Plein gaz contre la réforme du permis

Les auto-écoles sont vent debout contre la loi Macron. Au prétexte de baisser le prix de revient du permis de conduire et de réduire les délais pour le passer, cette loi remettrait la sécurité en cause. Les auto-écoles dénoncent entre autres la possibilité laissée à des agents de la Poste de faire passer le précieux sésame et la suppression des 20 heures de conduite obligatoires avant l’examen.
David Bersez, propriétaire d’auto-écoles à Saint-Quentin et Guise, s’explique : « Prétendre qu’il est possible de passer son permis avec moins de 20 heures de conduite est irresponsable. C’est aller droit dans le mur en terme de sécurité routière, avec le retour programmé d’une accidentologie catastrophique. » Même indignation contre la possibilité d’effectuer des évaluations de conduite sur Internet. « Il faut être sérieux ! Conduire n’est pas un jeu, entre la fiction et le réel, il y a un monde et des vies. » Quant à la possibilité de retirer aux inspecteurs le monopole des examens de code et de conduite, la pilule ne passe pas : « Les examinateurs sont de vrais professionnels, des gens diplômés. Les remplacer par des postiers, que je respecte, c’est n’importe quoi ! Du coup, pourquoi ne pas faire appel à un boucher ou un charcutier pour assister un chirurgien au bloc opératoire ? »
Pour baisser le coût du permis, David Bersez propose une solution simple et efficace : ramener le taux de TVA de 20 % à 5,5 %. Et le professionnel de conclure en évoquant les suppressions d’emploi qu’entraîneraient ces mesures : « M. Macron est irresponsable. Nous ne sommes pas là pour mettre en péril la vie des jeunes conducteurs mais pour la protéger. »