Tryo au Splendid

 

Bon pied bon œil malgré le départ d’un de ses membre fondateurs l’an passé, le groupe Tryo vient d’entamer une nouvelle tournée qui l’amènera à faire étape le 19 janvier à Saint-Quentin. L’occasion de découvrir sur scène leur dernier album (« Chants de bataille ») mais aussi de reprendre en cœur leurs plus gros succès (« L’hymne de nos campagnes », « Désolé pour hier soir », « Ce que l’on sème »…). En attendant de malmener nos cordes vocales, Daniel le percussionniste a répondu à nos questions…

Avec 27 ans d’activité à votre compteur, vous battez tous les records de longévité ! C’est quoi votre secret pour durer ?
– Daniel : « On a surtout la chance d’avoir un public qui nous soutient et qui nous suit depuis 27 ans. Cette fidélité nous a toujours encouragés à nous renouveler, à rebondir, avec l’envie de surprendre le public mais aussi de nous surprendre nous-mêmes. Et puis, au sein du groupe, on a appris à dialoguer, à ne pas se précipiter en essayant de courir après le succès. Vivre les choses de façon humble et simple, c’est ce qui nous a aidés à être encore là aujourd’hui. »
Vous vous souvenez de votre tout premier concert avec Tryo ?
– Daniel : « Je me souviens surtout de la première fois où j’ai écouté une chanson de Tryo. Avec Christophe, on fréquentait la même compagnie de théâtre et un soir, il me passe un shooter de vodka en me disant : « Tiens, écoute ça !
Je fais des chansons avec un groupe. » J’ai tout de suite été séduit par les mélodies mais aussi par les textes, avec la sensation bizarre que tout cela m’était familier. Après, Christophe m’a invité à venir jouer avec eux et je les ai rejoints avec une paire de bongos. La première fois qu’on s’est produit ensemble, c’était à la MJC de Fresnes, en région parisienne. Mon premier vrai concert avec Tryo, c’était dans un bar et j’étais surpris de voir tous ces gens qui étaient là pour chanter avec nous. La salle était bondée et il faisait tellement chaud que le plafond suintait de sueur et de condensation. Quel souvenir ! (rires) »
Qu’est-ce qui a changé depuis le départ de Manu Eveno l’an dernier ?
– Daniel : « Je ne te cache pas que ça a été un choc parce que Manu était l’un des piliers du groupe, par ses idées, par son jeu de guitare… Et puis, c’est aussi un ami. Mais bon, la vie de tournée, la vie en perpétuel mouvement, ça n’était plus son truc. On le comprend et on le respecte. Dans une situation pareille, il a fallu se réinventer, se reconstruire. Ce qui a changé, c’est qu’on a réussi à évoluer musicalement sur scène, tout en gardant l’identité du groupe qui existe à travers les voix de Guizmo et de Christophe. »
Votre dernier album s’appelle « Chants de bataille ». Un titre qui colle bien à votre image, celle d’un groupe engagé, parfois indigné et qui se pose des questions sur le monde…
– Daniel : « L’engagement fait naturellement partie du groupe mais chaque disque a toujours été teinté de choses plus légères. Cet album, tout comme le précédent, est peut-être plus engagé parce qu’on vit des temps plus durs. Peut-être aussi qu’avec l’âge, on est devenu davantage conscient et surtout moins insouciant… »
Entre le reggae et la chanson française, le cœur de Tryo n’a jamais cessé de balancer. Vous avez vous-même une préférence ?
– Daniel : « Tout ça, c’est juste de la musique. Que ce soit du reggae, de la pop ou du folk, on fait d’abord de la chanson. Moi, je n’ai pas de préférence. Ce qui me plaît en tant que musicien, en tant que percussionniste, c’est de mettre en valeur les mots, de sublimer un propos. Après, le reggae reste évidemment dans l’ADN le plus profond du groupe. Mais la chanson française fait aussi partie de nos influences majeures. Renaud, Jacques Higelin, Thiéfaine… Du coup, tout cela reste indissociable. »
Au fait, ça donne quoi Tryo en concert ?
– Daniel : « Ça a toujours été un moment de partage et de fête. On est tous là pour passer un bon moment. Cette tournée qui démarre en janvier est plus intime, plus proche des gens. Cela nous donne plus de souplesse dans la façon de construire le spectacle, de nous laisser porter par les échanges qu’on peut avoir avec le public. C’est l’avantage de se produire dans des petites salles, qui favorisent l’intimité et le rapprochement avec les spectateurs… » B. Duchet

Tryo en concert : jeudi 19 janvier à 20 h au Splendid de Saint-Quentin. Tarifs : 39 / 42 / 45 €. Billetterie : 17, rue de la Sellerie