L’œil de Mousset

La Force a vaincu
Une élection s’analyse par de savants commentaires, mais aussi par la fiction. « Star Wars » nous fait comprendre le scrutin régional aussi bien qu’une étude. Les chevaliers Jedi, ce sont les républicains, défenseurs du bien. Les seigneurs Sith, c’est le Front national, au service du mal. Le côté obscur de la Force est en chacun de nous : rejet de l’autre, sentiment de peur, désir de destruction. Nous sommes tous des Skywalker prompts à devenir Dark Vador. Le combat est éternel entre la République galactique, éprise de justice et de paix, et l’Empire frontiste, voué à la violence et à la haine. Mais le côté lumineux de la Force a vaincu !

Que d’eau !
Entre les deux tours, une formule a remporté un franc succès : « faire barrage », pour refuser le Front national. « Faire rempart » ou « battre le FN » ont été minoritaires, l’un trop médiéval, l’autre trop guerrier. La métaphore hydraulique est moderne, pacifique et efficace : un barrage qui craque, c’est le désastre. Mais l’image n’est pas forcément explicite : certains responsables de gauche n’ont pas osé dire qu’ils soutenaient Xavier Bertrand, n’ont pas voulu prononcer son nom. Pourtant, un barrage ne fonctionne pas tout seul, il a besoin de quelqu’un aux commandes. Heureusement, les électeurs l’ont compris et n’ont pas voté blanc. Sinon, c’était la voie d’eau assurée.

Un ange au plafond
Au soir du second tour, quel était l’homme le plus heureux au monde au palais de Fervaques ? Non, pas Xavier Bertrand, vainqueur pourtant, mais Freddy Grzeziczak, même pas candidat. C’est que l’adjoint aux affaires sociales est le seul postulant déclaré au poste de maire, vacant dans quelques jours. Dimanche, Freddy était plus grand qu’à l’ordinaire. L’ambition fait pousser des ailes, sa tête frôlait presque les lustres. Les amis se pressaient autour de lui, prêts à l’appeler « monsieur le maire ».

Perle rare
Xavier Bertrand devenu président de région, il faut élire un nouveau député. A droite, les prétendants ne manqueront pas. Mais à gauche ? Le PS vient de subir une grave défaite. Après la démission de Michel Garand, il n’a plus de chef de file. Alors qui ? Il lui faudrait quelqu’un de combatif, bien implanté, avec une longue expérience et une petite notoriété, compromis dans aucune défaite, bon pédagogue de la politique gouvernementale, présent dans la presse et sur Internet, hostile au Front national et modéré dans ses positions politiques. Ce gendre idéal du socialisme local existe-t-il ?

Retrouvez Emmanuel Mousset sur son blog : jaitantdechosesavousdire.blogspot.com