Rencontre avec le bâtonnier

Après Eric Dupond-Moretti et Philippe Bilger, la troisième rentrée solennelle des  avocats du barreau a accueilli Jacques Toubon, nommé Défenseur des droits en juillet dernier. Originaire de Dunkerque, installée à Saint-Quentin depuis 1999 et nouveau bâtonnier, Anne Sophie Baert répond à nos questions. 

Pourquoi avoir choisi la profession d’avocat ?
A-S. Baert : « Pour défendre la veuve et l’orphelin, et une insatiable envie de me battre contre l’injustice. »

Vous venez d’être élue bâtonnier. Que représente pour vous ce titre ?
A-S. Baert : « C’est pour moi l’envie d’aider mes confrères et servir ma profession. Le bâtonnier a pour mission de fédérer les avocats, régler leurs litiges et représenter la profession dans la cité. C’est lui aussi qui préside le conseil l’Ordre et organise des colloques, des consultations gratuites… Nous sommes 57 avocats au barreau et 12 membres au conseil. Le bâtonnier est là pour appliquer les règles. Le dernier mot appartient à la cour d’appel. »

Désigner les avocats commis d’office, c’est-à-dire payés par l’aide juridictionnelle, est-ce facile ?
A-S. Baert : « Pour les procédures civiles, la désignation se fait à tour de rôle. En pénale (gardes à vue, permanences pour les victimes, tribunal des enfants, audiences correctionnelles,  auditions libres…), c’est du volontariat. »

Les honoraires varient parfois dans des proportions importantes d’un cabinet à l’autre. Est-ce normal ?
A-S. Baert : « C’est l’un des projets de mon bâtonnat, je veux mettre en place des conventions d’honoraires systématiques. »

Souffrez-vous du manque d’effectifs de la justice ?
A-S. Baert : « Terriblement, notamment au niveau des affaires familiales. Des requêtes déposées en janvier seront vues en septembre. Un père peut rester un an sans voir son enfant. Depuis septembre, nous n’avons pas de juge aux affaires familiales et nous allons devoir faire face au départ du vice-président Carlier. »

Sous quel signe sera placé votre bâtonnat ?
A-S. Baert : « L’innovation. Je veux que l’on redore notre blason, nous souffrons d’une mauvaise image que l’on a peut-être parfois entretenue. Nous devons travailler sur l’avenir de notre profession, on nous a ouvert de nouvelles activités, il faut que l’on s’y engouffre. »

Apparu au XIVe siècle, le bâtonnier est le « primus inter pares » (premier parmi ses pairs). Il est élu pour un mandat de deux ans par les avocats membres de son barreau et accède ainsi à la tête de l’Ordre.