St-Quentin, capitale mondiale de l’après-pétrole

Durant trois jours en début de semaine, le campus universitaire du faubourg d’Isle a accueilli quelque 90 chercheurs venus du monde entier (USA, Inde, Singapour, Russie…) à l’occasion de la 8e édition du Géopolymères Camp. Un rendez-vous mondial à l’initiative du Saint-Quentinois Joseph Davidovits connu et reconnu mondialement pour ses travaux.
Les scientifiques ont profité de ce colloque pour faire le point sur l’avancée de leurs recherches visant à remplacer les matériaux issus du pétrole, dont les redoutables  plastiques, par des minéraux aux vertus identiques, voire supérieures, issus des roches et des argiles : c’est ce qu’on appelle les géopolymères. Première mondiale, les scientifiques ont en effet dévoilé les nouvelles applications rendues possibles avec l’impression en 3D qui permet aux géopolymères, utilisés jusqu’à présent principalement pour les bétons, de s’ouvrir à de nouveaux horizons : l’automobile, l’aérospastiale et même la médecine avec notamment des prothèses osseuses.
La 3e révolution industrielle pourrait donc débuter ici avec des acteurs locaux. Joseph Davidovits, qui rêvait il y a une dizaine d’années de créer à Saint-Quentin un pôle d’excellence pour les géopolymères, touche son rêve du bout des doigts. En effet, depuis janvier, l’institut géopolymère de son fils Ralph Davidovits et Christine Pellegris, enseignant chercheur sur le campus, dispose du laboratoire universitaire. Des étudiants du monde entier pourraient ainsi être accueillis. Bref, à Saint-Quentin, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées…