Les espaces verts en pleine mutation

Voilà bientôt un quart de siècle que Saint-Quentin détient le label « Ville 3 Fleurs ». Une distinction nationale qui récompense les collectivités offrant un cadre de vie agréable à leurs habitants ainsi qu’aux visiteurs. « Ce titre est remis en jeu tous les trois ans avec le passage du jury régional, qui vient évaluer notre travail selon une soixantaine de critères », explique Edouard Cauchon, le directeur des Espaces verts et de la Propreté urbaine. Le 21 octobre dernier, la décision a été enfin rendue : non seulement Saint-Quentin a conservé ses 3 fleurs mais elle a également obtenu les félicitations du jury. « Pour nous, c’est une vraie récompense dans la mesure où les règles qui conditionnent le fleurissement des villes sont en constante évolution », souligne Edouard Cauchon. Il faut dire que les notions de développement durable et de protection de l’environnement ont fait évoluer au fil des ans la gestion des espaces verts. La part des plantes annuelles (sauges, géraniums, bidens…) et bisanuelles (pensées, narcisses, tulipes, crocus…) ont ainsi considérablement diminué au profit des plantes durables, beaucoup moins gourmandes en entretien et en eau. « En novembre 2018, nous avions planté un millier de plantes vivaces-graminées contre près de 9 000 en novembre 2021. En plus d’être plus économes, ces plantes présentent l’avantage de donner plus de volume à nos massifs et de profiter d’une floraison plus étalée toute l’année », indique Edouard Cauchon. Fort d’une soixantaine d’agents, le service des espaces verts n’a pas seulement en charge le fleurissement de la ville. Entretien des cimetières, des aires de jeux, du mobilier urbain dans les parcs et les squares, propreté urbaine, gestion du patrimoine arboré… L’éventail des missions menées par l’équipe d’Edouard Cauchon est large. Au passage, soulignons que les arbres requièrent une attention toute particulière : « Depuis une dizaine d’années, nous avons procédé à un référencement de tous les arbres de la commune. On en compte environ 10 500 et chacun d’eux dispose de sa fiche d’identité : localisation, variété, hauteur, circonférence… »
Là encore, la gestion du patrimoine arboré doit faire face à d’importants changements. « Auparavant, 80 % des arbres plantés sur le domaine public se réduisaient à six essences : tilleul, érable, platane, cerisier, marronnier, frêne. Aujourd’hui, nous avons le choix entre plus de 225 variétés, ce qui nous permet d’opter pour des essences plus résistantes aux changements climatiques. » Dans le même temps, il faut aussi faire face aux pathologies qui affectent de plus en plus les arbres : mineuse du marronnier, tigre du platane, chalarose du frêne et du prunus…
Si le développement durable oblige l’équipe d’Edouard Cauchon à jardiner différemment, il impose aussi de nouvelles contraintes pas toujours faciles à gérer. Exemple avec le désherbage des trottoirs et des caniveaux : l’utilisation des produits phytosanitaires étant proscrite, le recours à des produits naturels nécessitent 10 à 15 passages contre 3 auparavant. « La protection de l’environnement exige certains efforts. Mais ils sont largement consentis quand on a la sensation que cela va dans le bon sens », conclut Edouard Cauchon. Ou quand les mains vertes s’obstinent à voir la vie en rose…

Ingénieur paysagiste
– Voilà une dizaine d’années qu’Edouard Cauchon (34 ans) travaille au sein du service des Espaces verts et de la Propreté urbaine. Service dont il a pris la direction en 2019.
– Son métier correspond parfaitement à sa formation puisqu’il est titulaire d’un diplôme d’ingénieur en aménagement paysager. Une formation qui, au fil des années, a fait de lui un véritable spécialiste polyvalent du végétal.