Solidarité avec l’Ukraine

La grande collecte organisée au profit de l’Ukraine à l’auberge de jeunesse de Saint-Quentin a largement porté ses fruits. « Les donateurs ont été très nombreux à se manifester, se félicite Aurélie Renard, de la Protection civile, en charge de gérer les collectes à l’échelle du département. à tel point que nous avons un peu été dépassés par l’affluence des dons. Si les collectes ont pour l’heure été suspendues, il nous reste encore énormément de dons à trier et à conditionner. » Par chance, des dizaines de bénévoles sont venus prêter main forte à la Protection civile, notamment au local de stockage de Chauny où quatre autocars, en provenance de Saint-Quentin, ont apportés plusieurs tonnes de « marchandises ». Six poids-lourds ont déjà été affrétés par la Protection civile de l’Aisne afin que les produits collectés (hygiène, logistique, premiers secours, etc) soient acheminés le plus rapidement possible vers la Pologne.
« Au niveau national, nous allons mettre davantage de moyens pour accélérer la cadence. Les dons ne vont plus seulement être convoyés par voie terrestre mais aussi par voie ferroviaire et aérienne. En plus de la Pologne, la Roumanie et la Moldavie seront elles aussi concernées », précise Aurélie Renard. Protection civile : 03 23 59 05 16.

Initiatives

Qi Gong
– L’association Souffle et Energie Qi Gong organise le samedi 2 avril à 15 h au parc d’Isle (près du kiosque) une séance de Qi Gong à 5 € minimum par participant pour aider l’Ukraine. L’argent récolté sera intégralement reversé à la Croix Rouge. Venez nombreux !

Thé dansant
– Voici une belle initiative de nos amis de MaTélé qui, le 17 mars dernier au palais de Fervaques, ont organisé un thé dansant au profit de l’Ukraine.
A l’arrivée, pas moins de 2 600 € ont été récoltés et serviront à l’acquisition de groupes électrogènes. à noter que l’enseigne Brico Cash, partenaire de l’opération, a elle-même offert un groupe électrogène supplémentaire. Bravo à tous !

Une Ukrainienne témoigne

Originaire d’Ivano-Frankivsk, une commune de 240 000 habitants située à l’ouest de l’Ukraine, Victoria est arrivée en France en 2000 à l’âge de 19 ans. « Je suis venue pour faire des études avant de m’orienter vers le métier de comédienne. » Son passage au très réputé Cours Florent va lui permettre de tourner dans des films et des publicités, jusqu’au jour où l’ami Cupidon va changer le cours de sa vie… S’il porte un nom breton, son futur mari a, quant à lui, ses attaches à Saint-Quentin et c’est tout naturellement que le couple va s’installer en 2015 dans la cité des Pastels. Désormais mariée à Guillaume Le Garrec, un dentiste bien connu des Saint-Quentinois, Victoria conserve une profonde affection pour son pays d’origine. Et pour elle, la guerre a été un véritable choc. « J’avoue que je ne m’attendais pas du tout à ce que la Russie envahisse un jour l’Ukraine. Pour moi, c’était même inimaginable parce de très nombreux Ukrainiens ont un lien avec la Russie. Ma propre mère est originaire de Sibérie et m’a parlé toute sa vie en russe. » Son pays aura-t-il la force de résister à l’armée de Poutine ? « Les Ukrainiens ont une vraie force de caractère et placent les valeurs familiales au-dessus de tout. Ils ne supporteront pas de voir les Russes s’en prendre aux leurs et détruire leur pays. Mais en même temps, ils n’ont pas grand-chose pour se battre. » Quoi qu’il en soit, Victoria fait confiance à Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, pour orchestrer la résistance. « Les précédents présidents se sont toujours contentés de vendre le pays aux Russes avant de se barrer. Zelensky au moins est resté aux côtés de son peuple. Ce qui m’inquiète, c’est que je sens la haine grandir. Les Ukrainiens ne supporteront pas d’être occupés par les Russes. » Si la situation est encore plutôt calme du côté d’Ivano-Frankivsk, la jeune femme reste inquiète pour sa famille qui vit encore là-bas. « La Pologne n’est pas très loin mais personne ne veut partir. Comment quitter une vie que l’on a mis des années à construire ? »
Si la situation venait à s’enliser, Vladimir Poutine peut-il, selon elle, franchir l’infranchissable en ayant recours à l’arme nucléaire ? « Ses menaces sont clairement destinées à faire peur. Mais c’est du bluff, du cinéma. Poutine sait très bien que personne ne sortira vainqueur d’un conflit nucléaire. Malgré tout, comme beaucoup de Français, j’avoue avoir très peur pour l’avenir… »

Transdev : navette solidaire
– Les dons en faveur des Ukrainiens se sont collectés en nombre sur le territoire de l’Agglo du Saint-Quentinois. Transdev Compagnie Axonaise a décidé d’apporter un soutien logistique pour soutenir les élus des petites communes qui ont stocké les dons dans leur mairie et leur salle polyvalente. « Nous avons organisé, à l’instar d’un ramassage scolaire, une navette solidarité Ukraine qui a desservi les communes de l’Agglo. Quatre autocars ont été chargés en direction de la Protection Civile », explique Guillaume Caillet, responsable commercial-tourisme chez Transdev Compagnie Axonaise. Une démarche appréciée par les habitants et par les élus du territoire qui n’ont pas manqué de saluer l’opération lors du passage des navettes dans leur village.
La Région en renfort
– Le 17 mars dernier, les élus régionaux ont voté à l’unanimité un plan d’action d’urgence pour venir en aide à l’Ukraine. Afin d’apporter son soutien au peuple ukrainien, la Région Hauts-de-France a débloqué une enveloppe de 200 000 € dédiée au financement d’opérations humanitaires. Une cellule de gestion de la crise ukrainienne a également été mise en place par la Région, en lien avec la Préfecture de Région, les principaux opérateurs économiques régionaux, notamment la Chambre de commerce et d’industrie régionale (CCIR). Il s’agit là de premières mesures d’urgence qui, comme l’a précisé Xavier Bertrand, président de la Région, en appelleront d’autres. Les Hauts-de-France sont et seront au rendez-vous pour soutenir l’Ukraine…