L’œil de Mousset

50 Nuances de rien

Un mauvais livre fait rarement un bon film. C’est confirmé avec « Cinquante Nuances de Grey ». Que vont donc y chercher les millions de spectatrices ? Leur libération sexuelle, sûrement pas, puisque c’est une histoire de domination. Ce sont plutôt des peine-à-jouir qui s’excitent dans une sexualité gadget, des petites filles qui ont besoin de joujoux, cravache, masque, menotte. Il n’y a pourtant pas de quoi fouetter un chat. Si ces dames en veulent pour leurs fantasmes, qu’elles lisent le marquis de Sade : j’ai toute la collection chez moi.

US go home !

On verra bien, dans la durée, ce que donnera l’accord de Minsk, qui établit la paix en Ukraine et un compromis avec la Russie. Pour l’instant, c’est une belle victoire de la diplomatie française, en partenariat avec nos amis allemands. Ce conflit en Europe devait se régler entre Européens. Nous sommes redevables aux Américains de nous avoir libérés en 1944, mais ils n’ont plus rien à faire maintenant sur le continent, aux marges de la Russie. Quant au régime de Poutine, il se dégage difficilement de plusieurs siècles de despotisme, tsariste puis communiste. Nous devons l’aider, pas le stigmatiser. Car l’Europe se construira aussi avec la Russie.

Tous toqués

A la télé, dans les magazines, la mode est à la cuisine. Je me demande bien pourquoi. La société de consommation, en inventant les conserves et les surgelés, nous a libérés de l’esclavage des fourneaux. Pourquoi y revenir ? La cuisine prend un temps fou, auquel on sacrifie la lecture, la promenade ou les rencontres. Franchement, les bons petits plats, croyez-vous que ce soit la préoccupation humaine la plus élevée ? Et puis, réapprendre à cuisiner, c’est la preuve qu’on ne sait plus, qu’on a rompu avec les traditions de grand-maman. L’absence de repères, souvent dénoncée, est aussi culinaire.

Frondeurs hors-jeu

A quoi jouent les « frondeurs » socialistes ? Ils ruent dans les brancards, ils ne respectent pas le travail de leur groupe parlementaire. Une minorité sabote les décisions de la majorité. La politique, ce n’est pas chacun pour soi. Quand on s’est fait élire dans la foulée de la victoire de François Hollande, on soutient François Hollande. Et si on n’est plus d’accord avec lui, on remet son mandat et éventuellement on quitte le parti. C’est bien joli de s’amuser à Thierry la Fronde, mais dans l’histoire, c’est toujours Louis XIV qui gagne.