L’œil de Mousset

Remise des péchés
Nos hommes politiques ne sont plus des princes-très-chrétiens, mais ils pratiquent volontiers le mea culpa. Dans la même semaine, François Hollande et Nicolas Sarkozy ont fait chacun le leur. Vous imaginez De Gaulle et Mitterrand se déboutonner ainsi devant l’opinion publique ? Mais il est désormais bien vu d’aller à confesse dans les médias, jouer à l’humilité, faire œuvre de repentance, se soumettre à contrition. Pourtant, avouer qu’on s’est trompé n’engage pas à vous faire de nouveau confiance. Le peuple, lui, n’est pas devenu curé : il ne pardonne pas si facilement, d’autant qu’il sent la ruse derrière la sincérité.

Ah, si j’étais…
Pierre de Saintignon, tête de liste socialiste aux élections régionales, est très attendu à Saint-Quentin. Pour le candidat, la deuxième ville de Picardie, tenue par son principal adversaire Xavier Bertrand, est une étape incontournable. Mais comment faire un passage remarqué ? Les idées ne manquent pas :
faire un tour d’auto-tamponneuse lors de l’inauguration de la foire de la Saint-Denis, se claquer les cuisses de rire au spectacle de Bigard (en novembre, au Splendid), taper dans la balle au début d’un match du SQBB. Ah, si j’étais directeur de campagne de Pierre de Saintignon…

Savelli des carvernes
Aux journées du patrimoine, une visite a fait sensation : l’exposition sur la préhistoire, à l’école Theillier-Desjardins, présentée par Vincent Savelli. Le conseiller municipal, apprécié pour son dévouement, s’était déguisé en homme de Cro-Magnon plus vrai que nature :
chevelure de hippy, pilosité synthétique sur tout le corps, peaux de bêtes et gourdin menaçant. Alliant la parole au geste, ce guide inattendu a même effrayé des enfants avec ses cris. Quelques dinosaures de la droite locale sont venus le saluer, mais aucun tyrannosaure du Front national. Belle initiative pédagogique !

Dent pour dent
J’ai discuté avec un agrégé de philosophie qui m’a parlé pendant dix minutes de ses dents. La passion dentaire a gagné toute notre société. Il y a même des bars à sourire. Cette vipère de Trierweiler savait ce qu’elle faisait en attribuant au président l’expression mensongère de « sans dent ». Cette mode est si folle que nos jeunes commencent à porter de faux appareils dentaires par coquetterie, pour attirer l’attention. La vanité conduit à encager nos incisives et nos molaires. Il y a de quoi apprécier le choix rebelle de l’écrivain Michel Houellebecq : ni dent, ni dentier !

Retrouvez Emmanuel Mousset sur son blog : jaitantdechosesavousdire.blogspot.com