L’œil de Mousset

Impossible détox
Les chrétiens sont en pleine période de carême. Certains politiques s’y mettent aussi. Ils tentent un jeûne de pouvoir et de médias. Marine Le Pen a débuté une diète d’un an, avant la présidentielle. Le régime est si sévère que des pénitents craquent : Jean-François Copé a tenu 18 mois, puis s’est jeté sur les télés et dans la primaire. Nicolas Sarkozy s’est privé pendant deux ans, avant qu’il ne cède à la fringale. Arnaud Montebourg, qui s’était fait oublier, est sur le point de replonger. L’explication, c’est qu’ils sont tous tombés dans la marmite étant petits, comme Obélix, et qu’ils ne peuvent plus se passer de l’action publique.

Ma vie en rose
Pour la législative partielle des 13 et 20 mars, les candidats invitent à Saint-Quentin des vedettes qui les soutiennent. Le Front de gauche a fait venir Pierre Laurent, le secrétaire général du PCF. La droite va bénéficier de la présence du présidentiable Bruno Le Maire. Lutte ouvrière recevra son leader Nathalie Arthaud. Mais qui chez les socialistes ? Je rêve de Manuel Valls haranguant la foule au théâtre Jean-Vilar. Ou bien d’Emmanuel Macron descendant tout sourire la rue d’Isle. J’imagine Bernard Cazeneuve serrant des mains sur le marché du centre-ville. Je rêve, je rêve, je rêve.

Que d’la gueule
Martine Aubry sort le fusil. Elle dézingue la politique du gouvernement, en long, en large et en travers. Tout y passe : pacte de responsabilité, déchéance de nationalité, accueil des migrants, réforme du Code du travail. François Hollande est habillé pour l’hiver prochain, et la maire de Lille lui a aussi taillé un short pour l’été. De quoi rendre jaloux un opposant de droite, qui ne ferait pas mieux (ou pire). Mais c’est sans importance : Aubry montre les dents, aboie et rentre à la maison. C’est le charme inoffensif des grandes gueules.

On se calme
La ministre du Travail Myriam El Khomri a mis le feu à la maison, avec sa réforme du droit du travail. Des centaines de milliers de personnes lui disent non, par pétition. Pourtant, ce n’est qu’un projet, pas encore adopté, mais soumis à discussion. Pourquoi tant de passions, de peurs et de préjugés ? Faut-il ne rien changer en France, alors que nous avons depuis 30 ans des millions de chômeurs et de précaires ? La vie politique ne peut pas se passer de débats raisonnés, ouverts et sincères menés par les syndicats, les citoyens et les parlementaires.