XB président

A l’issue du second tour des Régionales, la droite remporte donc 7 des 12 nouvelles grandes régions, dont le Nord-Pas-de-Calais-Picardie où Xavier Bertrand, au nom d’un large rassemblement, a véritablement terrassé Marine Le Pen avec 57,77 % des voix contre 42,23 % pour la candidate frontiste. A Saint-Quentin, 2 électeurs sur 3 ont voté Bertrand. Le réflexe anti-FN a boosté la participation, passée de 49,76 % en 2010 à 56,75 % dimanche dernier.
Un second tour où, pourtant, personne ne sort réellement vainqueur. Malgré un record de voix, le FN ne s’empare d’aucune région, les Républicains ne réalisent pas le grand chelem rêvé par Sarkozy, et la gauche, contrainte à se retirer dans 3 régions pour faire barrage au FN, perd en plus les Pays-de-Loire, l’Auvergne-Rhône-Alpes, l’Ile-de-France et la Normandie qui paraissaient à sa portée.
Présent au soir des élections au palais de Fervaques, Xavier Bertrand a déclaré, une fois les résultats proclamés : « Ce soir, ce ne n’est pas la victoire des partis politiques, ce n’est pas ma victoire, c’est celle des gens du Nord. » Au passage, XB n’a pas manqué de remercier ceux qui lui ont fait confiance dès le 1er tour mais aussi « les électeurs de gauche qui ont clairement voté pour faire rempart. Ici, les Français ont donné une leçon de rassemblement, de courage  et d’honneur,  nous avons stoppé la progression du Front national. » Et de lancer un appel à tout mettre en œuvre immédiatement pour un  vivre mieux, avant de conclure : « C’est notre dernière chance. » La nouvelle grande région se concrétisera le 4 janvier avec l’élection de son président. Xavier Bertrand aura alors un mois pour présenter son successeur en mairie de Saint-Quentin, mais aussi celui qui  briguera les suffrages pour lui succéder à l’Assemblée nationale.

Présidentielle 2017 : il renonce à la primaire

Comment analysez-vous le résultat de ce scrutin ?DSCF8250
X.B. : « Emu par mon résultat à Saint-Quentin (65,20 %). Je n’avais jamais réalisé un tel score ! Je le dois à ceux qui m’ont toujours soutenu, ceux qui ont voté avec colère au 1er tour, puis qui ont fait passer leur attachement à la région. Je le dois aussi aux abstentionnistes et aux électeurs de gauche qui sont venus voter pour faire rempart au FN. J’ai été marqué par la présence et le soutien de certains opposants au conseil municipal. »
Nouvelle région, nouveau challenge ?
X.B. :« J’ai une obligation de résultats. Cette nouvelle région va donner des moyens, c’est une chance pour Saint-Quentin avec le canal Seine-Nord-Europe à Nesles, Péronne… Je souhaite également que le pôle universitaire grandisse et se remplisse. »
Vous allez démissionner de votre mandat de maire : ne craignez-vous pas une guerre de succession ?
X.B. : « Je vais continuer à habiter ici et à siéger au conseil municipal. J’ai réuni les élus pour les prévenir qu’il n’était pas question de reproduire ici les images déplorables qui sont données par la politique nationale. Je n’ai pas l’intention de laisser se développer la chienlit. Le moment venu, on décidera ensemble. Le choix s’effectuera sur différents critères : maîtrise des dossiers, relation avec la population, les élus, le travail en équipe… L’intérêt général est plus important que le sort individuel. »
Cette victoire est-elle être un tremplin vers la primaire de 2017 ?
X.B. : « Non. J’ai décidé d’y renoncer. Je ne peux pas dire que je vais changer ma façon de faire de la politique et en même temps me servir de la région comme tremplin. A moi de faire mon travail et si je réussis, les gens se diront : ce n’est pas un « diseux » mais un « faiseux ». Ceux qui ne me connaissent pas se demandent si je suis un politicien parisien ou un politicien de terrain. A moi de leur démontrer que je suis réellement un homme de terrain. »