Profession : myciculteur – A Saint-Gobain, les champignons font carrière !

Lorsqu’on lui demande sa profession, Christian Richir marque un temps d’arrêt : « Je suis myciculteur. Mais bon, je préfère dire champignonniste pour être compris de tous. » Pour mieux cerner les contours de ce métier pas comme les autres, direction Saint-Gobain et plus précisément la Carrière du Bienheureux. « On a ici plus de 50 hectares de galeries souterraines creusées au fil des siècles. La carrière date d’avant l’an 600 et depuis tout ce temps, les hommes n’ont cessé d’extraire des pierres à bâtir, issues de la roche calcaire. Des pierres qui ont d’ailleurs servies à construire la plupart des grands monuments régionaux », explique Christian Richir. De la cathédrale de Laon à celle de Soissons, en passant par l’abbaye de Saint-Nicolas-aux-Bois, la pierre de Saint-Gobain a naturellement concouru à façonner le patrimoine religieux axonais…
Si Christian n’a pas toujours été champignonniste, sa passion pour les abîmes, anfractuosités, crevasses, grottes et autres excavations ne date pas d’hier. « Avec mon épouse Isabelle, on est adepte du milieu souterrain. Dès qu’on le peut, on fait un peu de spéléologie pour explorer de nouveaux spots. » Sous terre, l’homme se sent comme un poisson dans l’eau. Pas étonnant si, voici cinq ans, il a décidé de reprendre à son compte la champignonnière qui existait déjà à Saint-Gobain. « Je mes suis offert un terrain de jeu de 40 hectares sur lequel je cultive essentiellement des pleurotes, des shiitakés et un peu de champignons de Paris. Uniquement du bio, sans l’apport d’aucun traitement chimique. » Un vrai gage de qualité. Mais au fait, c’est quoi le shiitaké ? « On l’appelle aussi lentin du chêne ou champignon samouraï, en raison de ses origines japonaises. C’est un champignon très parfumé, plein de vertus médicinales. D’ailleurs, en Chine, on le surnomme « l’élixir de vie ». Pas étonnant si c’est le champignon le plus cultivé au monde. » Bref, qui veut voyager loin consomme du shiitaké ! Mais attention : ce champignon se déguste uniquement cuit. Consommé à l’état cru ou insuffisamment cuit, il peut être à l’origine d’éruptions cutanées accompagnées de démangeaisons. Prudence donc…
Chaque mois, Christian Richir récolte près d’une tonne de champignons qu’il revend sur les marchés des environs. Notez ainsi qu’il est présent le jeudi à Laon, le vendredi au marché couvert de Chauny, le samedi à Saint-Gobain et même de temps en temps à Reims. Ses produits sont également écoulés à Saint-Quentin via l’Amap du faubourg d’Isle (Association de maintien de l’agriculture paysanne). Bien évidemment, il est aussi possible de venir directement acheter des champignons frais à la Carrière du Bienheureux. Sur place, Christian organise également des visites guidées de la champignonnière. L’occasion de s’offrir une petite virée six pieds sous terre…
Carrière du Bienheureux : 28, rue Georges-Clemenceau à Saint-Gobain.
Tél. : 06 85 80 26 48.