L’œil de Mousset

Battus mais contents
Un soir d’élection, ce qui est fascinant, c’est que les perdants se présentent souvent comme des gagnants. Saint-Quentin n’échappe pas à cette étrange règle, au soir du premier tour des législatives. Sarah Lempereur (France insoumise) est éliminée à 10,4 %
mais elle est contente de représenter la première force de gauche. Karl Pincherelle (PS) est distancé à 6,9 % mais il est content d’améliorer le score de la présidentielle. Paul Gironde (sans étiquette, soutien de Macron) n’accède pas au second tour mais il est content de créer la surprise avec ses 12 %. C’est une leçon de sagesse : dans la vie, il est très important d’être content de soi.
– Marre des élections
Dans les allées du parc d’Isle, plusieurs panneaux invitent les promeneurs à voter. Ils doivent choisir entre les bleus, les rouges et les verts. Républicains, communistes et écologistes ? Non, vous n’y êtes pas : ce sont les couleurs possibles des équipements sportifs sur la pelouse de remise en forme, qui vont être rénovés. Vive la démocratie participative ! Mais je ne suis pas content, moi : ma préférence va au jaune cocu, et je ne peux même pas déposer un bulletin blanc dans l’urne. C’est décidé : je n’irai pas voter. Voilà comment on provoque une abstention massive !
– Passe ton bac d’abord
Il faudrait soumettre quelques candidats de la dernière présidentielle à l’épreuve philo. François Fillon : l’argent est-il contraire à la morale publique  ?
Jean-Luc Mélenchon : l’insoumission est-elle compatible avec la démocratie ? Marine Le Pen : la défense de la patrie implique-t-elle la fermeture au monde ? Emmanuel Macron : peut-on gouverner un peuple avec bienveillance ?
Benoît Hamon : faut-il s’en prendre à soi-même dans l’échec ? Philippe Poutou : le rire est-il révolutionnaire ? Jean Lassalle : un langage clair est-il la condition d’une bonne communication ?
– Vieilles canailles
Johnny Hallyday, Jacques Dutronc et Eddy Mitchell remontent sur scène. Les Français aiment, comme la tournée Stars 80. Revoir des gloires passées nous rajeunit. En politique aussi, il faudrait remettre de la nostalgie : Giscard d’Estaing, Chirac et Jean-Marie Le Pen, dans un show ambulant, sous chapiteau, avec leurs meilleures répliques des années 70, quand l’un était président, l’autre Premier ministre et le dernier en pirate, bandeau sur l’œil. Vieux chameaux, vieux bandits !

Retrouvez Emmanuel Mousset sur son blog : jaitantdechosesavousdire.blogspot.com