RimK : le graff dans la peau

C’est bien connu, l’habit ne fait pas le moine. Derrière le discret Karim, 44 ans, chauffeur accompagnateur de personnes à mobilité réduite, se cache RimK, un artiste contemporain et urbain, peintre branché désormais connu et reconnu. Son style : le graff, la déco, les toiles… Autodidacte, la passion de ce Saint-Quentinois est née à l’âge de 10 ans en regardant à la télé un reportage sur le hip-hop. Dès lors, il dessine à la craie, sur le sol d’abord. « Au début, cela ne ressemblait à rien. Puis, au fur et à mesure, en regardant les autres faire, j’ai progressé. »
Il rêve d’en faire son métier et espère devenir infographiste ou photographe mais une conseillère d’orientation lui dit que ce sont des métiers sans avenir et le dirige vers la productique et la mécanique. Qu’importe, après les cours, il poursuit son travail d’artiste. Dès 2000, il commence à participer à des jams (rassemblement de graffeurs) à Brest, Toulouse, Paris, en Belgique… Il réalise des portraits, des paysages, des décors, des lettrines, des toiles et customise des radios Ghetto-Blaster ! « Je commençais à être connu, ça motive. » En 2007, il réalise le portrait de l’abbé Pierre sur les murs de la communauté d’Emmaüs à Saint-Quentin. Le Festival « Ceci n’est pas un tag » lui amène la consécration. Il reçoit même des commandes de la Ville et de l’Agglo ! « C’est valorisant pour moi, je suis Saint-Quentinois et fier de l’être. » Un travail au quotidien pour cet artiste urbain : « Il faut trouver l’idée, faire des croquis, des dessins, des essais, des maquettes… »
Une de ses œuvres a été réalisée dans le hall du Splendid, où il peint les portraits de Claudia Tagbo, Stromae, Elie Semoun, Tal, Jamel Debbouze et Jane Birkin. RimK ne rêve pas pour autant de voir ses œuvres atteindre les prix records de Banksy. « Je ne sais pas si je pourrai en vivre un jour. C’est un travail artistique, je me fais plaisir et cela me permet de parler avec beaucoup de monde », conclut l’artiste.