Pascale Gruny, premiers pas au Sénat…

Elue au palais du Luxembourg en septembre dernier, Pascale Gruny, première sénatrice de l’Aisne et conseillère municipale de Saint-Quentin, nous a accueillis au palais du Luxembourg pour répondre à nos questions…

Vous avez été députée, députée européenne, désormais sénatrice… Qu’est-ce qui vous a le plus surprise en arrivant au Sénat ?
Pascale Gruny : « Incontestablement, le calme et la sérénité. Il y a moins de polémiques, d’invectives, plus de respect et d’écoute qu’à l’Assemblée nationale. Si les textes qui arrivent sont les mêmes, le regard est différent. Le travail le plus important se fait en commission. »

Vous faites parti de la commission des affaires sociales, de celle des affaires européennes et de la délégation sénatoriale à la prospective. En quoi consistent ces tâches ?
Pascale Gruny : « Au titre des affaires sociales, nous avons travaillé sur le projet de financement de la Sécurité sociale. Nous sommes en première ligne pour étudier les textes, les amender et les défendre. Pour les affaires européennes, nous travaillons essentiellement sur les directives de Bruxelles. »

Quel regard portez-vous sur le projet de budget de la Sécurité sociale ?
Pascale Gruny : « La France aurait besoin d’une vraie croissance pour supporter les dépenses qui sont engagées, mais surtout de faire de vraies économies. Tout le monde est prêt à en faire mais nous ne voyons rien venir. Pour la réforme territoriale, par exemple, le gouvernement a proposé une découpe géographique plus large mais avec deux représentants par canton au lieu d’un. Cela n’entraîne aucune économie. Je pense qu’à moyen terme, les conseils généraux disparaîtront. »

Etes-vous souvent sollicitée par les maires ?
Pascale Gruny : « Pour les demandes de subvention, la réserve parlementaire, oui. Je l’étais déjà étant députée, mais désormais en qualité de sénateur de l’Aisne, il faut partager avec les maires de l’ensemble du département. »

Les élections de l’UMP ont scellé le retour de Nicolas Sarkozy, qui veut débaptiser son parti. Votre réaction ?
Pascale Gruny : « J’espère que l’on va retrouver la sérénité pour s’attaquer aux sujets qui préoccupent les Français : l’emploi, la croissance, l’économie, la sécurité… Notre pays a besoin d’une véritable opposition qui s’explique correctement et d’une seule voix. Changer de nom, ça changera quoi ? »

Pleins feux sur le palais du Luxembourg
Le Sénat, l’une des deux chambres qui composent le Parlement, est installé au palais du Luxembourg. Un bâtiment somptueux dont la première pierre fut posée en 1615 par Marie de Médicis. Il fut une demeure royale, prison révolutionnaire, siège du pouvoir exécutif après la Révolution, avant d’abriter le Sénat depuis 1879.

  • La chambre compte 348 sénateurs qui examinent les projets de loi présentés par le gouvernement. Garants de la stabilité des institutions, ils contrôlent ainsi l’action des gouvernants.
  • Contrairement à l’Assemblée nationale, il ne peut être dissout. De plus, c’est son président, 2e personnage de l’Etat, qui assume l’intérim en cas de vacance de la présidence de la République. Un poste occupé depuis septembre dernier par Gérard Larcher, sénateur des Yvelines.
  • Les sénateurs sont élus au suffrage universel pour 6 ans par 162 000 grands électeurs. Seules 25 % de femmes y siègent. L’hémicycle est composé de 143 sénateurs UMP, 112 socialistes, 43 UDI-IC, 18 communistes, 13 RDSE, 10 écologistes et 9 non inscrits.
  • Les sénateurs perçoivent une indemnité parlementaire mensuelle de 5 379 € imposable sur le revenu.