Le maire exaspéré

Lors du dernier conseil municipal (25 septembre), Frédérique Macarez a tiré la sonnette d’alarme à l’examen d’une demande d’Habitat Saint-Quentinois de garantie pour un emprunt destiné à la réhabilitation de 408 logements. Le maire s’est insurgé contre l’exigence du gouvernement de contraindre les organismes bailleurs à baisser leurs loyers de 50 €.
En effet, si cette perspective semble louable pour les 11 000 personnes résidant dans les 5 222 logements de la ville, pour le bailleur, dans une situation financière fragile, cette mesure entraînerait une baisse annuelle de recettes de 1,8 M€ et un résultat négatif de 400 000 €. « On fait quoi ? On met la clé sous la porte ? Cette mesure va tuer le logement social. Il est temps pour le gouvernement d’ouvrir les yeux sur la France. » Xavier Bertrand s’est lui aussi insurgé : « On voudrait faire une France à plusieurs vitesses qu’on ne s’y prendrait pas autrement. » Frédérique Macarez a écrit au ministre de la Cohésion sociale, Jacques Mézard, pour l’alerter sur les conséquences d’une telle mesure qui, à terme, entraînerait une baisse de l’offre immobilière sociale.
– Dans le cadre de la loi de modernisation de la justice, le transfert à la Ville de la gestion des PACS (Pacte civil de solidarité), après celle des cartes d’identité et avant celui des litiges liés au stationnement payant, a mis le feu aux poudres. « C’est un travail en plus sans contrepartie. L’Etat nous demande plus et nous enlève des dotations. Cela devient impossible », s’est insurgé le maire.
– Autre sujet d’indignation de Frédérique Macarez, les conséquences de l’interdiction par l’Etat depuis le 1er janvier d’utiliser des produits phytosanitaires. « Les rues sont devenues sales. » Pour l’entretien des 850 artères de la cité des Pastels, soit 170 km de voirie, contre la pousse d’herbes sauvages, une trentaine d’agents sont aujourd’hui nécessaires contre six auparavant, entraînant un coût bien plus élevé pour moins d’efficacité.