Promu général 2 étoiles – Le formidable parcours du Saint-Quentinois Eric Huguet

Le colonel saint-quentinois Eric Huguet, chef d’état-major de la Garde républicaine, a été promu général de brigade le 1er juin dernier. Deux étoiles à 59 ans, après 36 années de carrière pour ce militaire baroudeur au long cour, officier dans les ordres de la Légion et d’honneur et national du Mérite. Rencontre…
Quel regard portez-vous sur votre parcours ?
– E. Huguet : « Quand on sait d’où je suis parti, c’est pas mal quand même. J’ai d’abord été élève à Saint Jean & La Croix. Ensuite, je suis parti à la fac à Compiègne, puis à Lille pour des études de droit. Je voulais être juriste ou kiné, mon père est médecin. C’est le service militaire qui a été le déclic. Elève officier de réserve, je suis parti en 1981 au 12e régiment de chasseurs à Sedan où j’ai rencontré un aspirant de gendarmerie. Ma première expérience de commandement d’un peloton m’a passionné, je me suis dit pourquoi pas l’armée. Puis j’ai préparé et réussi en 1985 le concours de l’école des officiers de la gendarmerie qui offrait un spectre d’activités beaucoup plus vaste que l’armée de Terre. »
Devenir général, c’était votre objectif ?
– E. Huguet : « Quand on rentre en école d’officiers, cela reste un des objectifs, mais le chemin est long. C’est un aboutissement, la cerise sur le gâteau. Il y a des échéances à respecter, j’ai alterné les temps de commandement et les temps d’état-major. Il faut montrer que l’on a les capacités à assurer des missions de haut niveau. La plus dure étape a été le passage par l’école de guerre en 2002, une formation d’un an, avant de partir à Nouméa. »
à quoi aspirez-vous aujourd’hui ?
– E. Huguet : « Depuis le 1er juin, je suis en 2e section. Il n’y a pas de retraite pour les généraux, je suis en disponibilité rappelable pendant sept ans. Je souhaite partir à l’étranger en qualité de conseiller technique. Une mise à disposition un peu partout dans le monde avec la direction de la coopération internationale pour une autorité militaire étrangère afin de leur apprendre la planification, la conduite d’opérations d’envergure ou tout simplement le recrutement des forces armées, la formation des officiers, la sécurité… »
Quel est votre meilleur souvenir de ces 36 années de carrière ?
– E. Huguet : « Un déplacement à Futuna dans le Pacifique qui est le territoire français le plus éloigné de la métropole. La découverte de la vie des gendarmes au service de la population au fin fond du monde. Après un ouragan, tout le monde se tournait vers nous pour les secours, les liaisons avec Wallis, l’organisation du transfert des blessés… J’ai pu mesurer ce qu’était originellement la gendarmerie. »
Vous avez des enfants qui vous ont emboîté le pas ?
– E. Huguet : « J’ai trois filles, elles sont parties sur des voies différentes dans le privé, mais deux d’entre elles sont gendarmes de réserve. Elles font régulièrement des périodes. Je leur ai inculqué cette notion de service. Elles ont bougé avec moi toute leur jeunesse, elles avaient envie de se poser. »
Votre père, qui est ancien parachutiste et officier de la légion d’Honneur, doit être fier de vous ?
– E. Huguet : « Oui, je pense qu’il est fier de moi d’autant plus qu’il a une accointance militaire assez marquée. S’il n’avait pas été médecin, il me disait toujours qu’il aurait été officier de la Légion étrangère. »  Erick Leskiw