L’œil de Mousset

Nos amies les bêtes
Une pétition de plus d’un million de signatures a été déposée auprès des institutions européennes, pour demander l’interdiction des expérimentations sur les animaux. J’applaudis à cette belle initiative : les bêtes ont le droit de vivre sans qu’on les embête ! Mais il y a un prix à payer : fini les médicaments qui rétablissent la santé, fini les cosmétiques qui embellissent nos visages et nos corps, fini les traitements qui prolongent la vie, puisque tous n’existent que grâce aux expériences sur les animaux. Vouloir vivre comme saint François d’Assise est admirable. Mais qui en est capable ?

Papy fait le djihad
C’est une première : un Français condamné à 8 ans de prison pour être allé faire le djihad. On s’attendrait à un jeune de banlieue, d’origine immigrée, délinquant et paumé. Pas du tout : c’est un brave Breton d’une soixantaine d’années, converti très sérieusement à l’Islam il y a 30 ans, parti avec sa petite famille élever des chèvres au Mali. Sauf qu’il a récemment troqué son bâton de berger pour un fusil-mitrailleur et qu’on l’a retrouvé au volant d’un pick-up bourré d’explosifs. On a très souvent des préjugés sur le profil des fanatiques.

Droit à quoi ?
Vous avez sûrement déjà entendu, comme moi, cette formule plaintive et exaspérée : « J’ai droit à rien ». Alors, je commence par féliciter mon interlocuteur : quand on n’a droit à rien, c’est qu’on ne vit pas dans le besoin. Les droits sociaux n’échoient qu’à ceux qui sont dans la difficulté, comme il est normal. J’ajoute tout aussitôt à mon vis-à-vis qu’il est un peu menteur puisqu’il jouit de nombreux droits civiques : le vote, la libre expression, la grève, la manifestation, etc. Généralement, nous nous quittons fâchés : logique, il n’y a que la vérité qui blesse.

La récré continue
Après les rythmes scolaires à l’école primaire, c’est la réforme du collège qui provoque une levée de boucliers. Depuis 30 ans, proposé par la droite ou par la gauche, tout changement dans l’Education nationale suscite de fortes résistances. Les ministres les plus appréciés sont ceux qui ne touchent à rien. C’est à n’y rien comprendre : la droite est très en pointe dans cette contestation, rejoignant ainsi les syndicats les plus à gauche. Les uns condamnent l’égalitarisme qui serait au cœur de la réforme, les autres dénoncent un projet inégalitaire qui sacrifierait le savoir. Il serait urgent de se mettre d’accord : pourquoi n’y parvient-on pas ?

Retrouvez Emmanuel Mousset sur son blog : jaitantdechosesavousdire.blogspot.com