Une réserve africaine au cœur du parc d’Isle

Le parc d’Isle Jacques-Braconnier, 15 000 visiteurs par semaine actuellement, véritable havre de paix en plein cœur de la ville, avec ses promenades, ses jeux pour les enfants et sa fermette, va bientôt se transformer pour accueillir un véritable parc animalier doté d’une réserve africaine. Le tout sur une surface de 6 à 10 hectares. Un complexe particulièrement attractif à Saint-Quentin où, pour admirer des animaux sauvages, il faut aujourd’hui se rendre à Amiens, Lille ou Maubeuge.
L’idée est née lors d’un voyage officiel en Chine ! Xavier Bertrand, qui accompagne alors Nicolas Sarkozy, rencontre sur place Rodolphe Lajunias, président national de l’association des parcs zoologiques et directeur du zoo de Beauval (1 million de visiteurs par an pour ce site situé en Loir-et-Cher). Le courant passe aussitôt entre le maire de Saint-Quentin et le patron de Beauval qui était la semaine passée à Saint-Quentin, accompagné d’un conseiller scientifique. Reçu d’abord en mairie, après une réunion de travail à la maison de l’environnement, les visiteurs et leur hôte se sont rendus au parc d’Isle pour étudier la faisabilité du projet.
Le spécialiste, qui a réussi le tour de force après huit ans de tractations de se voir prêter des pandas géants par la Chine, était visiblement séduit par le site et échafaudait déjà de nombreuses hypothèses.
Le projet devrait désormais évoluer très rapidement. Chèvres, lapins, moutons, ânes, oies et autres poneys, rejoints récemment par des émeus et des wallabies, dont les enclos sont en cours de réalisation, verront donc bientôt arriver de nouveaux pensionnaires beaucoup plus sauvages.

Gratuit et libre d’accès
« Ce sera un véritable parc animalier, pour les Saint-Quentinois et la communauté d’agglomération, mais aussi pour faire venir de très nombreux visiteurs d’assez loin, explique Xavier Bertrand. Il va renforcer l’attractivité de la ville. Nous allons conserver la réserve qui est intouchable, l’entrée va recevoir de nouveaux jeux pour les enfants, puis nous entrerons dans un parc animalier doté d’une réserve africaine avec des zèbres, des antilopes, des singes… Le tout restera entièrement gratuit et libre d’accès. Les enfants pourront parrainer les animaux et il y aura naturellement une boutique. »

Un partenariat avec Beauval
« Nous bénéficierons du partenariat de Beauval, de leurs conseils, de leur expérience, notamment sur les échanges d’espèces ou pour s’en procurer, précise Xavier Bertrand. Ce n’est pas un projet à 5 ou 10 ans, c’est bien plus près. Ce n’est pas quelque chose de lourd, c’est un projet avec des enclos en bois qui s’intègrent dans le paysage, nous conservons toutes les plantations, mais nous pouvons réaliser des choses très originales comme une île aux lémuriens. Il faut se méfier des idées reçues. Le crocodile, par exemple, est l’un des animaux qui se nourrit le moins et coûte le moins cher en entretien. »

« Ne pas dénaturer le site »
Rodolphe Lajunias, directeur du zoo de Beauval, nous livre son sentiment sur ce projet de zoo…
« Il n’est pas question de dénaturer le site du parc d’Isle. Il faut faire un espace naturel et y intégrer les animaux sauvages à l’environnement, à la faune et à la flore. Beauval, qui a vu le jour en 1980, était au tout début un parc familial d’oiseaux de 5 hectares. Aujourd’hui, nous sommes sur plus de 30 hectares ouverts aux visiteurs, avec quelque 5 700 animaux, la plus importante collection animalière de France ! C’est le zoo le plus visité, nous sommes même classés dans les dix premiers mondiaux. Le projet saint-quentinois peut s’intégrer au parc d’Isle sans nuire à l’environnement. Il faut qu’il soit un lieu d’éducation du public à la protection et à la conservation de la biodiversité. Il faut y faire venir les écoles pour que les enfants apprennent en découvrant la vie sauvage. On peut imaginer des félins, des primates, des oiseaux, peut-être une serre tropicale… Il y a beaucoup de choses à envisager ici. »

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