Les papillons s’envolent pour la rue d’Isle

Le musée des Papillons va quitter le premier étage de l’espace Saint-Jacques qu’il occupait depuis 1989. Il va s’installer en haut de la rue d’Isle, dans l’ancienne parfumerie Marionnaud fermée depuis 2013. En ayant pignon sur rue, la collection de ce musée, une des plus belles d’Europe avec plus de 600 000 spécimens, va acquérir une nouvelle dimension. En outre, un espace pouvant accueillir des espèces vivantes est prévu.
Le musée des Papillons, labellisé musée de France en 2003, disposera d’une surface identique à celle occupée aujourd’hui (250 m2 environ) mais proposera aux visiteurs une scénographie beaucoup plus moderne, offrant une meilleure attractivité et lisibilité. Des conditions mieux adaptées aux attentes des visiteurs (10 000 à 12 000 chaque année, dont 30 % de scolaires).
Côté entomologie, pas de changement, 11 000 spécimens seront exposés (80 % de papillons, le reste composé de sauterelles, scarabées, criquets, grillons, mille-pattes, mantes, libellules, araignées et autres scorpions). Le nouvel espace de la rue d’Isle disposera également d’une salle pédagogique pour l’accueil des enfants. Les insectes, quant à eux, seront conservés à 50/55 % d’hygrométrie et une température constante de 19° C, des conditions de conservation idéales pour éviter les dégradations. Le musée, depuis deux ans en suivi d’inventaire (récolement), présentera donc un nouveau visage l’an prochain. Les travaux débuteront en juin pour une ouverture prévue début 2016.

Inauguré en 1914 grâce à Jules Passet

  • D’abord installé au palais de Fervaques, le musée des papillons fut inauguré le 4 mai 1914. Un musée réalisé grâce au legs en 1912 de Jules Passet, un riche collectionneur né à Saint-Quentin, rue des Canonniers, dans une famille du textile. Il fut élève du collège Henri-Martin avant de rejoindre le lycée Henri IV à Paris. Une collection amassée tout au long de sa vie, par lui-même, mais aussi par des achats auprès d’intermédiaires, chasseurs privés ou comptoirs d’histoire naturelle. Une collection au moins égale à celle de son contemporain anglais, le baron Lionel Walter Rothschild.
  • Le trésor de Jules Passet était à l’époque entreposé dans 45 meubles en chêne, équipés de 10 à 15 tiroirs vitrés, et une armoire. Conditions qui permettaient une vision immédiate des insectes tout en les protégeant de la lumière. Un certain nombre de ces meubles sont encore utilisés aujourd’hui. Le legs comptait également une magnifique collection d’oiseaux exotiques, de coquillages et de documents anciens.
  • Le musée offre aux visiteurs un véritable voyage sur les cinq continents, à travers notamment les richesses du monde tropical avec des spécimens de Guyane, Madagascar, Amérique… dont deux des plus grandes espèces au monde : Thysania agrippina et Attacus atlas.
  • La collection fut déplacée à Maubeuge durant  la Première Guerre mondiale, puis à Paris au Muséum national, avant de retrouver Fervaques, puis le musée Antoine-Lécuyer, la bibliothèque durant 40 ans, de nouveau Fervaques, puis l’espace Saint-Jacques depuis 1989. Le musée accueille des expositions temporaires, un service éducatif et organise les ateliers du mercredi pour les 6-12 ans.

Le plus grand : Le plus grand papillon du monde est la Reine Alexandra Birdwing, papillon femelle (Alexandrae Ornithoptera). Il habite en Nouvelle-Guinée et a une envergure allant jusqu’à 32 centimètres.
Le plus petit : Originaire d’Amérique du Nord, le bleu pygmée de l’ouest (exilis Brephidium), avec une envergure de 1,5 centimètre, est le plus petit des papillons.monarch-butterfly
Le plus rapide : Le Hawkmoths (famille Sphingidae) peut voler jusqu’à 50 km/h ! Les papillons les plus lents volent approximativement à 8 km/h.
Le plus vieux : Les Monarques, « robe de deuil », et quelques papillons de nuit vivent approximativement 6 à 12 mois. A l’inverse, certains papillons ne vivent que quelques jours à l’état adulte.
Le plus endurant : Au cours de leur migration, des Monarques parcourent plus de 3 200 km en volant, en automne, du Canada jusqu’au centre du Mexique.
Le plus prisé : L’une des espèces les plus recherchées par les lépidoptéristes (collectionneurs de papillons) est le Morpho bleu du Costa Rica. Son prix peut dépasser les 300 €.