XB au secours du canal Seine-Nord Europe

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Evoqué depuis belle lurette, le canal Seine-Nord Europe, qui doit joindre la Seine à l’Escaut, reliant ainsi nos canaux à ceux du Nord de l’Europe, connaît un nouveau rebondissement. Alors que le financement de ce projet, déclaré d’utilité publique et devant générer plusieurs dizaines de milliers d’emplois, semblait bouclé (106 km entre Compiègne et Aubencheul-au-Bac, 7 écluses, 3 ponts canaux), le gouvernement l’a finalement remis en cause. De quoi faire réagir Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France.
Le Premier ministre Edouard Philippe a lui-même annoncé la suspension du projet. Qu’en pensez-vous ?
Xavier Bertrand : « Durant la campagne présidentielle, le projet ferroviaire Lyon-Turin et le canal Seine-Nord Europe étaient promis, croix de bois, croix de fer ! Les élections passées, il n’y a finalement pas d’argent. Il faut être sérieux. C’est un projet de 4,5 milliards d’euros mais les régions et les départements apportent 1 milliard, l’Etat également 1 milliard, l’Europe 2 milliards et il y a un emprunt. Avec les départements, nous allons mi-septembre nous réunir pour en plus garantir l’emprunt. »

Vous proposez au gouvernement une solution inattendue…
Xavier Bertrand : « Oui, d’avancer la part de l’Etat les premières années. J’ai rencontré le Premier ministre qui m’a dit que c’était intéressant mais pas suffisant. Nous en avons marre d’attendre, nous allons demander la convocation du conseil de surveillance. Si on attend trop, l’Europe va retirer son financement et le projet sera définitivement mort. »

Ce canal représente pourtant une source d’emplois exceptionnelle…
Xavier Bertrand : « Pour le Saint-Quentinois, avec Nesle et Péronne, c’est selon les experts plusieurs milliers d’emplois dans la logistique, le transport… Nous ne reverrons pas un tel projet avant un demi-siècle, voire un siècle. »

Aujourd’hui, qui peut prendre la décision ?
Xavier Bertrand : « La balle est dans le camp du président de la République, la décision lui appartient. La question est de savoir si ses paroles de mars dernier ont une valeur ou pas. »

Par ailleurs, vous appelez Les Républicains à soutenir la réforme du Code du travail…
Xavier Bertrand : « Ce texte fera du bien aux TPE et PME en levant les réticences des chefs d’entreprise à recruter. Il faut des garanties importantes pour les salariés, ce sera la formation professionnelle. C’est là qu’il va falloir mettre le paquet. Il faut arrêter lorsqu’on est dans l’opposition de chercher des prétextes pour ne pas voter. En 2008, j’ai fait adopter une loi qui donnait plus de place au dialogue dans l’entreprise, c’est dans la lignée de cette loi. Un peu de bons sens et de recherche d’efficacité en politique ferait du bien. »