On dit stop au cancer colorectal

Tous mobilisés pour l’opération « Mars Bleu » ! Comme chaque année, le mois de mars est marqué par la promotion du dépistage du cancer colorectal. Une maladie qui touche tous les ans 43 000 personnes mais dont on peut guérir dans 9 cas sur 10 si elle est détectée à temps. D’où la mobilisation de la Ville de Saint-Quentin pour inciter au dépistage. Pour en savoir plus, nous sommes allés à la rencontre de deux spécialistes : Le Dr Innocenti Dadamessi, gastro-entérologue et cancérologue au centre hospitalier, et le Dr Pierre Vanelslander, gastro-entérologue et hépatologue à l’hôpital privé Saint-Claude. Interview croisée…
C’est quoi précisément le cancer colorectal ?
– Dr Dadamessi : « C’est le 3e cancer le plus répandu en France. Il affecte aussi bien les hommes que les femmes et provoque chaque année 17 000 décès dans notre pays. C’est d’autant plus dommage qu’à la différence des autres cancers, il est évitable si les mesures de dépistage sont mises en place de manière optimale. »
A partir de quel âge doit-on songer à se faire dépister ?
– Dr Vanelslander : « Sans antécédents familiaux, la tranche d’âge la plus exposée est celle des 50-75 ans. Le cancer colorectal est d’évolution lente et peu symptomatique. C’est-à-dire que les symptômes n’apparaissent vraiment que lorsque la maladie s’est installée : du sang dans les selles, un transit qui se modifie, des douleurs abdominales, une fatigue permanente, voire une perte de poids. Voilà pourquoi il ne faut jamais tarder à faire un dépistage. Celui-ci s’adresse d’abord et avant tout aux gens qui ne se plaignent de rien et qui n’ont aucun symptôme. »
En quoi consiste précisément ce dépistage ?
– Dr Vanelslander : « Il s’agit d’un test immunologique qui vise à déceler la présence de sang dans les selles. C’est un test simple, rapide et efficace à faire chez soi. En cas de test positif, une coloscopie s’impose. »
La coloscopie suscite encore certaines appréhensions. Est-ce justifié ?
– Dr Dadamessi : « Absolument pas ! L’examen, qui dure 10 à 20 mn, se pratique sans douleur sous anesthésie générale. Le patient est placé dans un état de sommeil et se réveille rapidement au terme de la coloscopie. Celle-ci consiste à explorer, via l’anus et le rectum, l’intérieur du colon avec un tube muni à son extrémité d’une caméra. Cette exploration permet de visualiser d’éventuelles anomalies d’origine cancéreuse. L’avantage, c’est que les lésions détectées, notamment les polypes, peuvent être directement enlevées au cours de l’examen, sans intervention chirurgicale par la suite. A l’arrivée, une coloscopie nécessite juste une demi-journée d’hospitalisation. »
Le tout est d’être traité à temps…
– Dr Vanelslander : « Dans le colon, les polypes mettent 5 à 8 ans pour devenir cancéreuses. Au départ, le polype est comme un petit bouton sur la peau, une simple excroissance bénigne qui se développe sur la muqueuse. Tout l’enjeu est de le traiter à temps pour éviter qu’il dégénère en tumeur maligne. D’où l’intérêt de se faire dépister tous les deux ans dès qu’on a passé 50 ans. Mourir du cancer du colon en 2021, c’est un non-sens. Ça ne devrait plus arriver. »
Pour faire le test de dépistage, le plus simple est de vous adresser à votre médecin traitant.