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Brexit or not Brexit ? La question ne se pose plus pour nos amis Britanniques qui ont finalement décidé de tourner le dos à l’Europe… Un coup de tonnerre qui n’empêchera toutefois pas le duc et la duchesse de Cambridge d’être présents ce vendredi 1er juillet à Thiepval (Somme) pour inaugurer l’ouverture d’un tout nouveau musée dédié aux batailles de la Somme. Pourquoi Thiepval ? Tout simplement parce qu’en 1916, ce minuscule village d’une centaine d’âmes fut pour la Grande-Bretagne le théâtre de la plus grande tragédie militaire de son histoire (lire ci-contre).
Un siècle plus tard, le prince William et la délicieuse Kate Middleton viendront donc en terres picardes honorer la mémoire des soldats britanniques. Une royale visite qui donne encore un peu plus de relief au véritable conte de fées vécu par deux entreprises du Saint-Quentinois ayant participé à l’édification du musée de Thiepval. Citons ainsi Espace Aluminium du Vermandois, basé dans la Zac la Vallée, et CERH, installé à Gricourt. « Le chantier a consisté à aménager une fosse vitrée longue de 22 mètres, explique Aude Gironde, en charge de la gestion administrative chez Espace Alu. L’entreprise CERH a conçu la structure en acier destinée à accueillir les dalles de verre, tandis que nous avons été chargés d’installer celles-ci. »
Plus facile à dire qu’à faire quand on sait que la plus grande dalle pèse 360 kg et qu’au total, ce sont trois tonnes de verre tri-feuilleté qui ont pris place au sein du musée. « Il s’agit naturellement d’un verre très élaboré, fabriqué par Saint-Gobain dans la région de Bordeaux », précise Aude Gironde. Et le résultat final est proprement bluffant avec ce long chemin vitré sur lequel peuvent librement déambuler les visiteurs et sous lequel sont exposées des reliques de la Grande Guerre, dont une redoutable mitrailleuse allemande, la terrible « faucheuse ».
Inutile de dire que les employés d’Espace Aluminium du Vermandois et de CERH auront un petit pincement au cœur quand ils verront des images de Kate et William foulant du pied leur création. Un chantier d’autant plus innovant que la structure est entièrement démontable, permettant au musée de renouveler à loisir les objets exposés. N’hésitez donc pas à mettre le cap sur Thiepval, situé à une petite heure de route de Saint-Quentin, pour marcher sur les pas du duc et de la duchesse de Cambridge…

Sur place, un étonnant chemin de verre cerné d’une fresque gigantesque…

Un nouveau musée à découvrir à Thiepval

  • Le Mémorial de Thiepval est l’un des plus imposants monuments commémoratifs au monde. Inauguré en 1932, il recense les noms de plus de 72 000 soldats disparus dans les combats. Entretenu par la Commonwealth War Graves Commission, le Mémorial rappelle que la bataille de la Somme, du 1er juillet au 18 novembre 1916, fut la plus sanglante de la Grande Guerre avec 1,2 million de victimes.
  • Construit en 2004 à proximité du Mémorial franco-britannique, le Centre d’accueil de Thiepval inscrit l’Historial de la Grande Guerre au cœur d’un circuit mémoriel. « Nous souhaitions toutefois compléter l’offre muséale de l’Historial de la Grande Guerre de Péronne en ouvrant un nouveau musée sur le site de Thiepval », précise Amandine Gourchechon, chargée de
    communication.
  • Depuis le 1er juin, les visiteurs peuvent ainsi découvrir ce nouvel espace doté notamment d’une fresque gigantesque (60 m de long !) réalisée par Joe Sacco et qui, un peu dans l’esprit de la tapisserie de Bayeux, nous projette en plein champ de bataille le 1er juillet 1916. L’exposition permanente présente également, notamment sous le chemin de verre, bon nombre de pièces archéologiques et d’objets de collection, dont une reproduction grandeur nature de l’avion de Charles Guynemer.
  • Le musée est situé au 8, rue de l’Ancre à Thiepval (Somme). Tél. : 03 22 74 60 47. Ouvert tous les jours de 9 h 30 à 18 h. Entrée : 6 € (enfant 3 €, gratuit – 7 ans).

JOUR SANGLANT

  • À la fin de l’année 1915, lors de la conférence de Chantilly, l’état major franco-britannique décide d’une offensive dans la Somme. L’armée française affrontant les Allemands à Verdun, elle délaisse une partie du front de la Somme aux Britanniques qui en occupent seuls 30 km.
  • Le 1er juillet 1916, l’offensive est lancée : 100 000 soldats britanniques inexpérimentés (les bataillons de « pals », c’est-à-dire de « copains »), chargés de 30 kg de paquetage, partent à l’assaut, très vite fauchés par les mitrailleuses allemandes.
  • Au soir du 1er juillet, 60 000 Britanniques sont hors de combat : 20 000 d’entre eux ont été tués, 40 000 sont blessés ou faits prisonniers.
  • Le premier jour de la bataille de la Somme est un échec, un désastre pour l’armée britannique pour qui le 1er juillet 1916 reste le jour le plus sanglant de son histoire militaire, « the bloodiest day of the British army »…