Un centenaire s’est éteint

Le 25 juin dernier, c’est entouré de membres des Retraités dynamiques que Jean Guérard a soufflé sa 100e bougie. Cent ans ! Un âge canonique qui donne du relief à la vie… Et puis, l’été s’en est allé, ouvrant une parenthèse automnale aussitôt refermée par l’hiver. Morne saison qui embue les regards et refroidit les cœurs… C’est ainsi que le 22 février, Jean Guérard s’est éteint, laissant derrière lui deux filles (Claudine à Paris, Christine à Montpellier), deux petites-filles et cinq arrières-petits-enfants. Autant de descendants qui, en marge du chagrin, pourront s’enorgueillir d’avoir compté un centenaire dans la famille…
Originaire de Compiègne, c’est en 1953 que Jean Guérard vient s’installer à Saint-Quentin. Un choix dicté par le travail, celui qu’il a trouvé en tant que patronneur-coupeur au sein des établissements Durieux. Nichée au cœur du quartier Remicourt, son usine connaît alors l’âge d’or du textile. Une époque florissante qui accompagnera Jean jusqu’à sa retraite. Une page se tourne tandis qu’une nouvelle vie s’ouvre. « Mon père était quelqu’un de très discret, qui nourrissait toutefois de nombreuses passions, notamment pour la randonnée, la cuisine et la musique classique, précise sa fille Christine. Et puis, il était très habile de ses mains. Il savait bricoler et parfaitement coudre… »
Très actif à l’Office social ainsi qu’au sein de l’association des Retraités dynamiques, notre centenaire est resté autonome presque jusqu’au bout de sa vie. « Il était en pleine forme et avait toute sa tête. Ce n’est qu’après une mauvaise chute qu’il a dû se résoudre à aller vivre en Ehpad », note Christine. Jusqu’au jour où un maudit virus lui a enlevé la vie…
Il s’est passé quoi en 1920 ?
Jean Guérard était né le 25 juin 1920. Une année qui a notamment vu naître Boris Vian, Federico Fellini, Michèle Morgan, Georges Marchais, Jean-Paul II ou encore Jean Carmet. Cette année-là, Paul Deschanel est élu président de la République, tandis qu’une certaine Agnès Souret remporte la couronne du tout premier concours Miss France. Aux USA, où Wilson occupe la Maison Blanche, la prohibition entre en vigueur. Dans le même temps, un amendement de la constitution américaine donne le droit de vote aux femmes (en France, il faudra attendre 1944 !). Enfin, 1920 est aussi l’année où Modigliani disparaît…