L’œil de Mousset

Marchons, marchons
La Grande Marche d’Emmanuel Macron s’est invitée à Saint-Quentin. Son initiateur porte un nom beau comme une vedette de cinéma : Mike Plaza, 22 ans, responsable des jeunes socialistes de l’Aisne. Pour le moment, ça va : pas de problèmes avec ses petits camarades. Le porte-à-porte n’est plus celui de grand-papa :
une feuille de route balise le parcours, une appli guide les questions, les réponses remontent illico au siège du mouvement. Moi qui suis technophobe sur les bords, je ne fais pas mon malin avec mon mobile acheté en l’an 2000. La gauche locale ramait ; avec Macron, elle marche. C’est un progrès.

Ir-res-pon-sa-ble
Le parc Monceau est le coin le plus tranquille de la capitale. On n’imagine pas la foudre y faire onze victimes. La faute à qui ? En pareil cas, notre société cherche des responsables. A la télévision, la mairie de Paris est montrée du doigt :
n’aurait-elle pas dû fermer l’endroit ? Météo France est suspectée : la vigilance jaune suffisait-elle ? Mais personne ne met en cause les trois adultes qui accompagnaient les enfants. Depuis que je suis gamin, on m’a appris qu’il ne fallait jamais se réfugier sous un arbre en cas d’orage. Les parents d’aujourd’hui, hyper informés, l’auraient-ils oublié ?

Vaine vérité
Le crash d’EgyptAir nous a offert un triste spectacle. Les victimes ne sont plus les malheureux disparus, mais leurs familles, qu’on interpelle et qu’on filme. Les avocats veulent savoir : comment les passagers sont-ils morts ? Ont-ils souffert ? Mais qu’est-ce que ça peut faire ! Il est indécent de poser ces questions. Les psy viennent à la rescousse : il faut faire son deuil ! Mais un vrai chagrin n’est-il pas inconsolable ? On prétend vouloir la vérité, on excite le voyeurisme le plus morbide. Un peu de pudeur, s’il vous plaît.

Gazon maudit
Il n’y a pas de petit drame pour celui qui le subit. Nous sommes en période de tonte des pelouses. C’est un rituel respectable : avoir un gazon aussi propre qu’un paillasson neuf. Mais la technique n’a pas encore inventé de tondeuse silencieuse. Le soir ou le dimanche, le bruit agace. Pas moi. Au contraire, ce ronronnement de gros chat me détend. En ville, on se croit à la campagne. Et puis, ce son régulier, en arrière-fond, a quelque chose de poétique. La bonne odeur d’herbe coupée me réconcilie avec lui. Soyons tolérants, sachons vivre avec nos tondeuses à gazon.