Son film fait le tour du monde

Saint-Quentin mène à tout… à condition d’en sortir ! Stéphane Gérard en est peut-être l’illustration parfaite. A 27 ans, cet ancien élève du lycée Henri-Martin a depuis longtemps coupé le cordon pour s’envoler vers de nouveaux horizons. Pas question pour autant de renier ses racines ! « Je garde un très bon souvenir de mes années lycée. Ma passion pour le 7e art a d’ailleurs été renforcée à Henri-Martin puisque j’y ai suivi l’option cinéma. » Cette culture cinoche, Stéphane va l’enrichir à travers des études poussées, à Nantes puis à Paris. Si manier la caméra n’est pas son unique objectif, la réalisation est un moteur formidable qui le conduit, en 2009, à présenter son premier court-métrage : « Stéphane et le brouillon formidable », un docu de 25 mn qui se présente comme la genèse de « Jeanne et le garçon formidable », un très beau film d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau.

Multipliant les expériences dans l’art vidéo, Stéphane ne tarde pas à se faire remarquer et décroche en 2013, dans le cadre du programme Louis-Lumière, une résidence à l’Institut français de New York. L’occasion pour le jeune cinéaste de réaliser son premier long-métrage. « J’avais surtout envie d’écrire un film sur l’histoire militante du mouvement LGBT (Lesbien, gay, bisexuel & trans) avec, pour point de départ, les émeutes de Stonewall à New York qui, depuis 1969, sont le symbole de la libération homosexuelle. » Un thème qui, naturellement, ne relève pas du hasard  : « Je suis clairement homo et les questions liées notamment à l’homophobie m’animent depuis longtemps. »

Après un long travail de recherches, tout en multipliant les rencontres avec les militants américains du LGBT, le film de Stéphane voit enfin le jour en 2014. « Rien n’oblige à répéter l’histoire » se présente comme une série de conversations avec les militants qui offrent à la caméra des regards contrastés sur la communauté homo, parfois très noirs, parfois plein d’espoir. En toile de fond, des mots qui claquent et résonnent, comme autant de combats qu’il faut toujours mener : sida, féminisme, racisme, homophobie… « Rien, absolument rien n’est jamais acquis. Il faut constamment rester vigilant », insiste Stéphane Gérard.

Présenté à New York en novembre dernier, son film n’en finit plus de faire le tour des festivals à travers le monde. Après Marseille en juillet, puis Berlin et Montréal en février, il sera présenté en mars prochain à Paris. Une belle réussite pour celui qui, alors élève à Henri-Martin, savait déjà qu’un jour, la caméra lui servirait d’outil de mémoire et de transmission.P1010441