XAVIER BERTRAND – Prêt à se battre !

Candidat aux Régionales mais aussi à l’élection présidentielle, Xavier Bertrand est aujourd’hui sur tous les fronts avec un seul et même mot d’ordre : « Se battre pour vous ! » Proche des Français, soucieux de leurs difficultés et de leurs espoirs, le président des Hauts-de-France se dit aujourd’hui prêt à relever les défis les plus ambitieux pour apaiser le pays, redresser l’économie et redonner confiance. N’oubliant jamais la ville où s’est forgée sa carrière politique, Xavier Bertrand a accepté de se livrer à Saint-Quentin Mag…
à un mois du 1er tour des élections régionales, Emmanuel Macron a déclenché l’artillerie lourde contre vous en envoyant cinq ministres pour vous combattre. Comment réagissez-vous ?
– X.B. : « Son objectif est clair, faire élire le Rassemblement National. Tout le monde l’a compris, les gens ne sont pas dupes. C’est un président qui, au lieu de s’occuper de la gestion de la crise du Covid, de la crise sécuritaire, de notre pays, passe son temps à s’occuper des régionales. C’est indigne. Le jugement des Français va être très sévère. Car il y a beaucoup de colère et d’inquiétudes. Les gens veulent savoir qui est vraiment prêt à se battre pour eux, à les défendre. »
Si LREM est en position de se maintenir au second tour, elle devra alors se retirer à votre profit ou se maintenir et faire élire le RN…
– X.B. : « Les choses sont claires, ma liste sera la même au premier comme au second tour. Quelles que soient les manœuvres. LREM a compris que je suis le seul à pouvoir empêcher le duel Macron-Le Pen l’an prochain. Depuis cinq ans, dans notre région, Marine Le Pen a vu que mon objectif était de m’attaquer aux causes de la colère et de la misère. C’est pour cela qu’elle n’ose pas se représenter aux élections régionales. Elle reste au chaud, en se présentant à Hénin-Beaumont, dans un canton déjà détenu par le RN. »
Quel bilan tirez-vous de votre premier mandat à la tête des Hauts-de-France ?
– X.B. : « Nous avons créé les Hauts-de-France en fusionnant deux Régions. Cela nous a donné une force supérieure. Sans notre grande Région, nous n’aurions jamais obtenu le Canal Seine-Nord-Europe, ni les moyens financiers d’imposer à l’État de récupérer son pilotage. Tout comme les 2 fois 2 voies de la RN2 Paris-Soissons-Laon-Maubeuge, le barreau Amiens-Creil-Roissy avec un lien vers Soissons. Quand vous travaillez dans la région, vous pouvez bénéficier de l’aide au transport et à la garde d’enfants. Nous nous sommes battus pour l’emploi et nous allons continuer à nous battre pour faire reculer le chômage. »
Quels sont vos grands
projets pour le prochain mandat ?
– X.B. : « Notre combat prioritaire sera toujours l’emploi, en gagnant en efficacité par le pilotage de toutes les politiques d’emploi, en continuant à préserver le pouvoir d’achat. La santé étant une dépense importante pour de nombreuses familles, nous allons prendre en charge une partie de la mutuelle santé pour les étudiants, les apprentis et les seniors. Nous continuerons l’ouverture de maisons de santé, notamment dans les communes rurales. Nous serons au rendez-vous de la jeunesse, en proposant à chaque jeune une solution grâce à l’apprentissage et à la formation professionnelle. Nous financerons le permis de conduire à 90 % à tous les jeunes qui suivront un cycle de formation et de recherche d’emploi. Aujourd’hui, le permis de conduire coûte environ 1 500 €, une forme d’impôt que beaucoup ne peuvent pas payer ! Avec le succès des « voitures à 1 € », nous mettrons à disposition des intercommunalités rurales des véhicules pour lever les freins à la mobilité. Nous mettrons aussi en place un plan d’action pour les habitants qui se battent chaque année contre les inondations. Nous poursuivrons notre combat anti-éolien, en finançant des associations qui s’opposent à l’implantation de nouveaux mâts. Voici quelques exemples concrets, sans augmentation d’impôt régional comme nous l’avons fait depuis cinq ans. »
à moins d’un an de la présidentielle, vous avez déclaré que battu aux régionales, vous mettriez fin à votre vie politique. Vous confirmez ?
– X.B. : « Sans la confiance de 6 millions d’habitants, comment pourrais-je demander celle de 67 millions de Français ? C’est une question de légitimité. J’ai exercé mon mandat avec une vraie liberté vis-à-vis des partis politiques, dans l’intérêt de notre Région. J’ai aidé toutes les communes qui avaient des projets d’intérêt général, Villers-Cotterêts, Hénin-Beaumont, des mairies dirigées par le Rassemblement National, comme celles dirigées par des communistes, des socialistes, des centristes, des gaullistes, des indépendants. Pour la Région comme pour la France, je souhaite mettre en place une « République des territoires », pour redonner des responsabilités et des libertés aux élus locaux, en particulier les maires. »
Le pays est gangrené par la violence, l’insécurité, chaque jour des policiers sont attaqués… à tel point que des généraux ont tiré la sonnette d’alarme. Certains craignent une guerre civile. Comment comptez-vous rétablir l’ordre ?
– X.B. : « Restaurer l’autorité, la sécurité, la justice, c’est le préalable au redressement de notre pays. Respecter, protéger les forces de police, les pompiers, les maires : lorsqu’ils sont agressés physiquement, il doit y avoir une peine minimum d’un an, sans aménagement. Faisons preuve de lucidité et de courage pour enrayer la violence quotidienne et mettre fin à l’impunité. Je propose ainsi d’établir la majorité pénale à 15 ans et de mettre en place une peine de sûreté de 50 ans pour les terroristes. S’ils commettent un crime à 20 ans, je n’ai pas envie de les voir libres avant 50 ans. Tout cela finira très mal si on ne remet pas de l’ordre dans notre pays ! »
Y a-t-il selon vous un lien entre terrorisme et immigration ?
– X.B. : « Les émigrés ne sont pas terroristes, mais certains attentats sont le fait d’émigrés. Il faut reprendre le contrôle de notre politique migratoire. Je suis le seul à proposer l’instauration de quotas par métier pour venir en France. La France est un pays où près de 85 % des obligations de quitter le territoire ne sont pas appliquées. On ne peut plus continuer comme ça. »
Pour 78 % des Français, le pays est en déclin, l’ascenseur social est bloqué. Il faut six générations pour parvenir à son sommet. En 15 ans, 1,5 million d’emplois industriels ont été détruits. Comment comptez-vous changer les choses ?
– X.B. : « En Europe, nous sommes un des pays où il faut le plus de temps pour que des arrière-arrière-petits-enfants puissent connaître une meilleure situation. C’est intolérable ! Pour réindustrialiser nos territoires, il faut baisser les impôts de production, faciliter les démarches pour s’implanter ou s’agrandir, jouer la carte de la formation, de l’apprentissage, des écoles de production industrielle. L’industrie est le pilier de notre économie et j’y crois dur comme fer. L’erreur qui a été commise a été de penser que l’industrie était ringarde et dépassée alors qu’elle est notre avenir ! Nous l’avons vu avec la crise du Covid, nous avons été incapables d’avoir des masques, un vaccin… »
En 2020, la France a emprunté 380 milliards d’euros. Le quinquennat va nous laisser 700 milliards de dettes supplémentaires. Soit un total de dettes de 2 650 milliards d’euros, 120 % du PIB. Rembourser sans augmenter les impôts, est-ce possible ?
– X.B. : « La dette ne se réglera pas d’un claquement de doigts. Il faut retrouver la croissance. Pendant la crise, il valait mieux dépenser pour soutenir nos entreprises et le chômage partiel. Mais si certains ne sont plus soutenus demain, ils vont disparaître. Des réformes de modernisation seront à faire. Le message des gilets jaunes des ronds-points était clair : on travaille, mais on n’arrive pas à s’en sortir. Est-ce que leur quotidien s’est amélioré depuis ? Je souhaite que des villes comme Laon, Chauny, La Fère, Saint-Quentin retrouvent une dynamique économique, pour que des gens viennent s’y installer. Les Français demandent plus de protection, par le retour de l’ordre, mais aussi en redonnant de la valeur au travail. Ceux qui travaillent doivent mieux gagner leur vie et pouvoir faire des projets pour leurs enfants. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. »
Propos recueillis par Erick Leskiw