L’œil de Mousset

Grand oral
Coralie Capillon, substitut du procureur, et Anne-Sophie Baert, bâtonnier, n’ont pas eu pour une fois devant elles des prévenus mais des lycéens. Lors du concours d’expression orale organisé par le Rotary Club, elles ont auditionné avec autant d’attention qu’au tribunal. Les infractions sanctionnées : bafouillage, confusion, radotage. Heureusement, les candidats ont été à la hauteur. Il m’est venu à l’idée que le même exercice pourrait être infligé à nos élus, surtout à ceux qui sont incapables de discourir sans lire leur texte, butant sur les mots et endormant l’assistance, à cause d’un charisme de chou-fleur. Combien y aurait-il de recalés ?

Gazpar le surdoué
La municipalité va faire installer de nouveaux compteurs à gaz, dénommés Gazpar, qui ont l’avantage sur les anciens d’être « intelligents ». Il est vrai que le mien, au fond de sa cave, a un air abruti, se contentant d’enregistrer en silence ma consommation. Le nouveau aura l’esprit plus fin, plus précis et sera consultable à distance. Mais les machines douées d’un cerveau inquiètent : la petite merveille ne va-t-elle pas accumuler tout un tas de données sur ma vie privée ? D’ami, l’engin va devenir un intrus. Il faut se méfier de la fréquentation des gens trop intelligents.

Merci les Charlots !
En ces temps de contestation de la loi El Khomri sur la réforme du droit du travail, un film remporte un franc succès :
« Merci patron ! », où des chômeurs picards s’en prennent au capitalisme et veulent faire payer les riches. Le titre et le générique honorent une chanson du groupe « Les Charlots », un tube des années 70. Et si la lutte des classes passait désormais pas les Seventies ? « Le lundi au soleil » milite en faveur de la réduction du temps de travail. « Moi y’en a vouloir des sous » exige la hausse du pouvoir d’achat. Après Marx, Lénine et Trotski, les révolutionnaires d’aujourd’hui sont les vedettes d’hier : Gérard Rinaldi, Claude François et Jean Yanne, poing levé.

Vie de chien
Je n’aimerais pas être président de la République. C’est pourtant un beau métier, mais il y a trop d’inconvénients. Hollande doit se lever le matin en se demandant ce qui va lui tomber sur la tête. Il se couche sûrement en peinant à s’endormir, avec plein de tracas à l’esprit. Et puis, c’est un travail précaire, menacé à chaque élection. Sans parler du temps de préparation pour parvenir au sommet. La concurrence est rude. Si encore le job était bien payé ! Mais pour gagner de l’argent, il faut faire des affaires, pas de la politique. Reste un mystère : si la fonction est ingrate, pénible et impopulaire, pourquoi sont-ils tant à vouloir devenir président de la République ?