Let’s twist again avec Dick Annegarn

DICK ANNEGARN_003©LoLL WILLEMS

« Bruxelles », Mireille », « Nicotine Queen », « Sacré géranium »… En plus de 40 ans de carrière, Dick Annegarn n’a cessé de nous enchanter avec ses mélodies joliment troussées qui enrobent de miel des paroles qui nous trottent dans la tête. Beaucoup l’ignorent mais ce Néerlandais francophile, sorte de baladin sans frontières, mérite une place de choix dans la cour des grands. Bonne nouvelle : celui qui se considère comme un « militant poétique » sera présent dimanche (30 avril) au Familistère de Guise pour le concert du bicentenaire. Rencontre…

« Twist » : c’est le titre de votre tout nouvel album. Un titre qui cadre mal avec l’idée qu’on se fait de votre musique…
Dick Annegarn : « A l’origine, « Twist » était   le nom de code du disque pendant qu’on l’enregistrait. Et puis, finalement, on l’a gardé ! Ça m’évoque le slam de « Let’s twist again » de Chuck Berry. De la poésie brève et directe, qui va à l’essentiel. Musicalement en revanche, cet album est très loin du twist à la yé-yé ! Je navigue plutôt dans un univers à la fois blues et folk avec, en toile de fond, une poésie qui se veut légère… »

Il paraît que vous avez enregistré cet album en une semaine seulement…
Dick Annegarn : « Vous savez, mon premier album, je l’ai enregistré en trois jours et trois nuits ! C’était en 1974 à Bruxelles. Je squattais le studio de Moustaki pendant qu’il ne l’utilisait pas. De manière générale, j’aime pas trop les studios. M’enfermer là-dedans n’a rien d’un plaisir. Donc, autant faire rapide ! »

Sur cet album, on vous découvre en duo avec Raphaël dans « On est deux ». Pourquoi ce choix ?
Dick Annegarn : « Avec Raphaël, on se connaît bien. J’ai déjà écrit des titres pour lui. On partage la même culture pop et blues. Et puis, j’aime son côté bosseur et modeste. Quand on travaille ensemble, on est un peu comme des laborantins qui essaient de varier les plaisirs. « On est deux », c’est une chanson sur la fraternité, sur l’amitié en temps de crise avec une référence aux attentats. Mais tout ça n’a rien de nouveau. Je suis né en 1952 et des attentats, j’en ai connus toute ma vie… C’est dire que « On est deux » est une chanson intemporelle. »

Dick Annegarn, ça donne quoi sur scène ?
Dick Annegarn : « Ça donne un vrai spectacle. Sans être un showman à la Philippe Katherine, je ne fais pas non plus un concert à la Brassens avec un tabouret et un pied de micro ! (rires) Nous sommes quatre musiciens avec une vraie scénographie qui n’a rien à voir avec le vintage ou la nostalgie. »

Enfant, c’est ma tante Solange qui m’a fait découvrir votre musique. Et dans tout votre répertoire, il y a un morceau que j’aime particulièrement : « Coutances ». Parlez-moi de cette chanson…
Dick Annegarn : « Ah, Coutances… Ça fait partie de ces villes un peu désuètes mais pleines de poésie. Dans cette chanson, je raconte un jour de relâche entre deux concerts. Un dimanche matin de février, un peu trop froid, un peu trop vide. Je me souviens que les pommiers n’étaient pas encore en fleurs… Cette chanson respire le blues. »

Et vous, si vous ne deviez retenir qu’une seule de vos chansons ?
Dick Annegarn : « Sans hésiter, je dirais « Au marché des mendiants », qui figure sur mon dernier album et qui parle des nouveaux écosystèmes mais aussi de la précarité. Une situation à laquelle on est tous exposés, non ? »  B. Duchet
Dick Annegarn en concert : dimanche 30 avril à 19 h 55 sur la place du Familistère de Guise. Gratuit.