Périer, c’est fou ! Rencontre avec le photographe star des années yéyé

Coup d’envoi ce samedi 7 avril de l’exposition « Sixties, le temps des idoles », présentée jusqu’au 24 juin à la galerie Saint-Jacques. Un voyage dans le temps sous le signe de la nostalgie avec, en vedette américaine, une centaine de clichés de Jean-Marie Périer, le photographe star des années yéyé. Présent pour l’occasion à Saint-Quentin, celui qui a forgé la légende de « Salut les copains » a bien voulu répondre à nos questions…

A l’origine, vos photos étaient destinées à tapisser les murs des chambres d’ados. Aujourd’hui, on les considère comme des œuvres d’art. Plutôt un drôle de destin, non ?
– J-M. Périer : « C’est d’autant plus drôle que mes photos n’avaient aucune valeur à l’époque ! Elles étaient même méprisées, surtout par l’intelligentsia parisienne. De mon côté, je n’avais aucune prétention artistique et je suis le premier surpris de constater que mes clichés continuent de plaire au public. D’autant qu’ils sont en couleur et la couleur, ça peut se démoder très vite. Pour un photographe, c’est tellement plus facile de se la jouer artiste avec du noir et blanc ! (rires) Ma chance, c’est que mes photos couleur ne réveillent que des bons souvenirs… »
Ça fait quel effet d’être considéré comme l’un des photographes mythiques des années 60 ?
– J-M. Périer : « Vous savez, le mot mythique ne veut plus rien dire. On achète une savonnette et on dit qu’elle est mythique ! Ça n’a pas de sens. Et puis, comment pourrais-je me considérer comme un photographe de légende alors que le milieu de la photo continue de snober mon travail ? Mais moi, dans la rue, on me sourit. Et c’est sans doute la plus belle des récompenses. »
Vous avez encore la nostalgie des sixties ?
– J-M. Périer : « Ah oui ! Les gens de mon âge disent ne jamais regarder en arrière. Moi, si ! A 78 ans, je me marre beaucoup moins qu’à 25 ans. Demain me semble un peu court… Et puis, les années yéyé ont été les plus belles de ma vie. »
Quels sont les artistes que vous avez adoré photographier ?
– J-M. Périer : « Difficile à dire… J’en citerai trois : Françoise Hardy, Mick Jagger et Sylvie Vartan, qui est celle que j’ai le plus souvent photographiée. Et puis, à l’image d’Alain Delon, il y avait des artistes qu’on pouvait shooter sous n’importe quel angle en étant certain de faire une bonne photo ! »
A l’inverse, quels sont ceux que vous n’avez pas aimé avoir dans votre objectif ?
– J-M. Périer : « Je n’ai pas beaucoup de mauvais souvenirs. Sauf peut-être avec Steve McQueen qui m’avait fait poireauter trois jours en Espagne avant d’accepter une séance photo sur la terrasse de son hôtel. Il m’a dit : « T’as 3 minutes, pas plus ». Clic clac Kodak et c’était déjà fini ! » (rires)
Vous avez très bien connu Johnny. Que vous inspire toutes ces histoires d’héritage qui défraient la chronique ?
– J-M. Périer : « C’est sordide. Ça salit les souvenirs qu’ont les gens de Johnny, ça dégrade son image. Tout ce déballage médiatique est sinistre. »  B. Duchet

BON à SAVOIR
– « Sixties, le temps des idoles » : expo du 7 avril au 24 juin à la galerie Saint-Jacques (14, rue de la Sellerie). Entrée : 2 €. Tarif réduit : 1 €.
– Vernissage en présence de Jean-Marie Périer vendredi 6 avril à 19 h 30.
– Séance de dédicaces avec J-M. Périer samedi 7 avril de 10 h 30 à 12 h 30 à la galerie Saint-Jacques.