Le virus de la création

Le temps a beau filer plus vite que son ombre, on se souvient tous, comme si c’était hier, du tout premier confinement qui, en mars 2021, avait plongé le pays dans le coma. Quatre semaines surréalistes durant lesquelles les Français avaient dû apprendre à vivre autrement… Du côté de Tugny-et-Pont, Guillaume Doizy en avait profité pour sortir les pinceaux, histoire de se livrer à une « méditation aquarellée ». « Durant ce confinement, on s’est tous retrouvés enfermés, centrés sur nous-mêmes avec l’obligation de faire face à un virus inconnu, capable de figer l’humanité. »
Une crise sanitaire qui interpelle forcément cet historien de profession. « Faute de pouvoir prendre du recul, j’ai préféré réagir à chaud avec mes pinceaux. L’idée était de réaliser un dessin par jour, toujours avec ce même profil d’une tête où les idées fourmillent au gré de l’actualité et de l’évolution de la situation. » Si la liberté, c’est de pouvoir choisir celui dont on sera l’esclave, pas sûr que beaucoup d’entre nous aient accepté la perspective de voir le Covid nous asservir. Et pourtant, privés de nos mouvements, le souffle court et la vision réduite, il a bien fallu s’adapter et faire le dos rond. Au fond, c’est un peu ces réactions qu’expriment les drôles de têtes de Guillaume Doizy, qui a eu la bonne idée de les rassembler dans un ouvrage au titre tout trouvé : « Dans la tête ! Dessins confinés – déconfinés ». Une sorte de voyage intérieur, à la fois humoristique et poétique, qui nous invite à un tête-à-tête avec nous-mêmes, le confiné qu’on a adoré ou détesté être. à chacun ses souvenirs…
« Dans la tête ! », par Guillaume Doizy (Editions La Route de la Soie, 24 €).