L’œil de Mousset

Sortez vos mouchoirs
Les artistes sont des personnes sensibles. A l’occasion de la présentation des travaux de l’école de dessin, nous avons appris le prochain départ de sa directrice, Pomme Legrand. Un grand moment d’émotion, qui a commencé par des larmes et s’est terminé dans les rires. Pomme n’aime pas parler en public. Pour l’encourager, le maire Frédérique Macarez l’a tutoyée, comme en privé (elles sont très bonnes copines). Plusieurs invités, en hommage, portait une pomme sur leur badge. La future directrice, Katia Tournier, nous vient de Castelnaudary : sans l’accent ni l’odeur de cassoulet, a-t-elle précisé.
Luxe, calme et volupté
Savez-vous que j’ai des goûts de luxe ? Chez moi, un vulgaire pique-nique devient un objet d’élite. J’installe une malle à 16 couverts (poisson, viande et dessert) à l’arrière de ma Caterham. Le coffret à champagne est indispensable : bouteille de Krug et verres Joseph, bien sûr. En couple, pour un dîner d’amoureux, je choisis une mini-caravane Teardrop, qui s’ouvre sur une cuisine, avec plancha et évier. C’est d’un chic ! Il faut savoir sublimer l’existence. Je le dois à Jean-Claude Lallement et ses étudiants en ébénisterie, qui ont exposé leurs réalisations au lycée des métiers de l’ameublement. Excellent !
Peace and love
Le dernier ciné-débat a projeté la version restaurée de « Hair », la célèbre comédie musicale de Milos Forman sur les hippies. L’animateur, Claude Baugée, s’était coiffé d’une perruque à cheveux longs. La directrice, Michelle Zann, a jeté des brassées de fleurs dans la salle, avant de distribuer des sticks de cannabis. Les spectateurs se sont mis tout nus et ont fait l’amour en groupe. Mais non, je déconne ! Nous sommes restés vissés sur nos sièges, les genoux serrés, levant le doigt pour intervenir sagement. Les hippies, c’est fini depuis bien longtemps.
Sourde résistance
Un vernissage, ce sont des discours. Le Salon des Arts, dans la galerie Saint-Jacques, n’a pas échappé à la règle. Pendant l’intervention de Marie-Laurence Maître, adjointe à la culture, une conseillère municipale d’opposition s’est distinguée parmi le public : tête baissée sur l’écran de son portable, ne levant les yeux qu’à de rares moments, semblant ignorer son environnement. Cette indifférence était trop ostentatoire pour ne pas être préméditée. Après la politique de la chaise vide, celle de l’esprit absent ? Une façon comme une autre de s’opposer.