L’IUT de l’Aisne « invente » le vélo du futur

Et si le vélo du futur était axonais ? Conçu et fabriqué par l’IUT de l’Aisne, cet « objet roulant non identifié » est loin de passer inaperçu. « La première réaction des passants, c’est : « Oh, le délire ! », sourit Arnaud Sivert, tout à la fois pilote et enseignant. Faut avouer que c’est plutôt rare de voir rouler un vélomobile. »
Egalement appelé tricycle caréné, ce drôle d’engin a nécessité un an de travail avant de voir le jour dans les ateliers de l’IUT. Un projet ambitieux, conduit par six étudiants et deux professeurs. Citons ainsi Arnaud Sivert, responsable du département de génie électrique (basé à Soissons), et José Claudon, à la tête du département de génie mécanique implanté à Saint-Quentin). « Notre premier objectif était de démontrer qu’on pouvait réaliser un véhicule propre, consommant très peu, avec une large autonomie », explique Arnaud.
Objectif atteint puisque le vélomobile axonais dispose, grâce à son moteur électrique de 250 watts (rechargeable en 1 heure), d’une autonomie de 250 km pour un coût moyen de 1 € pour… 2 000 km. Imbattable ! Mais observons d’un peu plus ce curieux vélo à trois roues : « C’est effectivement un tricycle, équipé d’un pédalier classique et d’un carénage en fibre de verre, détaille Arnaud Sivert. On pédale en position couchée, à l’intérieur d’une sorte de cockpit qui nous protège des intempéries. » Confort garanti ! Côté poids, l’ensemble pèse 50 kg, dont 20 kg pour le moteur électrique. Et ça va vite ? Je roule à une allure moyenne de 45 km/h.Pour faire la route entre Soissons et Saint-Quentin, soit une soixantaine de kilomètres, j’ai mis à peine 1 h 30″, précise l’enseignant.
Au passage, notons que le vélomobile, pas très en vogue auprès de l’UCI (Union cycliste internationale), détient le record de l’heure (92 km/h contre 49 km/h pour un vélo classique.) Bref, ça dépote et ça pourrait même rouler plus vite si la législation française, qui limite à 250 W la puissance des moteurs des vélos à assistance électrique, évoluait dans le bon sens.
Alors, quel sort réservera l’avenir à cet incroyable engin, qui présente bien des atouts ? « Pour nous, c’est vraiment un transport alternatif, propre et donc écolo. Aujourd’hui, sur le plan environnemental, on est à la croisée des chemins. Chacun sait qu’on devra modifier nos habitudes de déplacement. Alors, pourquoi pas en vélomobile ? Ce qu’on espère, c’est pouvoir, à terme, commercialiser notre véhicule, confie Arnaud. D’ailleurs, on vient de mettre au point un tout nouveau prototype, cette fois en kevlar avec mémoire de forme, qui offre de meilleures performances. » Le savoir-faire est là. Reste maintenant à le faire savoir auprès d’éventuels partenaires.

Ce que dit la loi
Au regard de l’article R311-1 du Code de la route, le vélomobile est un vélo, qu’il soit ou non à assistance électrique. C’est dire que le conducteur n’a pas besoin d’avoir le permis, d’être assuré ou de posséder une carte grise ou tout autre titre propre au véhicule. A l’exception des voies interdites aux cyclistes, un vélomobile peut rouler partout !
Made in France ?
L’histoire du vélomobile débute dans les années 1920 à Puteaux avec le célèbre vélocar de Charles Mochet. Alors, cocorico ? Oui et non. Parce qu’en réalité, c’est la firme danoise Leitra qui, au début des années 1980, fut la première à commercialiser des vélomobiles modernes, destinés à un usage quotidien.
A quel prix ?
Le prototype réalisé par l’IUT de l’Aisne aura coûté 6 000 €. Mais il s’agit là d’une pièce unique, dont le coût baisserait si elle était fabriquée à grande échelle. Concernant les modèles vendus sur le marché (une douzaine de constructeurs occupent déjà la place), les prix varient entre 5 000 et 12 000 €. En revanche, les vélomobiles vendus en kit sur Internet sont beaucoup plus accessibles : à partir de 1 000 € environ.
Contacts
IUT Saint-Quentin génie mécanique : 03 23 50 36 95. IUT Soissons génie électrique : 03 23 76 40 10.