Les arts urbains à l’assaut de St-Quentin !

Quelle est la différence entre un simple graffiti et une œuvre d’art ?
Le talent ! C’est précisément pour mettre à l’honneur cet incroyable gisement de talents issus de la rue que Saint-Quentin accueille, du 28 septembre au 4 octobre, la toute première édition de « Ceci n’est pas un tag », véritable StreetArt Festival.
Parmi les organisateurs, voici Michaël Portelette, alias MIcowël, tout à la fois artiste plasticien et enseignant à l’école de dessin Maurice-Quentin-de-La-Tour : « L’idée de ce festival est né durant les dernières assises de la culture. La direction de la culture et du patrimoine m’a alors sollicité pour monter le projet avec la volonté de promouvoir toutes les facettes des arts urbains en accueillant des artistes qui, sur place, vont pouvoir aller au contact du public. »
Sept jours durant, une quinzaine de peintres et autres graffeurs vont ainsi donner des couleurs à Saint-Quentin en réalisant notamment d’immenses fresques murales. « On a la chance d’accueillir une belle brochette d’artistes, dont certains travaillent aux quatre coins du monde et disposent d’une renommée internationale, souligne MIcowël. Je songe par exemple à Dan 23 ou à Mademoiselle Maurice, qui réalise d’immenses œuvres à l’aide d’origamis. Des œuvres forcément éphémères qui nécessitent malgré tout plusieurs jours de travail. A Saint-Quentin, rue des Corbeaux, elle va disposer d’une surface de 200 m2 pour s’exprimer. Ça va être géant ! » Bien décidé à marquer de son empreinte le Saint-Quentinois, « Ceci n’est pas un tag » va naturellement mettre à l’honneur des artistes locaux, à l’image de Paul Fayt ou du collectif ARTifices, tous deux issus du quartier Europe.
Pour les passants, au détour d’une rue ou d’un immeuble, la surprise risque d’être saisissante. « Le public va en effet pouvoir assister à la conception des œuvres en direct, note MIcowël. Certaines ne seront qu’éphémères mais d’autres sont destinées à être préservées. Mais ce qui nous motive aussi, c’est de faire participer les Saint-Quentinois avec notamment l’installation d’un mur d’expression sur lequel chacun pourra donner libre cours à son imagination. » Qui dit festival, dit aussi une foule d’animations avec concerts au Méphisto, expos (musée Lécuyer et école de dessin), ateliers, ciné-débat, customisation d’épaves de voitures, danse, cascades ou encore coloriage géant… Promis ! La cité des Pastels va vraiment en voir de toutes les couleurs…

Programme complet des animations sur www.saint-quentin.fr

C’est vous l’artiste !
Exprimez-vous durant tout le festival ! Egayez par exemple vos fenêtres en dessinant des figures à l’aide de Post-it ou customisez votre boîte aux lettres ! Et venez profiter du mur d’expression installé au square des Enfants-de-Chœur (près de la basilique).

Rencontre avec Rémy Uno

Originaire de Marseille, Rémy Uno s’est d’abord illustré au sein du collectif Lartmada avec lequel, au tout début des années 2000, il peint et expose partout dans le monde. Aujourd’hui installé à Berlin, il poursuit une carrière solo pleine de couleurs et de lumières. Présent la semaine prochaine à Saint-Quentin, il réalisera un immense tableau mural sur le parking de la rue Saint-Jacques…

Lorsque vous avez accepté de participer à « Ceci n’est pas un tag », c’était avec la volonté de promouvoir les arts urbains ?
Rémy Uno : « Ah non ! Moi, je ne suis le porte-voix de rien ni personne. En revanche, il y a un vrai côté jubilatoire quand je peux peindre dans de bonnes conditions, en plein cœur d’une ville. C’est précisément ce que m’offre Saint-Quentin. La seule condition que j’ai posée, c’est de disposer d’une grande surface pour pouvoir pleinement m’exprimer. »
Comment réagissent les passants quand ils vous voient à l’œuvre ?
Rémy Uno : « Il n’y a que du positif. Ils voient quelqu’un travailler comme un dingo qui, à l’arrivée, va leur offrir une œuvre. On peut ou pas aimer mes peintures mais je ne touche pas à des sujets polémiques. Personne ne se sent agressé ! Et puis, quand on peint dans la rue, il y a pour les passants ce côté magique de voir le tableau prendre vie peu à peu. »
Vous peignez beaucoup de visages… Pourquoi ce choix ?
Rémy Uno : « Ma thématique, c’est l’intime. Je travaille essentiellement autour du portrait. D’ailleurs, la fresque que je vais réaliser à Saint-Quentin représentera une demoiselle sur son canapé, qui regarde ailleurs et qui réfléchit à je ne sais quoi. Chacun pourra librement interpréter son regard… »

Où seront-ils ?

Du 28 septembre au 4 octobre, ils seront 15 artistes à réaliser en pleine rue des œuvres pour certaines monumentales. Voici où vous pourrez les apercevoir…

ARTifices : Square de la basilique et centre-ville
Balder : Vitrine de l’ex-magasin Béryl (rue d’Isle) et vitrine place de la basilique
Dan 23 : Façade du Splendid et collages en ville
Paul Fayt : Sous le pont de la gare
FBZ : Vitrine Jaillant (rue d’Isle), place de l’Hôtel-de-Ville et square de la basilique
JBC : Porche de la librairie Cognet (rue Basch) et square de la basilique
Melle Maurice : Rue des Corbeaux (près de la rue d’Isle)
MIcowëL : Centre-ville
Mimi The Clown : Façade du Splendid et centre-ville
Oster : Rue Adrien-Nordet
PH’LO : Square et jardin de la basilique
STF Moscato : Centre-ville
Stoul : Proche du pont de la gare et rue Raspail
Rémy Uno : Mur du parking de la rue Saint-Jacques