Tout pour le Tour !

A bientôt 78 printemps, Christian a les yeux qui s’illuminent dès qu’on lui parle cyclisme. Ancien employé des défuntes brasseries Les 2 Cigognes et La Populaire, avant de passer trente années chez Motobécane, Christian est depuis toujours un fondu de la petite reine. « Gamin, nous avions deux chiens à la maison que j’avais baptisés Coppi et Robic. » Dans les années 50, il écrira même à Fausto Coppi, la star de l’époque, une légende, qui lui répondra. Une fierté !
Depuis, le Saint-Quentinois a sillonné les routes de France et de Navarre pour approcher  les champions et collectionner maillots dédicacés, bidons, casquettes, panneaux, porte-clés, modèles réduits… Une pièce de sa maison est consacrée à sa passion, un véritable musée où les trésors regorgent. Pensez donc, plus de 600 bidons !
Il faut se placer 500 à 600 mètres après les ravitaillements et cavaler », confie Christian. Sa collection compte également 150 maillots des années 50 à 2016, dédicacés par les plus grands : Poulidor (« le plus sympathique »), Chavanel, Lemon, Hinault (« il faut l’appeler Monsieur si on veut quelque chose »), Aimar, Duclos-Lassalle, Boonen, Jalabert, Indurain, Merckx (« le plus grand de tous »), Jeannie Longo (« une bête ! »)… Des trophées pour lesquels il a fait le siège des hôtels des champions. Chaque objet est lié à un souvenir, une anecdote. Une seule chose le fait sortir de ses gonds, l’évocation du  dopage : « C’est chaque année la même ritournelle au moment du Tour de France, ça me bouffe. Par contre, rien pendant Roland-Garros ou l’Euro de foot. »
Cette année, le Britannique Christopher Froome est son favori pour la Grande Boucle. Et pour le championnat du Monde, il veut croire aux chances de Bryan Coquard : « Sur un coup de dés, tout est possible. » Son rêve ? Etre invité pour suivre une étape du Tour. En attendant, sa dernière volonté : « Que l’on mette un bidon dans mon cercueil. » Passion, quand tu nous tiens…