L’œil de Mousset

Clair de chez clair
Il y a deux méthodes en politique : l’ambiguïté ou la clarté. Il y a aussi deux objectifs : les places ou les convictions. Aux élections régionales, pour le second tour, Anne Hidalgo, maire de Paris, est claire et convaincue : « Je préfère aucun socialiste dans un exécutif plutôt que le Front national à la tête de ces exécutifs ». Il en faut, du courage, pour renoncer au pouvoir afin de priver l’extrême-droite d’une victoire historique. J’espère que tous les socialistes auront partout cette clarté, cette conviction et ce courage. J’espère surtout que le second tour se fera entre républicains, gauche contre droite, sans les extrémistes. La démocratie se passe très bien d’eux.

Chasse ouverte
Le week-end dernier, je suis allé aux champignons, en forêt de Tronçais. Mon panier s’est vite rempli de ceps. C’est une activité paisible et sans danger. Bien sûr, on peut ramasser des vénéneux ; mais les rouges à points blancs, je n’en ai jamais vus. Il y a aussi le coup de fusil des chasseurs, sauf que la statistique démontre qu’ils se tuent surtout entre eux. Enfin, on peut s’égarer : mon truc, c’est la mousse sur les arbres qui indique le nord, inutile mais rassurant. Ma cueillette s’est terminée par la rencontre avec une biche, qui s’est laissée photographier. Un beau week-end.

Chef, oui chef !
En politique, quand je mets les pieds quelque part, je me pose toujours la question : qui est le chef ? Pas de chef, pas de politique ! A Saint-Quentin, à droite, il y a un hyper-chef, Xavier Bertrand : tous derrière et lui devant, personne ne moufte, pas une oreille ne dépasse. Mais à gauche, qui connaît le nom du patron ? C’est qu’il n’y en a pas, comme chez les premiers socialistes au XIXe siècle, qui étaient aussi libertaires : ni Dieu, ni maître, pas de chef ! C’est Bertrand qui doit être content.

Cupidon sous clé
Dans mes promenades sur les quais de Paris, je suis horrifié par ces milliers de cadenas qui enlaidissent certains ponts. La municipalité a beau les enlever, ils reviennent ! Ces objets sont censés symboliser l’amour, que les couples ferment à double tour, en jetant la clé dans le fleuve. Effrayant ! La passion, c’est la beauté et la liberté, pas ce qu’on nous montre là. Ces cadenas sont aussi peu sentimentaux qu’une ceinture de chasteté. Autrefois, les amoureux gravaient des cœurs fléchés sur l’écorce des arbres : c’était quand même plus charmant.

Retrouvez Emmanuel Mousset sur son blog : jaitantdechosesavousdire.blogspot.com