Vanessa williot-bertrand Pourquoi elle s’engage aux côtés de Valérie Pécresse

La politique est ainsi faite que nul n’est jamais à l’abri d’un coup de théâtre. Vanessa Williot-Bertrand vient d’en faire l’expérience avec la défaite de son époux à la primaire des Républicains. Mais pas question pour autant de céder aux regrets et à l’amertume… Tout comme Xavier Bertrand qui s’est aussitôt remis en ordre de bataille aux côtés de Valérie Pécresse, Vanessa a accepté de s’investir pleinement dans la campagne présidentielle en devenant oratrice régionale pour le compte de la candidate LR. Sans fard ni langue de bois, la jeune femme a accepté de répondre à nos questions…
Vous venez d’être nommée oratrice régionale pour porter la parole de Valérie Pécresse dans les Hauts-de-France. C’est elle-même qui vous a contactée pour vous proposer cette mission ?
V.W-B. : « Pour être tout à fait honnête, je n’avais jamais pensé vivre cette campagne-là. Quand les résultats de la primaire sont tombés, avec mon mari, il a fallu réorganiser notre mode de fonctionnement, réfléchir à la suite, surtout sur le plan privé. J’étais à 100 000 lieux d’imaginer ce scénario. Jamais je n’aurais pensé avoir un rôle actif dans cette campagne… C’est effectivement Valérie qui m’a appelée un soir en me disant : est-ce que ça te dit de t’engager et qu’est-ce que tu souhaites faire ?
Ce rôle d’oratrice régionale, quand elle me l’a présenté, correspondait parfaitement à ce que j’avais envie de faire, porter sa parole, défendre ses positions… Je reste une militante, j’ai d’ailleurs toujours eu cette âme de militante ! »
Le fait que Valérie Pécresse ait été l’adversaire de votre mari à la primaire des Républicains ne vous a pas fait hésiter ?
V.W-B. : « Je n’ai pas hésité pour cette raison-là. Je suis très proche des équipes de Valérie Pécresse, beaucoup sont des amis, avec qui j’ai travaillé ou milité. Et puis, son positionnement est très proche de celui de Xavier. Je trouve aussi que c’est une chance formidable d’avoir une femme sur la voie d’accéder à la présidence de la République. Ce qui m’a fait m’interroger, c’est revenir dans la lumière parce que j’ai fait le choix, pendant huit ans, d’être derrière Xavier, d’être moins visible pour me protéger mais aussi protéger notre famille. Et puis, je souhaitais aussi éviter les réflexions du type : « elle est là uniquement parce que c’est la femme de ». Il faut savoir que le monde politique est resté extrêmement misogyne et sexiste et j’espère sincèrement que la candidature de Valérie va concourir à faire bouger les lignes… »
En quoi va précisément consister cette mission d’orateur régional, que vous partagez avec le député Julien Dive ?
V.W-B. : « On est principalement les porte-parole de Valérie dans la région. J’ai la chance de partager cette tâche avec Julien, qui est quelqu’un que je connais très bien et que j’apprécie énormément. On est heureux de faire cela ensemble, on s’auto-alimente et ça crée une belle dynamique ! Notre objectif est clair : défendre la candidature de Valérie auprès des électeurs, aller à la rencontre des habitants de la région. On a aussi pour mission d’organiser les déplacements des orateurs nationaux dans les Hauts-de-France, les fameux mousquetaires de Valérie que sont Xavier Bertrand, Éric Ciotti, Michel Barnier et Philippe Juvin. »
La politique, c’est fait de victoires euphorisantes mais aussi de défaites qui peuvent être cruelles…
V.W-B. : « à qui le dites-vous ! » (rires)
Sans être intrusif, comment avez-vous vécu en tant qu’épouse, mais aussi en tant que militante, la défaite de Xavier à la primaire des Républicains ?
V.W-B. : « Très franchement, ça a été plus dur pour moi que pour lui. Xavier a un caractère qui fait que très vite, il s’est remis en marche pour soutenir et accompagner Valérie. Tout de suite, il est reparti en ordre de bataille parce que son premier combat, c’est défendre ses valeurs. Pour moi, ça a été plus difficile et c’est plutôt lui qui me réconfortait. C’est dur de voir tant d’engagement, tant d’investissement, de sacrifices personnels consentis depuis des années, tout cela subir un coup d’arrêt… Cela faisait quand même deux ans qu’on était, à l’échelle de la famille, tourné vers cette élection présidentielle… En même temps, on s’est dit que le principal était que nos valeurs soient représentées. »
Votre avenir politique, vous l’imaginez comment ?
V.W-B. : « En politique, on ne sait jamais ce qui peut se passer à court ou moyen terme. Pour ma part, je n’ai pas de plan de carrière. On m’a déjà demandé si j’allais être candidate aux élections législatives, ce n’est pas du tout mon souhait. Pour le moment, j’ai envie de participer à cette campagne présidentielle, j’ai envie de voir la droite revenir au pouvoir pour mettre en œuvre ses idées. Je suis engagée là-dessus, je n’ai pas d’autres ambitions. Mais la porte n’est jamais fermée. Vous savez, c’est un virus la politique… »
Quelles sont les principaux atouts de Valérie Pécresse qui pourraient lui permettre l’emporter ?
V.W-B. : « Ses résultats ! Ceux qu’elle a obtenus sur le terrain en tant que présidente de la région Ile-de-France. Les gens en ont tellement marre du bla-bla qui se réduit à des effets de manche. Le monde politique est en train de mourir de la communication à outrance qui n’est suivie d’aucun effet. Le problème, c’est la confiance. Voilà des années qu’on nous vend des miracles qui n’arrivent jamais. La vraie force de Valérie, c’est qu’elle a déjà fait ses preuves sur un territoire et qu’on a un parti composé d’élus, d’hommes et de femmes de terrain qui savent comment gérer et mener une politique de résultats. Le jeu est ouvert et Valérie a une vraie chance à saisir. Je me bats pour cela… »
Propos recueillis par Bertrand Duchet