XB face à l’islamisme « Si on ne réagit pas, ils vont gagner la partie »

Crise sanitaire, récession économique, tensions sociales, violences urbaines, attaques terroristes… Et dire qu’on a longtemps pensé qu’il faisait bon vivre en France… « On a quand même rarement connu une accumulation de crises comme celles-ci, estime Xavier Bertrand. Que ce soit le terrorisme islamique, que ce soit la crise sanitaire avec ses conséquences économiques et sociales qui touchent tous les Français depuis le mois de mars, ça fait beaucoup à encaisser, surtout quand on pense à nos enfants… » Une période trouble qui s’est considérablement assombrie avec l’assassinat de Samuel Paty, cet enseignant de Conflans Sainte-Honorine dont le tort aura été, aux yeux d’islamistes radicaux, d’avoir voulu enseigner la liberté d’expression à ses élèves… Très impliqué dans la lutte contre l’islam politique, Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, a répondu à nos questions…
Votre première réaction à l’annonce de l’assassinat par décapitation de Samuel Paty ?
– X.B. : « L’horreur. Et le sentiment que si vraiment on ne réagit pas maintenant, ce seront nos enfants qui devront se soumettre pour plusieurs décennies. Et c’est pas à eux d’assumer à notre place, c’est à nous de le faire. Il faut vraiment prendre conscience que lorsqu’on s’attaque à l’école, à ce qu’elle enseigne, c’est-à-dire la liberté de conscience, ce sont les fondamentaux qui sont touchés. Ils veulent remettre en cause ce qu’on est. Et ne pas le comprendre, c’est être d’une faiblesse coupable. En France, la liste des meurtres commis par les islamistes est interminable… Merah, Charlie, l’Hyper Cacher, la tuerie du Bataclan, le prêtre égorgé dans son église, la mort du gendarme Beltrame, l’attaque meurtrière à la préfecture de police de Paris… Il faut se rendre compte que ce sont des actes de guerre. Et si on ne réagit pas avec une extrême fermeté, voire plus, ils vont gagner la partie. Cela veut dire nous obliger à changer notre mode de vie. Cela n’est même pas concevable… »
Aujourd’hui, pour lutter contre l’islam politique, vous proposez la mise en place d’un référendum en faveur de la laïcité. C’est-à-dire ?
– X.B. : « Je pense que si notre droit n’est pas capable de bien nous protéger, alors il faut changer notre droit. Toute personne aujourd’hui qui remet en cause la laïcité, c’est-à-dire la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la place des femmes dans notre société, tous ceux qui remettent en cause ces principes, au nom de l’islamisme politique, doivent être durement sanctionnés. On ne s’en prend pas à notre mode de vie et à ce qu’est la France. Il y a des mesures qui sont d’ordre législatif et d’autres qui sont d’ordre constitutionnel. Et c’est là que le bât blesse. Car c’est en s’appuyant sur la constitution que le Conseil constitutionnel n’a pas permis qu’on mette au pas les abus, les menaces, les fatwas lancées sur les réseaux sociaux. C’est au nom de la constitution que le Conseil constitutionnel n’a pas voulu qu’on mette en place des peines de sûreté à l’issue des condamnations des terroristes. Il me paraît essentiel qu’on fasse évoluer la constitution et pour cela, si on veut que l’ensemble de la nation fasse bloc, c’est aux Français de se prononcer. Dans ce cas, rien n’aura la force d’un référendum. »
Beaucoup de doigts accusateurs pointent la responsabilité des gouvernements successifs qui, face à l’islamisme, ont fait preuve de naïveté, voire d’angélisme…
– X.B. : « Parce qu’on n’a pas voulu voir que c’était des actes de guerre ! Et on n’a pas voulu comprendre que face à une telle menace, il fallait se déclarer en guerre en prenant des mesures très fermes, très fortes, très dures. Par exemple, moi je suis attaché à ce que l’on conserve le droit d’asile parce que la France est ainsi faite et qu’elle a toujours eu cette vocation. Sauf que si on est en France au titre du droit d’asile et que l’on commet un délit intentionnel, dans ces conditions-là, le droit d’asile ne peut être conservé. Toute personne de nationalité étrangère qui est en France et qui est accueillie, la chose qu’on lui demande, c’est de respecter nos lois et notre mode de vie. Si elle ne les respecte pas, elle doit quitter le territoire. Et toute personne de nationalité française qui enfreint les règles républicaines, notamment la laïcité, doit être durement sanctionnée. C’est la seule façon de revenir à un véritable respect de notre mode de vie et de ce qu’est la France. Moi, je ne suis pas un énervé, mais je suis profondément déterminé parce qu’autrement, je pense que nos enfants ne pourront pas vivre dans la même France et ça, pour moi, c’est intolérable à imaginer. »
Quelle riposte appliquer aux réseaux sociaux largement utilisés par les islamistes ?
– X.B. : « Quand il y a des menaces de mort, quand il y a l’apologie du terrorisme, il faut être capable de lever le « pseudonymat », de façon à ce qu’il y ait des poursuites immédiates. Nul ne peut continuer à déverser sa haine dissimulé derrière un simple pseudo. »
En août dernier, vous aviez dénoncé un été « orange mécanique ». Plus que jamais, les questions de sécurité représentent la plus grande faillite du quinquennat d’Emmanuel Macron ?
– X.B. : « Ce que j’espère quand je suis dans mon rôle d’opposant, que je dénonce certaines choses et que je propose des solutions, c’est que l’Etat s’en empare et réagisse. J’ai regretté à plusieurs reprises que le président de la République n’utilise jamais le mot islamisme. Puis, il l’a nommé dans son discours qui allait dans la bonne direction mais qui est aujourd’hui dépassé. Il faut des réponses beaucoup plus dures. »
Propos recueillis par Bertrand Duchet

La Ville de Saint-Quentin s’est associée mercredi 21 octobre à l’hommage national rendu à Samuel Paty. Photos à retrouver sur notre page Facebook.