L’œil de Mousset

Tout se perd
Un rapport alarmant constate qu’en 50 ans, les bistrots en France se sont effondrés de 600 000 à 30 000. C’est un changement de civilisation. Nous regretterons ces sympathiques clients qui démarraient la matinée au petit blanc et terminaient la soirée au gros rouge. Nous ne verrons plus ces visages écarlates et bouffis à l’eau-de-vie, qui passaient des heures à ne rien faire. Nous n’entendrons plus ces conversations de comptoir, aussi vides que les bavards étaient pleins. C’est le glas de la convivialité bistrotière, et nous compatissons.

Jeux dangereux
Je suis allé jeter un coup d’œil au tournoi de poker, à Fervaques. Le rapprochement avec la politique est évident. Dans les deux cas, ce sont des jeux qui demandent de l’intuition. La maîtrise de soi autant que la compréhension de l’adversaire sont indispensables. La chance a sa part, mais on ne gagne pas sans stratégie. Il faut maintenir la pression, se montrer agressif, savoir bluffer. La patience est déterminante dans le résultat. Ce n’est pas sans risque : au strip poker comme en politique, on peut finir à poil.

Pas chez nous
J’ai toujours pensé que l’immigration était une chance pour la France. Mais c’est raté. Les migrants sont attirés par l’Allemagne ou les Etats du Nord. Notre gouvernement s’est engagé à en accueillir modestement 30 000 en deux ans. On n’y arrivera même pas ! Les réfugiés ne sont que quelques centaines par mois à venir chez nous. Calais est tout un symbole : c’est le départ en Angleterre qui fait rêver, pas le séjour sur notre sol. L’extrême droite ne veut plus d’immigrés en France. Elle se trompe : ce sont les immigrés qui ne veulent plus de la France.

Votez Lebrun
Invité par l’association Traversée pour présenter son nouveau livre sur Saint-Quentin, Bernard Lebrun, président de l’office du tourisme, s’est tenu debout, devant un pupitre, pendant plus de deux heures, à la façon d’un homme politique éloquent. Madame le maire l’honorait de sa présence. La droite locale aime à dire que l’auteur, longtemps au parti socialiste, aurait pu accéder autrefois à la tête de la municipalité ou devenir député. Mais a-t-il renoncé ? A l’entendre, Bernard Lebrun a son programme pour notre ville : installer l’évêque, faire venir la préfecture, devenir le siège du rectorat, implanter une ligne TGV, c’est-à-dire suppléer aux occasions manquées. La gauche aurait-elle enfin son candidat ?