L’œil de Mousset

Pitié pour les poissons !
En cette semaine d’ouverture de la pêche, il me revient des souvenirs d’enfance, le réveil au petit matin, le choix d’un coin paisible au bord de l’eau, les heures de patience, de calme et de bonheur, le plaisir de rentrer chez soi avec toute une friture et quelques belles pièces. Aujourd’hui, je ne pêche plus, j’en suis revenu : les hameçons dans la gueule ou dans le ventre, les boyaux tirés au dégorgeoir par la bouche de l’animal vivant, les bêtes qui s’asphyxient sur la berge, non, la pêche est plus cruelle que la chasse, où il suffit d’une balle pour en finir. Laissons les poissons tranquilles dans leur rivière.

Coucou, c’est nous !
Chaque élection nous donne l’occasion d’admirer les militants. Ils donnent de leur temps, collent, distribuent, font du porte à porte. La tâche est ingrate, la récompense incertaine. Les militants sont pourtant le sel de la démocratie. En revanche, je n’ai que mépris pour ces candidats qu’on ne voit que pour la durée de la campagne, inconnus avant, disparus après. Ils montrent leur binette sur les panneaux, nous interpellent dans la rue, s’invitent dans notre cuisine et mendient nos voix, qu’ils ne méritent pas. Un véritable homme politique, soucieux de ses concitoyens, est sans cesse dans la vie publique. Sinon, il n’est rien.

L’aventure n’est pas un jeu
La disparition de Florence Arthaud et de ses amis sportifs a ému la France entière. La célèbre navigatrice a affronté héroïquement les océans et elle perd la vie dans les airs, lors d’une stupide collision d’hélicoptères. Ironie supplémentaire du sort : elle meurt au milieu d’un jeu, où les candidats sont soumis à des épreuves de survie, entourés de caméras. La télévision transforme l’aventure en divertissement sécurisé. Sauf que le danger a un prix, le risque n’est jamais aboli, le hasard fait parfois mal, la mort peut toujours surgir. Pour l’avoir oublié, certaines émissions donnent prise à la tragédie.

Tu votes ou tu raques
Un député écologiste propose de rendre le vote obligatoire, sinon il nous en cuira 25 ou 30 euros. Croit-il combattre ainsi l’abstention ? Voter est certes un devoir, mais c’est aussi une liberté. Celui qui ne se rend pas aux urnes a sans doute ses raisons. Au lieu de le sanctionner, il vaudrait mieux le convaincre. L’enfer est pavé de bonnes intentions.

Retrouvez Emmanuel Mousset sur son blog : jaitantdechosesavousdire.blogspot.com