L’œil de Mousset

Terre des pauvres
En allant visiter nos défunts à la Toussaint, n’oublions pas le « carré des indigents ». Dans un coin du cimetière de La Tombelle, plusieurs dizaines de tombes sont à même la terre, parfois un simple monticule, anonyme. Certaines sont à l’abandon, avec des plaques usées qui errent. D’autres sont soigneusement entretenues, couvertes de galets blancs, d’angelots ou de peluches, lorsqu’il s’agit d’enfants. Ces sépultures ont été faites de mains d’homme, par les familles ou les amis. L’endroit est émouvant, modeste, naturel, et chacun, riche ou pauvre, peut demander à y être enterré. Je le préfère à l’alignement des tombes de granit ou de marbre, souvent laides et orgueilleuses. Quelle qu’ait été notre vie, nous serons tous pauvres dans la mort.

À ne pas manquer
Benoît Delépine, le réalisateur de « Near Death Experience », nous fera l’honneur de sa présence au cinéma, le mercredi 3 décembre, à 20 h 30, juste après être sorti des studios de Canal +. Le débat qui suivra la projection sera animé par votre serviteur. Le film cartonne, Houellebecq est formidable et Delépine, natif de Saint-Quentin, est une star qui ne se prend pas pour une star. Une soirée à réserver dès maintenant dans vos agendas.

Mariage en rouge
Olivier Tournay, l’unique conseiller municipal communiste, a convolé en justes noces, en épousant Barbara Knockaert, un beau parti, mais pas PCF : elle a été candidate du NPA, d’Olivier Besancenot, aux dernières élections législatives, dans la 4e circonscription de l’Aisne. L’union ne se fait pas que dans les luttes. C’est aussi la preuve qu’on peut être révolutionnaire sans vouloir forcément l’abolition de l’institution du mariage. L’histoire ne dit pas si c’est un élu de droite qui a présidé à la cérémonie. Tous nos vœux de bonheur aux jeunes époux.

Mort de trouille
La « marche des morts-vivants » a remporté un vrai succès. Dommage qu’aucun élu n’ait participé. D’ordinaire, ils n’hésitent pas à payer de leur personne, tombant la veste et tapant dans la balle pour un match, ou bien faisant un tour de manège lors de l’inauguration de la fête foraine. Les zombies avaient pourtant de quoi les inspirer : en politique, il y a ceux qui sont morts et qui croient être vivants, ou ceux qui sont vivants et qui font le mort. Les élus d’extrême droite auraient eu l’avantage de ne pas avoir à se maquiller : on prend peur rien qu’à les entendre parler.

Retrouvez Emmanuel Mousset sur son blog : jaitantdechosesavousdire.blogspot.com