l’Allemagne ont abandonné la légendaire  samba pour… la marche funèbre de Chopin. Reste à comprendre comment un coup de genou à Neymar a pu faire onze paraplégiques sur le terrain ?
A l’UMP, l’audit financier a fait apparaître un déficit de près de 75 M€, la faillite autrement dit. Son ancienne direction, qui jonglait avec les millions comme on l’a vu avec l’affaire Bygmalion, a conduit le parti jusqu’au bord du dépôt de bilan. Les mauvaises langues disent que Raffarin, Fillon et Juppé, qui assurent l’intérim, ont appelé Chatel à la rescousse parce qu’il fallait être quatre pour… porter un cercueil !
A gauche, ceux qui s’imaginaient connaître le paradis avec le retour des socialistes aux commandes et un président qui avait fait campagne en criant haut et fort que la finance était son ennemie jurée, en sont pour leurs frais.  Aux rencontres économiques d’Aix-en-Provence, Sapin, ministre des Finances, a déclaré à la stupéfaction générale : « La finance est l’amie du gouvernement, l’amie de l’économie française » (sic). Prenant sans doute soudain conscience de l’énormité de la connerie qu’il venait de dire, il précisait : « La bonne finance ». Une véritable déclaration de guerre à la gauche, la vraie, à la gauche de la gauche et aux syndicats.
Sans doute la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour ces derniers, après les déclarations de Valls sur la pénibilité et le Code du travail. Conséquence, ils ont claqué la porte de la conférence sociale, laissant Hollande et son acolyte comme deux ronds de flan. Aujourd’hui, il nous reste à espérer qu’avec les vacances, le bon sens reprendra le dessus. Croisons les doigts.

St-Quentin Mag, le 11 juillet 2014

Politique : ils sont « footus »

Nos gouvernants qui misaient sur la réussite des Tricolores pour faire oublier aux Français leurs soucis, les 5 millions de chômeurs et les affaires qui ternissent leur image, se sont mis le doigt dans l’œil jusqu’au coude, comme on dit chez nous. Gauche comme droite sont à la ramasse. La gauche contestée au sein même de ses parlementaires et la droite empêtrée dans les affaires.
Contre vents et marées, Sarkozy, qu’on le veuille ou non, garde la vedette. La preuve, sa garde à vue a d’un coup fait oublier la victoire des Bleus en 8e de finale et même l’arrivée des quarts. Pensez donc, un ancien chef d’Etat traité comme un voyou, du jamais vu ! Presque un remake de ce qu’on a vécu avec DSK outre-Atlantique. Une chose est sûre, les Français qui souffrent en ont ras la casquette des Copé, Fillon, Cahusac, DSK…  et autres qui se comportent en donneurs de leçon et derrière en croquent !
Et la liste des suspectés pourrait encore s’allonger avec  Martine Aubry pour le grand stade de Lille. La justice cherche en effet à savoir pourquoi la communauté urbaine de Lille a choisi Eiffage pour le construire, plutôt qu’une autre entreprise pourtant 100 M€ moins chère.
Comment croire encore à l’égalité quand des dirigeants de la BNP, qui vient d’écoper de 9 milliards d’amende pour avoir transgressé des interdits, sont remerciés confortablement, alors que dans le même temps, pour moitié moins, Jérôme Kerviel dort derrière les barreaux. Le système est essoufflé, fatigué, changement ou rupture doivent vite devenir réalité avant qu’il ne soit trop tard.

St-Quentin Mag, le 4 juillet 2014

Le bonnet d’âne démodé ?

« Tout le monde a le souvenir d’un échec à l’école », a confié cette semaine Benoît Hamon, à l’occasion du lancement de la conférence nationale sur l’évaluation des élèves. Au-delà de ses souffrances personnelles, avouons que l’intéressé est un bel exemple d’ascenseur social puisqu’avec une simple licence d’histoire en poche, il est tout de même parvenu à décrocher le ministère de l’Education nationale. Jackpot ! Voilà qui mérite un joli 19/20, non ?
Le hic, c’est que Benoît Hamon ne veut plus entendre parler de notes, qu’il considère comme anxiogènes, décourageantes, voire source d’inégalités sociales… Son idée ? Mettre en place un nouveau système d’évaluation, à la fois stimulant et bienveillant. Une aubaine pour les cancres qui n’auront plus à justifier un zéro pointé ! Mais un nouveau casse-tête pour les parents, à commencer par ceux qui ne maîtrisent pas nécessairement les codes de la réussite à l’école.
Généreux (faut-il dire naïf ?) dans sa démarche, Benoît Hamon se montre en revanche blessant avec le corps enseignant, coupable à ses yeux de détruire à coup de mauvaises notes les belles dispositions des élèves. C’est bien connu, fabriquer de l’échec à la chaîne reste la première motivation des profs… Quoi qu’il en soit, un point essentiel doit guider les réformes à venir : comment rendre compte aux familles des progrès de leurs enfants ? Inutile de dire qu’on a en réserve un très beau 20/20 si Benoît Hamon trouve la meilleure des solutions.

St-Quentin Mag, le 27 juin 2014

Faire grève : c’est tout un art !

Et si la grève était synonyme d’immobilisme ? Ces derniers jours, nos amis interminots et chemittents nous ont proposé de tester un nouveau concept. Du genre : comment se rendre à un festival annulé dans un train immobilisé ? Après mûre réflexion, on a finalement préféré ne pas bouger une oreille.
Une partie de cartes pour passer le temps ? Dans la famille « pas touche aux avantages acquis », voici donc les cheminots. Ceux qu’on aime diaboliser parce qu’ils ont la sale manie de bouleverser le train-train des Français. Le pire, c’est qu’on a généralement du mal à saisir leurs motivations. Il s’agirait cette fois de contester un projet de réforme ferroviaire, sur fond d’ouverture à la concurrence exigée par Bruxelles. Bref, rien à voir avec les avantages acquis ! Il serait donc tout à fait déplacé de rappeler qu’à la SNCF, le personnel roulant continue de partir à la retraite à 50 ans (voire 52 ans, suite aux réformettes de 2008 et 2010). Maudit soit Bruxelles qui veut plumer la poule aux œufs d’or…
Dans la famille « pas touche à mes indemnisations », voici maintenant les intermittents. Ceux qu’on adore soutenir parce qu’au fond, ils nous mettent des paillettes plein les yeux. Quitte à nous aveugler ? Allons donc ! Par définition, l’intermittent du spectacle, qu’il soit artiste ou technicien, concourt à défendre la diversité et la richesse de la culture française. Et ça, c’est sacré. N’est-ce pas, Jack ?
Alors, là encore, sans doute serait-il inconvenant de rappeler que nos 108 000 intermittents, qui ne représentent que 3 % des chômeurs, sont à l’origine d’un tiers du déficit de l’Unedic. Inutile d’enfoncer le clou en précisant que le trou creusé par les intéressés, qui bénéficient d’un régime d’indemnisation très avantageux, flirte avec le milliard d’euros. Qu’il serait trivial d’avoir une vision comptable du problème quand nos gentils intermittents assurent vouloir défendre la cause des plus précaires. Décidément, nos amis grévistes cultivent l’art de la mise en scène. Quant aux réformes, sûr qu’elles vont encore rester à quai…

St-Quentin Mag, le 20 juin 2014

Mondial : faut-il hurler avec les loups ?

L’Afrique du Sud hier, le Brésil aujourd’hui, le Qatar demain… Quelle que soit sa destination, le Mondial de foot suscite une levée de cartons rouges. Et les bonnes âmes de pointer, dans un réflexe pavlovien, un doigt accusateur vers les dirigeants de la Fifa, coupable de tous les maux, de tous les déshonneurs. Allons donc ! Qui peut croire que la bienveillance et le profit vont un jour coucher dans le même lit…
Dès lors, faut-il ouvrir de grands yeux étonnés en faisant mine de découvrir que le sport, et plus encore le foot, est devenu roi au royaume du business ? Sûrement pas ! Chaque époque a les héros qu’elle mérite. Qu’on le veuille ou non, les dieux du stade sont nos nouvelles icônes et à ce titre, difficile d’en faire des scouts façonnés par l’esprit de Coubertin. L’important n’est plus de participer. Il faut gagner. Beaucoup gagner. Qui prétendra le contraire ?
Bien sûr, ici ou là, certains s’inquièteront du sort des habitants des favelas. Ça leur passera. Tout comme ils ont déjà oublié de se soucier du sort des Caucasiens, qui n’ont sûrement pas profité des milliards engloutis dans les JO de Sotchi. Vœux pieux, mémoire courte… Tant que les politiques s’obstineront à prendre le sport en otage, rien ne changera. Ne comptez donc pas sur nous pour jouer la carte de la mauvaise conscience. Halte au chantage et bon Mondial à tous !

St-Quentin Mag, le 13 juin 2014

Champagne et gueule de bois pour la Picardie

Alors que la garde des Sceaux, Christiane Taubira, qui tente de nous persuader que la meilleure façon de combattre la récidive est de ne pas jeter les délinquants derrière les barreaux, suscite une levée de boucliers, le projet de réforme territoriale vient rajouter de l’huile sur le feu. Cette réforme voulue par Sarkozy, combattue alors par la gauche, refait surface avec Hollande. Faire et défaire semble l’inévitable destin de la France…
On s’attendait à 10 régions, puis 12, c’est finalement 14. Certaines restent seules, d’autres fusionnent de manière étrange, laissant une impression de petits arrangements entre amis, alors que des choix logiques s’imposaient, comme l’union de la Lorraine avec la Champagne. Avec la réforme Hollande, l’association de deux régions pauvres n’aboutira finalement qu’à la création d’une grande région… pauvre !
Ce sont les grandes villes, les métropoles, qui attirent et créent de l’emploi. Alors, quelle logique économique, quelle organisation territoriale pour le futur ? Cela reste désespérément flou. A trop rechercher le consensus, notre président mécontente une nouvelle fois une majorité de Français, à droite comme à gauche.
Quel dommage de gâcher ainsi l’occasion de rebâtir les territoires. Cette réforme  nécessaire aurait dû faire l’unanimité. Un pas en avant, un pas en arrière, on connaît. Remarquez, la colère des élus des départements et des régions, attachés à leurs privilèges, leur cour…. mais destinés à disparaître, pourrait une nouvelle fois faire reculer François Hollande. Ici bas, rien n’est jamais définitif.

St-Quentin Mag, le 6 juin 2014

Qui incarnera le nouvel espoir ?

Le département de l’Aisne est devenu le 25 mai le premier bastion du Front National avec 40,2 % des suffrages aux Européennes, contre 25 % au niveau national, 33,19 % à Saint-Quentin. Un séisme, un déluge, une catastrophe ! La France est devenue le symbole européen du nationalisme, réalisant le meilleur score de l’extrême droite. Le constat est affligeant. Compte tenu du nombre d’électeurs inscrits dans l’Hexagone et du taux réalisé par le PS, celui-ci ne représente plus que
6 % des Français. Son plus mauvais score depuis sa création. Enlisée dans les affaires et en recul par rapport à 2009, la droite n’a plus le leadership au sein de l’opposition.  La France est amère, lasse des promesses, de l’austérité, du chômage, de la baisse de son pouvoir d’achat et ne se sent pas protégée par l’Europe. La démocratie est en péril et l’histoire se répète. Rappelez-vous, c’est  l’action du chancelier allemand Heinrich Brüning, pour remettre les comptes de l’Allemagne à l’équilibre, qui a favorisé l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Nous traversons une crise économique, financière, morale, sociale et politique. Il faut inventer quelque chose, écouter les Français, faute de quoi, la montée des extrêmes sera irrésistible. En cinq ans, le FN a multiplié son score par quatre ! Celui qui incarnera un nouvel horizon, un nouvel espoir, comme l’ont fait Roosevelt et De Gaulle, doit vite s’imposer.

St-Quentin Mag, le 30 mai 2014

Touche pas à mon mercredi !

Tricotée par Vincent Peillon, puis retricotée par Benoît Hamon, la réforme des rythmes scolaires montre à quel point le gouvernement peine à faire dans la dentelle. Mais de quoi parle-t-on au juste ? L’idée phare de cette réforme est de rétablir la semaine de quatre jours et demi à l’école, afin de mieux répartir les heures de cours hebdomadaires. En clair, on oublie la grasse matinée du mercredi pour nos chers bambins…
Les chronobiologistes sont pour, à commencer par les éminents savants de l’Académie de médecine, qui militent sans relâche pour une réorganisation du « temps de vie » des enfants. Le hic, c’est que bon nombre d’enseignants mais aussi de parents doutent du bien-fondé de cette réforme. A tort ou à raison ?
Ce qui est certain, c’est qu’il serait naïf, voire illusoire, d’espérer préserver la santé des enfants et favoriser leur réussite scolaire en les obligeant à se lever le mercredi. On le sait, l’école mérite une vraie réforme en profondeur, à laquelle doivent être associés les parents. A Saint-Quentin, ceux-ci ont d’ailleurs eu l’occasion de s’exprimer à travers une large consultation. Verdict : 86 % d’entre eux se sont formellement prononcés contre la réforme des rythmes scolaires.
Un résultat sans appel, qui dépasse ici de simples enjeux politiques. Et si, au final, les parents étaient les mieux placés pour savoir ce qui est bon pour leurs enfants ?

St-Quentin Mag, le 23 mai 2014

Européennes : le grand bazar

A dix jours des élections européennes, la Commission de Bruxelles, dans un élan de masochisme déconcertant, a pris l’initiative de publier les résultats d’un sondage d’opinion mené dans les vingt-huit Etats membres. Verdict ? Catastophique pour l’Union européenne qui, selon cette enquête, inspire de la défiance à 59 % de ses citoyens. C’est encore pire en France, où seuls 28 % des sondés affirment faire confiance à l’Europe.
Bref, inutile de s’étonner si, le 25 mai prochain, le scrutin fait un flop. Du reste, l’abstention semble le cadet des soucis des candidats qui se bousculent au portillon. Dans la circonscription Nord-Ouest, à laquelle est rattachée la Picardie, ils n’ont même jamais été aussi nombreux. Pas moins de 22 listes sont ainsi dans la course ! Ou quand les Européennes riment avec Samaritaine.
On trouve ainsi de tout dans ce bazar politico-trucmuche truffé de têtes de gondole. Au rayon lessive, voici la liste des « Citoyens du vote blanc » ; les joueurs préféreront sans doute « Nouvelle Donne », tandis que les égocentriques se tourneront vers « Nous, citoyens ! ». Rayon lingerie (hum), voici les « Féministes pour une Europe solidaire ». Tiens, une annonce au micro de « Esperanto comme langue commune » (on comprend rien !). Une petite pause chez « Europe de la décroissance » et on repart gonflé à bloc avec « Radicalement citoyen » pour Monsieur, et « Force Vie » pour Madame.
Et pour les enfants ? Rien. On a bien le « Parti Pirate » en stock, mais son leader, un certain Didier Urschitz, a une telle allure de clown triste qu’on va s’épargner des pleurs. Allez, par ici la sortie et rendez-vous le 25 mai au grand déstockage de printemps. C’est fou comme on a hâte…

St-Quentin Mag, le 16 mai 2014

La roue de l’infortune

Et dire que nous vivons en 14… Une année qui, un siècle plus tôt, a marqué à jamais le Vieux Continent. Promenons-nous un instant dans un village français. Un clocher, une place, une odeur de pain frais, un bistrot qui respire la vie… Et puis, au détour d’une rue, il est là, immuable, semblant défier le temps : le monument aux morts, détail obligé de la carte postale tricolore…
Nous avons tous le nom d’un de nos ancêtre gravé dans la pierre. Avec, cent ans plus tard, toujours les mêmes interrogations. Mais comment diable ont-ils pu ? 18,6 millions de cadavres, dont 1,7 million côté français : le carnage, disons même la boucherie de 1914-1918 défie l’entendement. Comment des millions d’hommes ont-ils pu, quatre ans durant, supporter les bombardements, les attaques au gaz, les assauts-suicides, les combats sans trêve, les privations, les blessures, l’obsession de la mort… Comment, « au nom de la patrie », ont-ils pu s’entretuer avec une inébranlable conviction ?
Pour les historiens, la Grande Guerre s’est longtemps résumée à l’étude des responsabilités, via le prisme politique, diplomatique et militaire. Et puis, au fil des décennies, ils ont aussi découvert le destin et le quotidien des hommes qui ont « fait » la guerre. En cette année de commémoration du centenaire de 14-18, ce sont précisément ces anonymes, chair à canon meurtrie jusqu’à l’os, mais aussi leurs descendants qui retiennent l’attention.
A Saint-Quentin, sur une initiative de la Ville, un travail mémoriel a été mené par Frédéric Macaigne, qui vient de publier « Mémoire des Anciens », recueil de témoignages qui nous replongent dans l’histoire d’une ville martyre. Ou quand la cité des Pastels devint celle des stèles, détruite à 85 %, réduite à 217 habitants…
1914-2014 : « Plus jamais ça » ? La formule un peu creuse semble aujourd’hui résonner dans le vide. La guerre, dit-on, serait de nouveau aux portes de l’Europe, du côté de Kiev, Slaviansk et Odessa. Depuis qu’ils ont inventé la roue, les hommes s’obstinent à tourner. Parfois du mauvais côté…

St-Quentin Mag, le 9 mai 2014

Saint-Quentin sort les griffes !

Un zoo en plein cœur du parc d’Isle ? L’idée pourrait paraître saugrenue. C’est en tout cas un énorme pavé lancé dans la mare aux canards. Un beau matin, ceux-ci pourraient se réveiller au son des rugissements qui, habituellement, hantent la jungle ou la savane.
Le projet, mené en collaboration avec le zoo de Beauval, est non seulement très sérieux mais il pourrait, à terme, donner un nouvel élan régional à Saint-Quentin qui, plus que jamais, a besoin de sortir du lot. Bien sûr, certains mauvais coucheurs s’interrogeront, au beau milieu de la nuit, sur la pertinence d’une réserve africaine dans les marais d’Isle. Un pari fou ? Sans nul doute. Mais entre le doux ronronnement du quotidien et la volonté de montrer les dents pour construire l’avenir, on a vite fait de choisir son camp !
Détail non négligeable : ce futur zoo du parc d’Isle sera gratuit et libre d’accès. Gratuit ? Voilà un mot qui nous parle, à St-Quentin Mag. Qui dit gratuit, dit liberté : chacun fait ce qui lui plaît ! Rêvons donc de zèbres et de lions et laissons les canards grincer des dents…

St-Quentin Mag, le 2 mai 2014

Qui de l’homme ou du robot ?

Tous aux abris ! Ce week-end, les robots envahissent Saint-Quentin… à l’occasion de la grande finale nationale des Trophées de Robotique. Qu’on se rassure, la compétition se veut bon enfant avec, aux manettes, une armada de Géo Trouvetou, férus d’électronique et autres disciplines qui, vous l’aurez remarqué, finissent toujours en « ique ». Un paradoxe sonore puisque la robotique ne constitue plus un hic. Les machines, truffées de technologies, font tellement partie de notre quotidien qu’elles ne suscitent désormais aucune crainte.
A une époque pas si lointaine, on redoutait pourtant que les hommes ne deviennent des robots. Puis, on s’est mis à trembler à l’idée que les robots allaient devenir des hommes. Qui de l’œuf ou la poule ? Qui du robot ou de l’homme ? Au final, entre les deux parties, ni bras de fer, ni confrontation, contrairement aux prédictions hollywoodiennes.
Cette absence de conflits, l’historien Jean Delumeau l’explique ainsi : « L’homme a la possibilité non seulement de penser, mais encore de savoir qu’il pense  : c’est ce qui le distinguera toujours du robot le plus perfectionné. » Un point de vue réconfortant qui élude toutefois la dépendance, voire même la servitude des hommes vis-à-vis des machines.
Dès 1936, Charlie Chaplin avait abordé le sujet avec « Les Temps modernes », satire du travail à la chaîne, enfermant l’homme dans un  mécanisme de production. Huit décennies plus tard, c’est plutôt le chômage à la chaîne qui pourrait faire l’objet d’une satire, sans que personne ne songe à pointer un doigt accusateur vers les machines. Et si elles avaient gagné ?

St-Quentin Mag, le 25 avril 2014

Qui croquera la ficelle picarde ?

Millefeuille : pâtisserie administrative qui ouvre l’appétit des uns et reste sur l’estomac des autres… Voilà des années que nos élus disent vouloir mettre à la diète les collectivités territoriales. Le dernier en date n’est autre que Manuel Valls qui propose de réduire de moitié le nombre de régions dans l’Hexagone et d’engager le débat sur l’avenir des conseils départementaux.
Pour ou contre ? La question « tarte à la crème » nourrit surtout le débat. Du discours à l’action, il y a un pas moins facile à franchir que le Rubicon ! Il faut dire aussi que la volonté d’alléger le millefeuille territorial se heurte à de sérieuses résistances. Chacun veut conserver sa part du gâteau, voire mettre la main sur celle des autres.
Prenons (au hasard) l’exemple de la Picardie. Les « tontons flingueurs » de la haute administration nous l’ont déjà promis : « Aux quatre coins de la France qu’on va la retrouver, éparpillée par petits bouts, façon puzzle ! ». Scénario envisagé : la Somme rattachée au Nord-Pas-de-Calais, l’Oise à l’Ile-de-France et l’Aisne à la Champagne-Ardenne.
D’autres estiment qu’il faut raccorder la Picardie en bloc à nos voisins du Nord, tandis qu’un certain Nicolas Mayer-Rossignol, président PS de la Haute-Normandie, vient de sortir du bois pour proposer une fusion de sa région avec la Basse-Normandie et… la Picardie ! Saint-Quentin va-t-elle bientôt devenir la sous-sous-sous-préfecture de Rouen ? Et pourquoi pas de Tarascon, de Montbéliard ou de la Roche-sur-Yon ? Pauvre ficelle picarde, qu’on use jusqu’à la corde avant de la réduire en miettes… Gageons que ce scénario ne verra jamais le jour.

St-Quentin Mag, le 18 avril 2014