L’œil de Mousset

Cause toujours
La politique se cherche, les partis sont en crise, « Nuit Debout » est une réponse. A Saint-Quentin, c’est un conseiller municipal, Karim Saïdi, ancien supporter de Ségolène Royal, qui lance une initiative : le café fraternité. Même si la première rencontre s’est tenue dans un cabaret, la Boite à Rire, les échanges sont très sérieux. On n’est pas assis sur la chaussée, il ne fait pas nuit et aucun CRS ne charge. Mais comme à Paris, on refait le monde et on a bien raison.

Marions-les
Au cinéma aussi, la parole se libère, quand le film est suivi d’un débat. Une récente séance a porté sur « Spotlight », de Tom McCarthy, et le scandale des prêtres pédophiles aux Etats-Unis. Autrefois, l’Eglise catholique avait une image sévère en matière de mœurs. Aujourd’hui, on ne parle d’elle que pour des affaires d’agressions sexuelles. Une spectatrice a trouvé une solution : autoriser le mariage des prêtres, pour mettre fin à leur célibat « contre-nature » (sic). L’animateur, Manuel Caré, a dû rappeler que la plupart des pédophiles étaient des pères de famille, pas des porteurs de soutane. Les préjugés ont la vie dure.

C’est le bouquet
Les dames aiment les fleurs et j’aime les dames, donc je leur offre des fleurs, au marché des Champs-Elysées. Mais avec un message politique dans le bouquet. A madame le maire, j’ai proposé de la lavande, symbole de respect. Quelques élues de droite ont reçu un nénuphar, parce qu’elles me laissent indifférent. A la secrétaire de section communiste, j’ai tendu une anémone, pour sa persévérance. Les conseillères socialistes ont eu droit à une véronique, en gage de fidélité à François Hollande. Enfin, au FN le chardon, pour marquer mon déplaisir. Le dire avec des fleurs, c’est plus pratique.

Yololo lohi etc
La foire-expo nous a régalés ! Le public s’est enthousiasmé pour des chanteurs d’il y a 30 ans. Mais est-ce qu’on s’intéressait à Maurice Chevalier et à Tino Rossi il y a 30 ans ? Sloane n’a pas changé, belle comme le tracteur exposé à l’extérieur. A la kermesse de la bière, ma choucroute ressemblait à sa chevelure oxygénée. Je m’attendais à voir l’organisateur, Pascal Cordier, en culotte de peau et chapeau tyrolien. Absent pour la course aux cochons, je me suis replié sur le défilé des élus, qui a duré trois heures, comme au Salon de l’Agriculture. La traite des vaches et la tonte des moutons ont laissé songeur le citoyen que je suis.