L’œil de Mousset

Tous contre Macron
Au conseil municipal, majorité et opposition ont du mal à s’affronter. Pourtant, il n’y a de démocratie que dans le conflit. Mais se disputer sur la vente d’une parcelle, les bacs à fleurs ou la réfection des trottoirs n’est pas évident, même en se forçant. La solution, c’est de politiser les débats : quand la majorité de droite est au gouvernement, l’opposition de gauche l’attaque sur des questions nationales, et inversement. Avec Macron, ni de droite ni de gauche, ce n’est plus possible. Résultat : à la dernière séance, les élus de toutes les sensibilités se sont retournés contre le président. Jusqu’à faire liste commune aux prochaines élections ?

A vot’ bon cœur
Connaissez-vous le crowdfunding ? Non, ce n’est pas une pâtisserie américaine, mais un mode de financement dit participatif : quand l’argent manque dans les caisses, on va le chercher dans nos poches. A Saint-Quentin, la restauration de l’orgue de la basilique ou l’installation d’une œuvre d’art au musée des Papillons s’apparentent à cette démarche. Autrefois, quand on parlait français, on disait « faire la quête » : il n’y avait pas besoin d’ordinateur ou de formulaire, un chapeau suffisait. Les temps changent, les techniques se modernisent, l’intention demeure.

Roule ma poule
On ne parle que de ça en ville, surtout chez les utilisateurs des bus Pastel : changement d’horaires, modification de parcours et autres innovations. Les râleurs donnent de la voix. Un nouvel arrêt les chiffonne, quelques minutes en plus ou en moins les perturbent. Nos compatriotes ont pris la Bastille, coupé la tête d’un roi et rompu avec mille ans de monarchie, mais quand il s’agit de toucher rien qu’un peu à leurs habitudes quotidiennes, ils refusent. Le président de la République avait raison : « Les Français détestent les réformes ».

Home sweet home ? Les activités proposées par la Municipalité s’adressent de plus en plus aux familles. L’intergénérationnel est à la mode. Enfants, parents et seniors sortent ensemble, partagent les mêmes loisirs. Et dire que j’ai connu l’époque où les jeunes se révoltaient contre leurs aînés ! On parlait en ce temps-là de « conflit des générations ». Le père était forcément autoritaire, la mère castratrice et le foyer une prison. Après André Gide, nous défilions en criant : « Famille, je vous hais ! » A partir de 30 ans, on était un vieux con. L’an prochain, nous fêterons les 50 ans de mai 68. Comme c’est loin !

 

Retrouvez Emmanuel Mousset sur son blog : jaitantdechosesavousdire.blogspot.com