Le palais de justice à vendre aux enchères !

La colère des élus et des professionnels de la justice contre le projet de réforme de la carte judiciaire, qui entraînerait la quasi-disparition du tribunal de Saint-Quentin au profit de celui de Laon, prend de l’ampleur. « Une usine à gaz incompréhensible, de surcroît au détriment d’une justice de proximité et des justiciables », déplore le bâtonnier Philippe Vignon. Après avoir lancé une pétition et mis symboliquement le tribunal en vente sur le site Le Bon Coin, l’heure sera de nouveau à la mobilisation le 12 mars prochain. à partir de
10 h 30, rassemblement des élus de l’arrondissement judiciaire sur les marches du palais de Fervaques. Puis, à 11 h, une vente aux enchères, elle aussi symbolique, sera organisée dans la salle d’audience du tribunal. Une première nationale pour s’opposer à ce projet ! Il faut dire que cette réforme, qui vise à calquer la carte judiciaire sur la carte administrative (un tribunal par département et une cour d’appel par région), fait l’unanimité contre elle : magistrats, greffiers, personnels administratifs, avocats, huissiers, experts, notaires… tous y sont hostiles, du jamais vu. « Notre tribunal fonctionne bien. Il faut compter six semaines pour une ordonnance de non conciliation contre plus de six mois à Bobigny, tribunal départemental. Outre le problème d’éloignement, il y va de la qualité de la justice », s’indigne le président de l’Ordre pour qui le barreau de Saint-Quentin, le plus important du département avec 51 avocats, deviendrait un guichet sans substances, vidé de son contenu. Quelque 250 professionnels de la justice pourraient être amenés à quitter la ville. La colère est à son paroxysme. Le temps presse, puisque le projet de loi devrait être présenté au Conseil d’Etat le 15 mars, puis soumis au Parlement en juin prochain. Les Saint-Quentinois sont attendus nombreux en soutien le 12 mars dès 10 h 30 pour ce rassemblement, puis la vente aux enchères symbolique présidée par le bâtonnier.