Le maire face aux ados

Le 4 février dernier, Frédérique Macarez est allée à la rencontre d’une classe de 3e du collège Jean-Moulin (quartier Europe) pour se prêter à une séance de questions-réponses. Un exercice plutôt sympa mais assez brut de décoffrage, qui a permis au premier magistrat de Saint-Quentin d’expliquer aux élèves à quoi pouvait bien servir un maire. L’occasion aussi pour elle d’entrouvrir la porte sur sa vie privée. Tour d’horizon des sujets abordés par les collégiens…
Est-ce que le métier de maire vous plaît ?
– F.M. : « Ah oui ! Même si c’est un métier très exigeant, très prenant et qui demande beaucoup de disponibilité. Moi, je pars toujours du principe qu’il faut aimer ce que l’on fait… »
Vous avez fait quoi comme études ?
– F.M. : « Après un bac général obtenu à Amiens, j’ai suivi cinq années d’études supérieures à Lille. D’abord un an d’hypokhâgne, puis trois ans à Science Po Lille et enfin une année de MBA Communication. Ensuite, je suis entrée dans la vie active. Le maire de Saint-Quentin, à l’époque Pierre André, cherchait un chargé de mission. Après deux entretiens, j’ai été recrutée. Mais j’ai commencé en bas de l’échelle, dans un tout petit bureau ! D’ailleurs, mon premier contrat était un Emploi-Jeune… »
Vous faisiez quoi avant d’être maire ?
– F.M. : « Eh bien, je travaillais dans l’administration à la mairie de Saint-Quentin. Plus jeune, je n’ai jamais rêvé d’être maire. Je voulais surtout me rendre utile. Travailler dans une administration, au service des autres, correspondait parfaitement à cette envie. »
C’est quoi être maire ?
– F.M. : « Mon travail, c’est de gérer au mieux la ville de Saint-Quentin, par exemple en organisant la campagne de vaccination. On gère aussi 25 écoles et un certain nombre de garderies. On s’occupe également de la partie travaux pour la voirie, les réseaux d’eau, l’entretien des espaces verts… C’est aussi à nous de proposer des activités aux habitants avec les centres sociaux et les accueils de loisirs. On s’occupe aussi des gymnases et des salles culturelles. Avec la police municipale, on a également une certaine responsabilité dans le domaine de la sécurité. Etre maire nécessite d’aborder beaucoup de sujets très différents… »
Avez-vous déjà envisagé de démissionner ?
– F.M. : « Ah non ! (rires) Faut pas être défaitiste dans la vie ! Moi, j’ai été élue pour six ans. A la fin de mon mandat, il faudra voir si je me représente et si les Saint-Quentinois me feront de nouveau confiance. »
Vous êtes de quel parti politique ?
– F.M. : « Je me suis présentée aux élections sans étiquette politique avec, dans mon équipe, des gens venus de tous horizons. Après, historiquement, j’ai encore la carte du parti Les Républicains. »
Vous avez déjà rencontré le président Macron ?
– F.M. : « Non seulement nous avons le même âge, mais nous étions ensemble dans le même lycée à Amiens ! On fait partie de la même promotion mais nous n’étions pas dans la même classe. Depuis qu’il est président, je l’ai rencontré trois fois, dont deux fois à l’Elysée. »
Il est gentil le président ?
– F.M. : « On ne lui demande pas d’être gentil mais d’être bon dans son domaine et qu’il fasse tout son possible pour que la France aille mieux. Après, même si on ne demande pas à un président d’être gentil, c’est important qu’il ait des valeurs humaines. »
Et vous, vous rêvez de devenir présidente ?
– F.M. : « Non ! J’en ai déjà bien assez dans mon sac à dos. La mission du président est extrêmement difficile et suppose d’avoir les épaules suffisamment larges pour supporter les critiques tout en assumant toutes les responsabilités. »
Vois aimez quoi dans votre métier ?
– F.M. : « Le contact avec les gens et parvenir à faire avancer les choses. Du coup, j’ai tendance à être agacée quand ça ne va pas assez vite ! Etre maire nécessite de prendre des décisions tous les jours et forcément, on n’a pas toujours raison. Et puis, on ne peut pas tout le temps faire plaisir à tout le monde… »
Quand votre mandat sera fini, vous allez prendre votre retraite ?
– F.M. : « Je suis encore un peu jeune ! (rires) Certains font une carrière politique toute leur vie, d’autres reprennent leur métier. Il n’y a jamais deux parcours identiques. Je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait. »
Vous êtes originaire d’où ?
– F.M. : « D’un tout petit village dans l’Oise. Je vivais à la campagne et pour bouger, il fallait toujours prendre la voiture. Quand je suis arrivée à Saint-Quentin, j’ai été très heureuse de pouvoir faire plein de choses à pied. »
Vous avez déjà eu peur de vous faire agresser ?
– F.M. : « La peur n’évite pas le danger. Il faut être vigilant. On n’est pas dans une ville où il y a beaucoup d’agressions mais il faut toujours faire attention. »
C’est plus dur d’être maire quand on est une femme ?
– F.M. : « Je n’ai jamais été traitée différemment parce que j’étais une femme. Après, je sais que ça n’est pas toujours le cas. Mais il faut savoir saisir sa chance. C’est ce que j’ai envie de dire aux filles : croyez en vous et en vos possibilités ! »