L’œil de Mousset

Astérix à St-Quentin
Un nouvel album du petit Gaulois est toujours un événement. Ce que j’aime dans cette bande dessinée, ce sont les clins d’œil à l’actualité. Du coup, j’imagine Astérix dans notre ville, en politique, où c’est aussi la bagarre. Abraracourcix sur son bouclier, c’est évidemment Xavier Bertrand, qui résiste à la petite légion romaine des socialistes. Elle assiège depuis 20 ans l’hôtel de ville, sans le faire tomber. Ses soldats reçoivent de grosses baffes (électorales), à défaut de posséder la potion magique. Le chef gaulois ne craint qu’une seule chose : que le ciel ne lui tombe sur la tête, aux prochaines régionales.

Sébastien président
Au Guatemala, un humoriste, Jimmy Morales, a remporté l’élection présidentielle. Un des pays les plus violents, corrompus et pauvres au monde s’est donné un comique comme chef d’Etat. En France, il y a 35 ans, nous avions été tentés d’élire Coluche. Ne dit-on pas que rire vaut un bon beefsteak ? Le principe pourrait être appliqué en politique. Mais quel serait chez nous le candidat ? Je vois bien dans ce rôle le très populaire Patrick Sébastien, le Petit Bonhomme en mousse qui ferait tourner les serviettes à l’Elysée.

Tu parles, Charles !
Saint-Quentin a organisé récemment une manifestation d’envergure, intitulée « Ceci n’est pas un tag », sur l’art rebelle du graffiti. Ce n’est pourtant pas trop dans la culture de droite, où l’on s’attend à des opérations plus classiques. Quand les murs ont la parole, c’est souvent la contestation qui s’exprime, comme en mai 68. Mais à la place du Che Guevara, c’est l’effigie du général de Gaulle en képi qui a été taguée en plusieurs points de la ville, rue des Canonniers, rue de la Nef d’or et sur le parvis de la basilique. Nous sommes rassurés, la municipalité n’a pas basculé dans le gauchisme.

Fini de rigoler ?
Le Palais omnisports de Bercy fait dans la provoc amusante. Pour promouvoir sa nouvelle salle, il a conçu une affiche choc, où une joueuse de tennis est à genoux sur le court, heureuse d’avoir gagné, avec ce slogan : « Le seul lieu où les femmes sont à vos pieds ». C’est ce qu’on appelle du second degré, de l’ironie, qui se moque de ce qu’elle feint de proclamer, en l’occurrence le machisme. Mais mes camarades parisiens n’ont pas ri et la mairie a fait retirer la publicité. Le socialisme est-il soluble dans l’humour ? Je pense que oui et j’essaie de le prouver chaque semaine ici.

Retrouvez Emmanuel Mousset sur son blog : jaitantdechosesavousdire.blogspot.com