L’orgue enfin rénové

En perpétuel renouveau, la basilique accueille depuis peu un nouveau chantier, destiné cette fois à rénover l’orgue. Fin janvier, un bataillon d’ouvriers s’est activé pour monter un échafaudage haut de 34 mètres. De quoi permettre le démontage des façades, du sommier et des tuyaux du grand orgue. Un vrai puzzle quand on sait que l’instrument compte pas moins de 6 400 tuyaux, tous composés d’un alliage de plomb et d’étain. « Le travail de démontage devrait prendre un mois, annonce Quentin Requier, patron de l’entreprise en charge des travaux (lire ci contre). Ensuite, chaque pièce sera nettoyée et restaurée en atelier. Les plus abîmées seront naturellement remplacées. » Un travail de fourmi qui devrait durer une bonne année puisque le remontage des pièces n’est pas prévu avant mars 2022.
Du reste, c’est une vraie cure de jouvence que va s’offrir le grand orgue. Au programme : la restauration intégrale du buffet par des artisans d’art (nettoyage de l’épiderme, réfection des sculptures manquantes, coup de jeune aux ornements…). La partie instrumentale ne sera pas en reste avec le remplacement des 90 tuyaux de façade. L’orgue va également voir le nombre de ses claviers passer de quatre à cinq, tandis que la transmission sera modernisée : jusqu’alors mécanique, elle sera désormais électrique. Et pour avoir la meilleure sonorité possible, l’instrument sera entièrement réharmonisé. « Cette phase d’harmonie est réalisée en toute fin de chantier. Le but est d’équilibrer au mieux les sonorités de l’instrument, afin qu’elles soit parfaitement adaptées à leur environnement », précise Quentin Requier. Coût total des travaux : 1 million d’euros. Au passage, adressons un grand merci aux donateurs qui se sont mobilisés à hauteur de 50 000 €. Une jolie somme qui vient s’ajouter aux 120 000 € versés par un particulier qui a souhaité conserver l’anonymat.
 
Profession : facteur d’orgue
Quand on lui demande sa profession, Quentin Requier répond : facteur d’orgue. « Cela vient du latin facto, qui signifie faire. En France, nous sommes une soixantaine d’entreprises à exercer cette profession. Ce qui représente environ 250 personnes. » Voilà huit ans que Quentin a créé sa propre entreprise : la Manufacture d’Orgue, installée à Longuenesse, près de Saint-Omer (Pas-de-Calais). « Malheuresement, le métier a tendance à se perdre. Bon nombre de facteurs d’orgue ne trouvent pas de repreneurs quand ils partent à la retraite », regrette Quentin Requier. Il existe pourtant une formation, dispensée par le Centre de formation de la facture d’orgues (CFFO) sitée à Eschau, en Alsace. « J’ai moi-même suivi cette formation, qui dure trois à cinq ans », précise Quentin, qui espère voir de plus en plus de jeunes se découvrir une vocation.