Yves Duteil : « Je ne veux pas être le visiteur de mon passé »

Ce vendredi 23 mai, Yves Duteil sera présent sur la scène du théâtre Jean-Vilar, répondant à l’invitation de Retina France, association qui œuvre contre les maladies de la vue. Rencontre délicieuse avec l’auteur de l’inoubliable « Prendre un enfant par la main »…

Chanteur au grand cœur, vous avez l’habitude de soutenir des causes justes. Mais pourquoi Retina ?
Yves Duteil : « Il y a très longtemps que je milite aux côtés de Retina. Il y a dix ans déjà, j’avais participé à l’opération 1 000 chœurs pour un regard. A cette occasion, mille chorales avaient repris l’une de mes chansons (« Regard impressionniste ») pour collecter des fonds en faveur des bénévoles de Retina. La justesse de leur cause me touche : ne pas voir ou mal voir, c’est être tous les jours en danger. Alors oui, pour moi c’est important de sensibiliser le public. »

Evoquons un instant votre voix. C’est étonnant comme elle ne vieillit pas…
Yves Duteil : « Je n’ai jamais cessé de la travailler et d’essayer de la maintenir à niveau. Plus jeune, suite à une extinctinction de voix, j’ai dû suivre une rééducation vocale qui m’a énormément aidé. Et puis, pour tout vous dire, j’ai subi récemment une opération cardiaque qui m’a redonné du souffle ! »

Quel type de concert allez-vous offrir au public du théâtre Jean-Vilar ?
Yves Duteil : « Un concert très spécial ! Je viens en effet de sortir un nouvel album (« Flagrant délice ») et avec mon complice, Néry Catineau, nous avons conçu un spectacle qui m’emmène dans des registres où l’on ne m’attend pas. C’est à la fois fluide et drôle, mais avec une mise en scène qui sait s’effacer devant l’émotion. »

On retrouvera aussi certaines chansons qui ont fait votre succès…
Yves Duteil : « Je ne peux pas y couper ! Si je ne chante pas sur scène « Prendre un enfant par la main » ou « La langue de chez nous », je ne ressors pas vivant ! (rires). Mais un spectacle, c’est avant tout un fil rouge d’émotions, pas un défilé de succès. Je n’ai aucune envie d’être le visiteur de mon propre passé. Au contraire, durant mes spectacles, j’ai envie de semer des petits cailloux blancs pour amener le public à découvrir mes nouvelles créations. »

Après 25 ans de mandat, vous ne vous êtes pas représenté aux municipales, dans votre commune de Précy-sur-Marne. Pourquoi ?
Yves Duteil : « J’ai d’abord eu un pépin de santé qui m’a éloigné de la vie publique pendant de longs mois. Et puis, l’an passé, nous avons également eu dans la famille des deuils à répétition, avec à la clé le besoin de nous ressouder, de passer plus de temps les uns avec les autres. Enfin, avec mon épouse qui était également conseillère municipale, on a consacré, pendant un quart de siècle, cinq heures par jour à la vie de la commune. Ces heures, j’ai eu envie de les récupérer pour ma vie d’artiste. »

En concert à Saint-Quentin : Au théâtre Jean-Vilar, à partir de 20 h 30.
Dernier album : « Flagrant délice » (paru aux Editions de l’Ecritoire).

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