Trop bons pour être / INNOCENTS !

Qui ne connaît pas « L’autre Finistère », « Un monde parfait » ou encore « Colore » ? Après une longue parenthèse d’inactivité, les Innocents sont de retour sur le devant de la scène. Leur dernier opus, baptisé « 6 1/2 », sent bon les retrouvailles entre Jean-Philippe Nataf et Jean-Christophe Urbain. Et la bonne nouvelle, c’est qu’ils seront en concert le 6 mars prochain à la Manufacture. Nostalgie quand tu nous tiens…

Pourquoi avoir intitulé cet album « 6 1/2 » ?
– J-C. Urbain : « Jean-Philippe a eu l’idée de l’intituler « 6 » car c’est tout bêtement notre sixième album. Mais je lui ai rappelé qu’on avait fait un mini album en 1989 consacré à Noël. Donc, on est passé de « 6 » à « 6 1/2 » ! C’est joli et c’est graphique. En ce qui concerne le contenu, on a essayé de rester fidèle à ce que l’on sait faire. Des chansons « écoutables », empreintes de fraîcheur mais avec des perspectives différentes. Des morceaux un peu mi-figue, mi-raisin… »
Que s’est-il passé depuis vos retrouvailles avec Jean-Philippe voici cinq ans ?
– J-C.U. : « On s’est fait plaisir avec une petite tournée. On nous a proposé de faire un album, mais on ne voulait pas que ce soit le disque de trop et finalement, « 6 1/2″ est arrivé. »
Quelles sont vos sources d’inspiration ?
– J-C.U. : « C’est compliqué quand on compose. Cela peut être un moment de la vie, une sensation que l’on veut retranscrire. Parfois, cela ne ressemble à rien au départ, mais avec le travail on arrive finalement à un accord et là, on se dit : « ça j’aime ». C’est comme être dans un petit labo, on essaye, on travaille, on rentre dans son univers… »
Comment expliquez-vous le succès phénoménal de vos anciens tubes ?
– J-C.U. : « On ne sait pas vraiment à quoi est dû le succès d’un titre. Il y a des chansons qui doivent avoir une vie. Il y aussi des facteurs chance. A l’époque, les ondes FM devaient passer des groupes français régulièrement. Au lieu de passer une fois, on passait six fois. Mais à cette époque, on ne comprenait pas non plus ce succès, d’autant qu’on n’était pas un groupe très médiatique. Tout ce que l’on peut dire, c’est que les chansons ont fait leur job. La preuve, c’est qu’elles sont beaucoup plus connues que nous ! Parfois, on me demande ce que je fais dans la vie. Je réponds : de la musique au sein des Innocents. Mais je suis souvent obligé de donner des noms de chansons pour que les gens finissent par dire :
ah oui, on connaît ! »
Qu’est-ce qui a changé depuis vos débuts, il y a trente ans ?
– J-C.U. : « Moi ! (rires). Je trouve que c’était plus facile avant, on a connu les trente glorieuses de la musique. Aujourd’hui, c’est plus difficile d’en faire et d’en vivre. Désormais, on écoute de la musique en faisant des playlists sans forcément attacher d’importance aux auteurs ou aux interprètes. Je dois avouer que ça me perturbe un peu. »  N. Laurence
Les Innocents à la Manufacture : vendredi 6 mars à 20 h. Tarif plein : 27 €.
Billetterie : 14, rue de la Sellerie à Saint-Quentin. Tél. : 03 23 62 36 77.